mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | magistrat LAFAY |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2023, M. C A, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 4 avril 2023 par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande de logement dans le cadre des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
3°) à titre principal d'enjoindre à la commission de médiation de l'Hérault de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande, et d'y faire droit dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
4°) à titre subsidiaire d'enjoindre à la commission de médiation de l'Hérault de réexaminer sa situation dans un délai quinze jours à compter de la notification du jugement ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il appartient au préfet de l'Hérault d'établir la régularité de la composition de la commission de médiation ayant statué sur sa demande ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à aux conditions impropres à l'habitation du logement actuel (asthme du fils) ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la superficie du logement ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Par une décision du 20 juin 2023, M. C A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Lafay, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lafay,
- les observations de Me Bautes, pour M. A,
- les observations de Mme B, représentant le préfet de l'Hérault,
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a saisi le 28 novembre 2022, la commission de médiation du département de l'Hérault afin que sa demande de logement social soit reconnue comme prioritaire et urgente au motif d'une suroccupation avec enfant mineur à charge en faisant état d'une surface trop petite de 45 m² avec un balcon et une chambre, et un loyer trop cher. Par décision du 4 avril 2023, la commission a rejeté son recours au motif, d'une part que le requérant a à sa charge trois enfants mineurs, mais qu'il ne se trouve pas en situation de suroccupation de son logement, puisque celui-ci, de type T2 d'une superficie de 45 m², est supérieur à la superficie de 43 m² pour 5 personnes, prévue par la législation en vigueur en référence à l'article R822-25 du Code de la Construction et de l'Habitation. L'insuffisance de pièces dans le logement occupé au regard de la composition familiale ne caractérisant pas une situation de sur-occupation, laquelle s'apprécie en terme de surface habitable minimale en application de la législation en vigueur, d'autre part que le niveau trop élevé du loyer n'est pas un des critères initiés par la loi et ne rend pas la situation de logement inadaptée aux besoins du requérant et ne justifie pas de l'urgence pour résoudre son problème de logement en application des articles L 441-2-3 et R 441-14 1 du code de la Construction et de l'Habitation. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation :
" II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y'a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : () être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées au 2° de l'article D. 542-14 du code de la sécurité sociale, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ". Aux termes de l'article R. 822-25 du même code : " Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus. ".
3. Il résulte des dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article L. 441-1-4-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
4. Le préfet de l'Hérault justifie en défense, par les pièces qu'il produit, de la régularité de la composition de la commission, conforme aux exigences des dispositions du I de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. La décision du 4 avril 2023 notifiée au requérant énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. L'administration n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé mais seulement ceux sur lesquels elle a fondé sa décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A occupe un logement de 45 m² avec son épouse et leurs trois enfants, dont la superficie excède la surface habitable minimale prévue par la réglementation, de 43 m², pour 5 personnes. Le critère de la suroccupation manifeste du logement tel qu'il résulte des dispositions de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation ne s'apprécie qu'au regard de la surface habitable de ce logement, sans qu'il y ait lieu de prendre en compte les considérations tirées du nombre insuffisant de pièces et de leur mauvais agencement. Ainsi, et même si l'appartement du requérant ne comporte qu'une chambre, ce qui peut être inconfortable pour sa famille, composée de 5 personnes, pour autant la décision attaquée, qui indique que la situation du requérant et de sa famille n'est pas caractérisée par une situation de suroccupation, n'est pas illégale au regard des dispositions de l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation. La commission de médiation DALO de l'Hérault n'a, sur ce point, pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. M. A soutient que le logement qu'il occupe actuellement est impropre à l'habitation, et produit pour l'établir, des photographies peu signifiantes, ainsi qu'un certificat médical du 8 février 2023 mentionnant que l'état de santé d'un de ses enfants, qui présente des allergies persistantes avec déclenchement d'asthme allergique, majorée par l'humidité, nécessite un changement de logement dans les plus brefs délais. S'il reproche à la commission de ne pas avoir su correctement apprécier sa situation, il ressort des pièces du dossier, notamment du recours déposé, que M. A n'a pas fait état de la pathologie de son fils, et du caractère impropre du logement, qu'il déduit de la seule formulation de l'attestation médicale, à l'appui de sa demande de logement. Dans ces conditions, et alors que M. A ne justifie ni d'avoir sollicité le Service communal hygiène et santé de la ville de Montpellier de l'établissement d'un diagnostic, ni saisi le bailleur de travaux éventuels, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise la commission de médiation doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et à Me Bautes.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
L.-N. Lafay La greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 novembre 2024.
La greffière,
L. Rocher
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026