jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302826 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2023, M. B A demande u tribunal :
- d'annuler la décision du 16 mars 2023 par laquelle le président de la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation lui a accordé une somme de 6 000 euros, au lieu de 28 000 euros, au titre de l'article 3 de la loi n°2022-229 du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et réparation des préjudices subis par ceux-ci et leurs familles du fait de l'indignité de leurs conditions d'accueil et de vie dans certaines structures sur le territoire français ;
- de condamner l'Etat à lui verser les sommes de 28 000 euros correspondant, d'une part, aux indemnités dues au titre de la période du 20 mars 1963 au 31 décembre 1977 et, d'autre part, en réparation des troubles causés par l'administration dans ses conditions d'existence ;
- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que la somme qui lui a été attribuée au titre de la loi n°2022-229 du 23 février 2022 est insuffisante au regard de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 avril 2024, l'Office national des combattants et des victimes de guerre conclut au non-lieu à statuer.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°2022-229 du 23 février 2022 ;
- le décret n°2022-394 du 18 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand ;
- et les conclusions de M. Chevillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 8 septembre 1963, a sollicité le bénéfice du mécanisme de réparation des préjudices subis instauré par la loi 2022-229 du 23 février 2022. Par une décision du 16 mars 2023, le président de la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation lui a attribué la somme de 6000 euros. Il demande, d'une part, l'annulation de cette décision en tant qu'elle ne lui attribue que la somme de 6000 euros au lieu de 28 000 euros dont il sollicite l'attribution à raison des douze années qu'il soutient avoir passées avec sa famille au lieu-dit Paul Juvénal à Montpellier de 1963 à 1975, d'autre part, l'indemnisation de ses entiers préjudices.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Par une décision rectificative n°2024/2133 du 11 avril 2024, la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis et autres personnes rapatriées d'Algérie a procédé à une nouvelle étude des droits de M. A qui a conduit la commission à verser la somme de 10 000 euros à M. A. Cette indemnisation de 10 000 euros, ajoutée aux 6 000 euros de la décision initiale, correspond à une indemnisation d'un montant total de 16 000 euros. Dès lors que cette décision, qui s'est, en cours d'instance, substituée à la décision attaquée du 16 mars 2023, ne fait que partiellement droit à la demande initiale de M. A, il y a lieu de regarder les conclusions aux fins d'annulation de la requête comme dirigées contre cette seconde décision sur la légalité de laquelle il y donc lieu de statuer.
3. Conformément aux dispositions de l'article 3 de la loi du 23 février 2022, l'indemnisation que celle-ci prévoit revêt un caractère forfaitaire. L'article 3 de la loi précitée précise également que la durée indemnisée n'est limitée que par la date butoir du 31 décembre 1975.
4. Dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que M. A a résidé du 8 septembre 1963 au 31 décembre 1980 dans des structures mentionnées en annexe du décret n°2022-394 du 18 mars 2022, la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis et autres personnes rapatriées d'Algérie n'a fait qu'ajouter la somme proportionnelle légale de 13 000 euros, correspondant à la somme de 1 000 euros par année de séjour de 1963 à 1975, à la somme minimale forfaitaire s'élevant à 3000 euros. Par suite, le président de la commission a fait une exacte application des dispositions précitées en évaluant à la somme de 16 000 euros le montant de l'aide de solidarité instaurée par la loi 2022-229 du 23 février 2022. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête en annulation.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. En premier lieu, il y a lieu d'écarter, compte tenu des constats au point 4, les conclusions de la requête de M. A tendant au versement d'une somme de 28 000 euros correspondant aux indemnités dues au titre de la période du 20 mars 1963 au 31 décembre 1977.
6. En second lieu, par les pièces qu'il produit, M. A n'établit pas que la somme totale de 16 000 euros qui lui a été légalement allouée ne correspond à la réparation de ses entiers préjudices durant la période de 1963 à 1975.
7. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions indemnitaires de M. A.
Sur les conclusions en application de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête de M. A au titre des frais de procès.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à l'Office national des combattants et des victimes de guerre.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseure la plus ancienne,
A. Bayada
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 17 octobre 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
2302826
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