mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SERGENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2023, Mme C B épouse A, représentée par Me Sergent, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault l'a assignée à résidence pendant une durée de six mois, avec interdiction de sortir sans autorisation du département des Pyrénées-Orientales et obligation de présentation aux services de police de Perpignan avec son enfant tous les mercredis ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de réexaminer sa situation et de reprendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros à verser à Me Sergent au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le signataire de l'arrêté est incompétent ;
- il est entaché d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen faute d'avoir pris en compte sa situation familiale établie en France, la présence en France de nombreux membres de sa famille en situation régulière, le fait qu'elle serait isolée en Algérie et le fait qu'elle a tissé des liens personnels en France ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnait les dispositions du 2° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation de ses conditions d'application, la mesure d'éloignement prise le 30 novembre 2018 étant devenue caduque et la mesure d'interdiction de retour sur le territoire n'étant pas exécutoire ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Pater, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne née le 12 décembre 1982, est entrée sur le territoire national le 9 octobre 2017 munie d'un visa de type C. Par arrêté du 30 novembre 2018, le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté sa demande de délivrance d'un certificat de résidence, et l'a obligée à quitter le territoire national dans un délai de trente jours. Le recours formé par Mme B à l'encontre de cet arrêté a été rejeté par jugement du tribunal administratif de Montpellier du 28 mars 2019, confirmé par arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 21 février 2020. Par un arrêté du 16 avril 2019, le préfet l'a assignée à résidence pour une durée de 45 jours, ladite mesure a été renouvelée jusqu'au 27 mai 2020. Par un arrêté du
28 mai 2020, le préfet des Pyrénées-Orientales a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans et une assignation à résidence pour une durée de six mois renouvelables. Le recours formé à l'encontre de cet arrêté a été rejeté par jugement du tribunal administratif de Montpellier du 2 juillet 2020. La mesure d'assignation à résidence a été régulièrement renouvelée. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 30 novembre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales renouvelle la mesure d'assignation à résidence pour une durée de 6 mois du
30 novembre 2022 au 30 juin 2023.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de L. 722-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger ne peut être éloigné en exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne peut pas procéder à l'exécution d'office de l'interdiction de retour assortissant cette obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : () 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ; () ". L'article
R. 613-6 de ce code dispose : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé du caractère exécutoire de cette décision et de ce que la durée pendant laquelle il lui est interdit de revenir sur le territoire commence à courir à la date à laquelle il satisfait à son obligation de quitter le territoire français. Il est également informé des conditions d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français mentionnées à l'article R. 711-1, ainsi que des conditions dans lesquelles il peut justifier de sa sortie du territoire français conformément aux dispositions de l'article R. 711-2 ".
3. Il résulte de ces dispositions combinées que l'assignation à résidence, qui a pour objet de permettre la mise à exécution d'une mesure d'éloignement, ne peut être fondée sur une interdiction de retour sur le territoire que lorsque celle-ci a commencé à courir, donc postérieurement à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et au retour irrégulier de l'intéressé pendant la durée de l'interdiction.
4. Il ressort des termes de l'arrêté litigieux que la mesure d'assignation à résidence a été prise sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de l'interdiction de retour sur le territoire prise à l'encontre de Mme B le 28 mai 2020. Il ressort des pièces du dossier que cette interdiction a été prise sur le fondement des dispositions alors en vigueur du 6° du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant au préfet de prononcer une telle mesure à l'encontre de l'étranger qui s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, Mme B n'ayant pas respecté le délai de 30 jours assortissant la mesure d'obligation de quitter le territoire prononcée le 30 novembre 2018. Toutefois, il est constant qu'à la date du présent arrêté attaqué, ladite mesure d'éloignement n'avait toujours fait l'objet d'aucune exécution et que dans ces circonstances, à cette même date, l'interdiction de retour n'était pas exécutoire. Par suite, en se fondant sur le 2° de l'article
L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour assigner la requérante à résidence, le préfet des Pyrénées-Orientales a méconnu les dispositions du 2° de l'article L. 731-3 et ainsi entaché l'arrêté attaqué du 30 novembre 2022 d'une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, l'arrêté du 30 novembre 2022 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard à la nature de la décision annulée, le présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint au préfet des Pyrénées-Orientales de réexaminer et de reprendre une nouvelle décision. Les conclusions à fin d'injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, à verser à Me Sergent, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat relative à l'aide juridique, une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 30 novembre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a renouvelé la mesure d'assignation à résidence de Mme B pour une durée de 6 mois est annulé.
Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à Me Sergent en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Sergent.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Gayrard,président,
- Mme Pater, première conseillère,
- Mme Villemejeanne, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
J.P. Gayrard
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 29 janvier 2025
Le greffier,
S. Sangaré
pa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026