jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303226 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAFON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Lafon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 janvier 2023 par laquelle le préfet de l'Hérault lui a retiré sa carte de résident valable du 17 octobre 2022 au 16 octobre 2032 ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans valable du 17 octobre 2022 au 16 octobre 2032 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros à Me Lafon au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle n'a jamais été condamnée pour des faits prévus aux articles 433-3, 433-4, 433-5, 433-5-1 et 433-6 du code pénal ; dès lors l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne trouve pas à s'appliquer en l'espèce ;
- le préfet ne produit aucun élément attestant du fait qu'elle aurait, par décision du tribunal correctionnel de Béziers du 30 décembre 2020, été condamnée pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique ; il appartiendra au préfet de produire le jugement correctionnel qui l'aurait condamnée pour de tels faits ;
- la décision de retrait de sa carte de résident en raison uniquement d'une condamnation pour des faits d'outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique, faits qui dateraient de 2018, est disproportionnée compte tenu du fait qu'elle réside sur le territoire français depuis plus de trente-deux ans ;
- elle n'a plus aucun lien avec son pays d'origine ; la contraindre à être titulaire d'une carte de séjour temporaire à la place d'une carte de résident rend sa situation précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 4 février 1973, est entrée sur le territoire français le 19 mars 1991. Elle a obtenu une carte de résident en qualité d' " ascendant de français à charge ou de son conjoint " suivie de deux cartes de résident de plein droit. Par un arrêté du 9 janvier 2023, dont la requérante demande l'annulation, le préfet de l'Hérault a procédé au retrait de sa carte de résident et lui a délivré un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an.
2. Aux termes de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable: " Si un étranger qui ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application des articles L. 631-2 ou L. 631-3 est titulaire d'une carte de résident cette dernière peut lui être retirée s'il fait l'objet d'une condamnation définitive sur le fondement des articles 433- 3, 433-4, des deuxième à quatrième alinéas de l'article 433-5, du deuxième alinéa de l'article 433-5-1 ou de l'article 433-6 du code pénal./ Une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" lui est alors délivrée de plein droit. ". Aux termes de l'article 433-6 du code pénal : " Constitue une rébellion le fait d'opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public agissant, dans l'exercice de ses fonctions, pour l'exécution des lois, des ordres de l'autorité publique, des décisions ou mandats de justice. ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du bulletin n°2 du casier judiciaire de Mme B produit par le préfet de l'Hérault que cette dernière a été condamnée par un jugement du tribunal correctionnel de Béziers du 30 décembre 2020 pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique en récidive. Cette condamnation, sur le fondement des dispositions de l'article 433-5 du code pénal, justifiait en l'espèce le retrait de sa carte de résident, alors même que les faits concernés ont été commis en 2018. C'est dès lors sans commettre d'erreur de droit et en faisant une exacte application des dispositions précitées de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de l'Hérault a prononcé le retrait de la carte de résident de Mme B.
4. En deuxième lieu, si Mme B soutient que la décision attaquée a un caractère disproportionné dès lors qu'elle réside sur le territoire français depuis plus de trente-deux ans, cette seule circonstance n'est pas suffisante pour établir que l'arrêté attaqué aurait un caractère disproportionné dès lors que la mesure de retrait de la carte de résident de Mme B n'est pas assortie d'une décision l'obligeant à quitter le territoire mais s'accompagne au contraire de la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " en application des dispositions précitées de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui permettant de demeurer en France et d'y travailler. En outre, il est constant que Mme B a fait l'objet de quatre autres condamnations pénales pour des infractions délictuelles pour lesquelles des peines d'amende et d'emprisonnement ont été prononcées. Dans ces conditions, le préfet n'a pas pris, au regard des dispositions précitées, une sanction disproportionnée en retirant la carte de résident de Mme B. Ce moyen doit par suite être écarté.
5. En dernier lieu, si Mme B soutient que la décision attaquée la place dans une situation précaire, cette circonstance est dépourvue d'incidence sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 9 janvier 2023 par laquelle le préfet de l'Hérault lui a retiré sa carte de résident valable du 17 octobre 2022 au 16 octobre 2032 doivent être rejetées. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées par voie de conséquence. Ses conclusions tendant à l'octroi de frais d'instance doivent également être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de l'Hérault et à Me Lafon.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La Présidente-rapporteure,
F. E
L'assesseure la plus ancienne,
M. C
La greffière
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 février 2025.
La greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026