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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303354

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303354

lundi 12 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303354
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 juin 2023, M. B A, représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution l'arrêté de la présidente de la région Occitanie notifié le 8 avril 2023 le plaçant en congé de longue maladie ;

2°) d'enjoindre à la présidente de la région Occitanie de lui octroyer un congé pour invalidité imputable au service à compter du 12 juillet 2022 avec reconstitution de carrière depuis cette date, à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard sur le fondement des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ;

3°) de condamner la région Occitanie à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il y a urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté attaqué qui le place de manière rétroactive en congé de longue maladie du 12 juillet 2022 au 11 juillet 2023 alors

qu'il se trouvait être en congé pour invalidité temporaire imputable au service depuis le mois d'octobre 2021 ; il risque de se retrouver placer en deuxième année de congé de longue maladie et de voir son traitement diminué de moitié ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué qui :

. est entaché d'incompétence ;

. n'est pas motivé en fait ;

. est entaché de vices de procédure ;

. méconnaît les dispositions de l'article 7 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 et le principe du contradictoire ;

. est entaché de rétroactivité illégale ;

. est entaché d'erreur d'appréciation et méconnaît les dispositions des articles L. 822-18 à L. 822-25 du code général de la fonction publique.

Vu :

- la requête enregistrée le 9 juin 2023 sous le n° 2303360 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté susvisé ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. A, technicien principal de 1ère classe d'équipement affecté depuis janvier 2016 au sein du service des opérations portuaires de Port-La-Nouvelle de la région Occitanie, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 23 mars 2023 par lequel la présidente de la région Occitanie l'a placé en congé de longue maladie du 12 juillet 2022 au 11 juillet 2023.

2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " et aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Il résulte de l'instruction que l'arrêté attaqué place M. A en congé de longue maladie du 12 juillet 2022 au 11 juillet 2023, avec une rémunération à plein traitement pendant 360 jours. En se bornant à faire valoir qu'ayant bénéficié d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service depuis le mois d'octobre 2021, il risque de se retrouver placé en deuxième année de congé de longue maladie et de voir son traitement diminué de moitié, M. A ne justifie nullement d'une situation d'urgence qui résulterait de la décision contestée.

5. Dès lors qu'une des deux conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie en l'espèce, il y a lieu de rejeter la requête, en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Montpellier, le 12 juin 2023.

La juge des référés

S. Encontre

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

A Montpellier, le 12 juin 2023

Le greffier,

D. Lopez

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