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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2304454

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2304454

lundi 31 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2304454
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPASSET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2023 à 21 h 03, la société par actions simplifiée à associé unique (SASU) Wam, représentée par Me Passet, avocate, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a prononcé une mesure de fermeture administrative d'une durée d'un mois, par arrêté du 26 juillet 2023 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie dès lors que la période estivale étant la plus rentable, il apparait certain qu'elle déposera le bilan compte tenu de ses charges ;

- la période de fermeture est si longue qu'elle induit des conséquences préjudiciables compte tenu de la perte de chiffre d'affaires et des charges à assumer, notamment celles des trois salariés employés, dont un à temps complet et à durée indéterminée et du prêt garanti par l'Etat suite à la pandémie qu'elle doit rembourser ;

- la décision préfectorale portant fermeture porte atteinte à la liberté d'entreprendre ainsi qu'à la liberté du commerce et de l'industrie ;

- la décision préfectorale méconnaît l'article 1825 du code général des impôts ;

- la décision préfectorale est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions en injonction :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code énonce : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée (). ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention, dans les quarante-huit heures, d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans des délais particulièrement brefs.

3. Par arrêté du 26 juillet 2023, le préfet de l'Hérault a prononcé la fermeture administrative, pour une durée d'un mois, de l'établissement exploité par la SASU Wam comme magasin de commerce de détail alimentaire sous l'enseigne " Wam ", sur le territoire de la commune de Clermont-l'Hérault (34079).

4. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder la liberté d'entreprendre ainsi que la liberté du commerce et de l'industrie doivent être prise dans un délai de quarante-huit heures, la SASU Wam soutient que l'interruption de son activité commerciale durant le mois d'août 2023 conduira inévitablement à sa fermeture, dès lors que le chiffre d'affaires réalisée pendant la période de fermeture s'élève à 12% de son chiffre d'affaire annuel et qu'elle sera dans l'impossibilité de s'acquitter de ses charges.

5. La SASU Wam produit des éléments de sa comptabilité, notamment le détail de ses comptes annuels de l'exercice 2022 et une attestation de son expert-comptable. Il ne résulte toutefois pas de ces éléments que la perte des recettes tirées de son activité durant le mois d'août 2023 aura pour conséquence probable, la cessation de son activité. Ainsi, ces éléments ne sont pas de nature à établir que la décision du préfet de l'Hérault compromettrait la pérennité de la SASU Wam et porterait manifestement et gravement atteinte aux libertés fondamentales invoquées. Dès lors, l'exécution de l'arrêté litigieux n'est pas, en l'état de l'instruction, constitutive d'une situation d'urgence caractérisée qui rendrait nécessaire l'intervention, dans un délai de quarante-huit heures, du juge des référés statuant sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions en suspension de la SASU Wam présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". L'Etat n'étant pas dans la présente instance la partie perdante, les conclusions présentées par la SASU Wam sur le fondement de ces dispositions, doivent être rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de la SASU Wam est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée à associé unique Wam.

Fait à Montpellier, le 31 juillet 2023.

Le juge des référés,

F. A

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 31 juillet 2023,

La greffière,

C. Touzet

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