mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303050 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mai 2023, Mme D E A agissant en sa qualité de représentante légale de sa fille mineure B A, représentée par Me Moulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur d'une durée de cinq ans, révélée par la délivrance d'un document de circulation étranger mineur d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un document de circulation étranger mineur d'une durée de cinq ans et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 440 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que le préfet a commis une erreur de droit en lui refusant la délivrance d'un tel document alors qu'elle est titulaire d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " délivré en application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est dépourvue d'objet dès lors qu'à l'occasion du renouvellement du titre détenue par Mme A, un document de circulation pour étranger mineur d'une durée de cinq ans a été délivré à sa fille B ;
- le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé dès lors que l'enfant, âgée de plus de quinze ans à la date de la demande, ne pouvait légalement bénéficier d'un document de circulation de cinq ans.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, de nationalité marocaine, a sollicité la délivrance d'un document de circulation pour étranger mineur au bénéfice de l'enfant, prénommée B ressortissante marocaine née le 13 juin 2010. Le 1er juin 2022, le préfet de l'Hérault a décidé de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur d'une durée d'un an. Mme A a présenté un recours gracieux tendant à obtenir un document de circulation pour étranger mineur d'une durée de cinq années. Mme A demande l'annulation de la décision du 1er juin 2022 révélant le refus du préfet de l'Hérault de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur d'une durée de cinq ans.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Contrairement à ce que fait valoir le préfet, la circonstance que le document de circulation pour mineur étranger délivré à la fille de la requérante ait été renouvelée le 19 juillet 2023 pour une durée de cinq ans, soit jusqu'à la date de la majorité de l'enfant, n'est pas de nature à ôter tout objet à la requête présentée par Mme A. L'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet de l'Hérault doit par suite être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un document de circulation pour étranger mineur est délivré à l'étranger mineur résidant en France :/ 1° Dont au moins l'un des parents est titulaire d'une carte de séjour temporaire, d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident ; () ". Aux termes de ceux de l'article L. 414-7 du même code : " Dans le cas prévu au 1° de l'article L. 414-4, et lorsqu'au moins l'un des parents du mineur est titulaire d'une carte de séjour ne figurant pas à l'article L. 414-8, le document de circulation pour étranger mineur a une durée de validité de cinq ans. / Il peut avoir une durée inférieure à cinq ans, sans pouvoir être inférieure à un an, dans les conditions suivantes :/ 1° Lorsque l'un des parents est titulaire d'une carte de séjour mentionnée à l'article L. 414-8, le document arrive à expiration à la même date que la carte de séjour du parent ; ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A s'est vue remettre un titre de séjour revêtu de la mention vie privée et familiale, en application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne figure pas à l'article L.414-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle est donc fondée à soutenir que sa fille mineure aurait dû se voir délivrer un document de circulation pour étranger mineur d'une durée de cinq ans. Par suite, en limitant la durée de validité du document de circulation pour mineur étranger à une durée d'une année, le préfet de l'Hérault a commis une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 1er juin 2022 en ce qu'elle a fixé à un an la durée de validité du document de circulation pour étranger mineur délivré à sa fille mineure B A.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Il résulte de l'instruction que par une décision du 19 juillet 2023, la fille mineure de Mme A s'est vue délivrer un document de circulation pour étranger mineur d'une durée de cinq ans. Par suite, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet de l'Hérault de délivrer à nouveau un tel document. Les conclusions à fin d'injonction doivent dès lors être écartées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : La décision du préfet de l'Hérault du 1er juin 2022 est annulée en ce qu'elle a fixé à un an la durée de validité du document de circulation pour étranger mineur délivré Mme B A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme D E A, au préfet de l'Hérault et à Me Moulin.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Brigitte Pater, première conseillère,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.
La rapporteure,
A. C
Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M.-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 février 2025,
La greffière,
M.-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026