jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304572 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | magistrat COUEGNAT |
| Avocat requérant | MISSLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2023, maintenue le 17 janvier 2024 et complétée par des pièces le 20 août 2024, Mme A B, représentée par Me Misslin, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault notifiée le 12 juin 2023 refusant de faire droit à son recours tendant à la contestation d'un indu d'allocation de logement sociale et la décision de la caisse du 12 octobre 2022 lui notifiant cet indu ;
2°) d'enjoindre à la caisse de la décharger totalement de son trop perçu au titre de l'allocation de logement sociale ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Hérault à lui reverser les sommes retenues depuis le mois d'octobre 2022 ;
4°) à titre subsidiaire, de la décharger totalement ou partiellement de sa dette, au regard de sa bonne foi et de sa situation de précarité ;
5°) à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de réexaminer sa situation ;
6°) en tout état de cause, de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Hérault à payer à son avocate la somme de 1 800 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie d'une renonciation à la perception de la contribution de l'État au titre de l'aide juridictionnelle ou à défaut de condamner la caisse à lui payer cette somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de notification du trop-perçu ne comporte pas la signature de son auteur ;
- la décision de notification du trop-perçu n'est pas suffisamment motivée, ne permettant pas de comprendre l'origine ni le montant de l'indu ;
- la décision du 26 mai 2023, notifiée le 12 juin 2023, n'apporte pas plus de précision en fait et sa motivation en droit est erronée ;
- la décision du 26 mai 2023 est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur un article du code de la construction et de l'habitation qui n'est plus en vigueur depuis le 1er janvier 2021 ;
- il n'est pas démontré que ses ressources d'auto-entrepreneur et de son foyer dépassaient le barème en vigueur ;
- aucun indu au titre de l'allocation de logement sociale ne pouvait lui être notifié pour la période de février à juin 2021 puisque, comme l'admet la caisse d'allocations familiales elle était étudiante jusqu'au mois de juin 2021, ses ressources de février à juin 2021 devaient donc être calculées sur la base d'un forfait ; à défaut le calcul opéré est en tout état de cause incorrect car contraire aux prescriptions de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation ;
- à titre subsidiaire, compte tenu de l'origine de l'indu, de sa bonne foi, de son état de santé et de la précarité dont elle justifie, la juridiction ne pourra que lui octroyer une remise de dette.
Par lettre du 19 août 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés de ce que les conclusions dirigées contre la décision de notification de l'indu du 12 octobre 2022 sont irrecevables dès lors que la décision du 12 juin 2023, prise sur recours administratif préalable obligatoire de l'allocataire, s'est substituée à cette décision et que les conclusions tendant à la remise gracieuse de la dette correspondant à l'indu d'allocation de logement sociale ne sont pas recevables, faute d'être dirigées contre une décision de la caisse se prononçant sur une telle remise.
Des observations en réponse, enregistrées le 20 août 2024 et communiquées le même jour, ont été enregistrées pour Mme B.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 août 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une décision du 19 septembre 2023, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Couégnat comme juge statuant seul en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, magistrate désignée,
- et les observations de Me Lambert, substituant Me Misslin, représentant Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 12 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié à Mme A B un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 2 910,34 euros. Le 17 octobre 2022, Mme B a adressé à la caisse un recours préalable en contestant le bien-fondé de l'indu. Par une décision du 12 juin 2023, prise après avis de la commission de recours amiable réunie le 26 mai 2023, le directeur de la caisse a rejeté le recours administratif formé par l'intéressée. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal, à titre principal, d'annuler les décisions de la caisse d'allocations familiales des 12 octobre 2022 et 12 juin 2023, et, à titre subsidiaire, de lui accorder une remise gracieuse, totale ou partielle, de sa dette.
Sur l'indu d'allocation de logement sociale :
En ce qui concerne la décision de notification d'indu du 12 octobre 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ". L'article L. 821-1 du même code précisant que : " () Les aides personnelles au logement comprennent : () 2° Les allocations de logement : () b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article R. 825-1 de ce code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement () est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () ". Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
3. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il suit de là que la décision par laquelle celle-ci rejette, implicitement ou expressément, ce recours se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être déférée au juge. Par suite, les conclusions de la requérante doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision du 12 juin 2023 rejetant son recours. En conséquence, les moyens tirés des vices de forme, aux motifs de l'absence de signature par son auteur et de l'insuffisante motivation, invoquées à l'encontre de la décision du 12 octobre 2022 sont inopérants, et doivent par suite être écartés.
En ce qui concerne la décision du 12 juin 2023 confirmant l'indu en litige :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ".
