jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MISSLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 4 juillet 2023 et le 18 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Misslin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra, le cas échéant, être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet, à titre principal de lui délivrer une carte de séjour temporaire et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours suivant notification du présent jugement, si besoin sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de séjour :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence faute de délégation de signature régulièrement publiée ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation car son épouse ne réside pas en Russie mais en France, les difficultés dans l'obtention d'un visa ne sont pas mentionnées, sa demande n'a pas été examinée au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et son prénom n'est pas correctement orthographié ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour salarié alors qu'il bénéficie d'un travail en France sous contrat à durée indéterminée, ayant fait l'objet d'une autorisation de travail, et que l'irrégularité de sa situation est uniquement due aux difficultés d'obtention d'un visa long séjour dans son pays d'origine ;
- le préfet a méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation car il réside en France aux côtés de son épouse et a une situation professionnelle stable ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est irrégulière par voie de conséquence de l'irrégularité entachant la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation car il a une situation personnelle et professionnelle stable en France ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation actuelle en Russie ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation actuelle en Russie ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- M. A n'a pas sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Misslin, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 16 juin 2023 le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer à M. A, ressortissant russe né en 1993, un titre de séjour en sa qualité de " salarié " et lui a enjoint de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à destination de son pays d'origine. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail ". L'article L. 412-1 du même code dispose que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".
3. M. A a signé, le 23 juin 2022, un contrat de travail à durée indéterminée avec une entreprise française, spécialisée dans les nouvelles technologies, en vue d'exercer des fonctions de cadre, à compter du 5 septembre 2022, pour une rémunération annuelle brute de 42 000 euros. Le 29 juin 2022 une autorisation de travail, valable pour résidant hors de France, lui a été accordée. M. A, titulaire d'un visa valable du 6 juin 2019 au 5 juin 2023, autorisant les seuls courts séjours, est entré en France en octobre 2022 et a déposé, le 30 novembre 2022, une demande de titre de séjour " salarié ". Il a débuté son activité professionnelle à compter du 2 janvier 2023, ainsi qu'en atteste la responsable des ressources humaines de sa société employeur, qui appuie sa demande de titre de séjour en soulignant son investissement et son professionnalisme.
4. Il ressort de la décision en litige que pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour salarié, le préfet lui a opposé l'absence de détention d'un visa long séjour pourtant requis. Toutefois, le requérant établit avoir entrepris des démarches, entre août et octobre 2022 auprès du consulat de France et des organismes d'aide au dépôt de demandes de visas en vue d'obtenir un rendez-vous pour que sa demande soit étudiée sans pour autant avoir pu bénéficier d'un créneau disponible. Si le service des visas du consulat de France l'a informé que de nouveaux rendez-vous étaient régulièrement proposés dans les limites du nombre de visa que l'administration est capable de traiter dans la situation actuelle, aucun élément ne permet de conclure que le requérant aurait été en mesure de faire instruire, dans des délais raisonnables, sa demande de visa.
5. Dans ces conditions, alors que le requérant établit les diligences entreprises afin de régulariser sa situation, que ses perspectives professionnelles sont établies du fait notamment de la nature de son contrat de travail et de l'autorisation de travail délivrée, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation en lui opposant le seul défaut de visa long séjour pour refuser de lui délivrer un titre de séjour " salarié ".
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu de prononcer l'annulation de la décision du 16 juin 2023 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour. Par voie de conséquence, il y a lieu de prononcer également l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français à destination de son pays d'origine.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Dans les circonstances particulières de l'espèce, et eu égard au motif du présent jugement, alors que les vérifications inhérentes à l'obtention d'un visa long séjour n'ont pas été effectuées, il y a lieu d'enjoindre au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour salarié de M. A et de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui en défense et non compris dans les dépens, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Hérault pris le 13 juin 2023 à l'encontre de M. A est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de titre de séjour " salarié " de M. A et de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 octobre 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026