5. La décision du 12 juin 2023, qui rappelle de manière détaillée la situation de l'allocataire et les évolutions de celle-ci ayant conduit à la constitution de l'indu, vise les articles R. 822-21 et L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et est fondée sur la circonstance que le changement de statut professionnel de Madame, à compter du 1er juillet 2021, implique le recalcul du droit à l'aide au logement et la fin de l'application du plancher ressource étudiant, et qu'il a été fait une juste application des textes. La décision contestée énonce ainsi avec suffisamment de précision les considérations de droit et de fait qui la fondent et ont permis à la requérante de comprendre l'origine de l'indu et de le contester. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 7 du décret n°2019-1574 du 30 décembre 2019, l'article R. 822-21 du code de la construction et de l'habitation est devenu l'article R. 822-20 du code de la construction et de l'habitation ainsi rédigé : " Lorsque à la date de la demande de l'aide personnelle au logement ou du réexamen du droit à cette aide, le demandeur ou l'allocataire occupe un logement à usage locatif, qu'il satisfait les conditions d'âge fixées pour l'attribution d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux et poursuit des études, les ressources du bénéficiaire ou du ménage sont réputées égales à un montant forfaitaire./Ce montant est minoré lorsque le demandeur ou l'allocataire est titulaire d'une bourse de l'enseignement supérieur qui n'est pas assujettie à l'impôt sur le revenu. ". Dans ces conditions, et alors qu'une erreur sur les visas est sans incidence sur la légalité d'une décision, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur de droit, faute d'être fondée sur une disposition légale.
7. Aux termes de l'article R. 822-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. / Sont considérées comme vivant habituellement au foyer les personnes y ayant résidé plus de six mois au cours de la période mentionnée au 1° de l'article R. 822-3 précédant la période de paiement prévue par l'article R. 823-6 et qui y résident encore au moment de la demande de l'aide ou du réexamen du droit à celle-ci. ". L'article R. 822-5 du code de la construction et de l'habitation prévoit en outre que : " Les revenus professionnels des travailleurs indépendants sont ceux pris en compte dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit. / Pour les travailleurs ayant débuté une activité indépendante postérieurement ou au cours de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit, les revenus professionnels sont calculés par l'organisme chargé du calcul des aides personnelles au logement en appliquant au montant du chiffre d'affaires ou du total des recettes déclarés par le demandeur ou l'allocataire pendant la période de référence visée au 1° de l'article R. 822-3 précédant l'examen ou la révision du droit, un abattement dont le taux correspond à celui qui est mentionné aux articles 50-0,64 bis et 102 ter du code général des impôts pour chaque catégorie d'activité mentionnée à ces articles. ". Aux termes de l'article R. 822-20 du même code : " Lorsque à la date de la demande de l'aide personnelle au logement ou du réexamen du droit à cette aide, le demandeur ou l'allocataire occupe un logement à usage locatif, qu'il satisfait les conditions d'âge fixées pour l'attribution d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux et poursuit des études, les ressources du bénéficiaire ou du ménage sont réputées égales à un montant forfaitaire. / Ce montant est minoré lorsque le demandeur ou l'allocataire est titulaire d'une bourse de l'enseignement supérieur qui n'est pas assujettie à l'impôt sur le revenu ".
8. Il résulte des termes de la décision contestée que Mme B, en couple et étudiante, percevait l'allocation de logement sociale et que l'indu résulte de la prise en compte de la cessation de sa qualité d'étudiante à compter du 1er juillet 2021, ce qui lui a fait perdre le bénéfice du forfait de ressources prévues par l'article R. 822-20 du code de la construction et de l'habitation, conduisant à la prise en compte des ressources réelles du foyer, à savoir celles de son compagnon, dès lors que son activité d'autoentrepreneur n'a pas généré de revenus. Contrairement à ce que soutient la requérante, la décision contestée mentionne qu'elle a continué à bénéficier de son statut étudiant de février à juin 2021, de sorte qu'elle ne peut utilement faire valoir que les 500 euros perçus en mai 2021 ne permettaient pas de retenir des ressources supérieures à ce plafond. En outre, la caisse a justifié, à l'appui de son mémoire en défense, du niveau des ressources du compagnon de la requérante pris en compte, sur la base des déclarations de l'allocataire. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à remettre en cause le bien-fondé de l'indu.
9. Les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault du 12 juin 2023 doivent donc être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur la demande de remise gracieuse :
10. Il n'appartient pas au juge administratif, qui ne peut se substituer à l'administration, de se prononcer lui-même sur une demande de remise gracieuse de dette. Dans ces conditions, Mme B, qui, compte tenu de l'objet et des termes de son recours gracieux, ne justifie pas avoir saisi la caisse d'allocations familiales de l'Hérault d'une demande en ce sens, n'est pas fondée à demander au juge la remise gracieuse de l'indu d'allocation de logement familiale. Il lui appartient, si elle s'y croit fondée, de saisir la caisse d'une telle demande.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1990 font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'avocate de Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et à Me Misslin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. Couégnat
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 12 septembre 2024
La greffière,
M. C
00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026