vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304807 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | S.C.P. CHICHET-HENRY AVOCATS - HG&C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 août 2023, M. B I, M. R H, Mme D N, M. K P, M. G C, Mme O M, M. J M et M. A L, représentés par Me Balaguer, demande au tribunal :
A titre principal,
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via, agissant au nom de l'Etat, a refusé de dresser, puis de communiquer au ministère public, un procès-verbal de l'infraction commise par la société par actions simplifiée (SAS) La Trinité ou par tout autre contrevenant ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de se substituer au maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via ;
3°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via a refusé de mettre en demeure la SAS La Trinité ou à tout autre contrevenant de remédier à l'infraction ;
4°) d'enjoindre au maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via et, en cas de carence de ce dernier, au préfet des Pyrénées-Orientales, de dresser un procès-verbal de l'infraction commise par la SAS La Trinité ou par tout autre contrevenant et d'en adresser copie au ministère public, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre au maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via de mettre en demeure la SAS La Trinité ou tout autre contrevenant de remettre les lieux dans leur état antérieur dans un délai deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et d'assortir cette mise en demeure d'une astreinte de 150 euros par jour de retard ;
A titre subsidiaire,
6°) d'annuler la décision implicite par la laquelle le maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via a refusé de saisir le tribunal judiciaire de Perpignan sur le fondement de l'article L. 480-14 du code de l'urbanisme ;
7°) d'enjoindre au maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via de saisir le tribunal judiciaire de Perpignan aux fins de condamnation de la SAS La Trinité ou tout autre contrevenant à remettre les lieux en état ;
8°) de mettre à la charge l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
9°) de mettre à la charge de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via la somme de 1 500 euros en application au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- plusieurs arbres, situés sur l'unité foncière du lotissement pour lequel la SAS La Trinité a obtenu un permis d'aménager, ont fait l'objet d'une coupe rase au mois d'avril 2023 en dépit de leur protection tant par l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme que par le permis d'aménager délivré à cette société ;
- le maire de Font-Romeu-Odeillo-Via, ou en cas de carence de ce dernier le préfet des Pyrénées-Orientales, était tenu de dresser et transmettre au ministère public un procès-verbal constatant l'infraction sur le fondement des articles L. 480-4 et L. 610-1 du code de l'urbanisme en application des dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme ;
- il appartenait au maire de mettre le contrevenant en demeure, sous astreinte, de remettre les lieux en état par la replantation d'arbres en application du même article ;
- dans le cas où le ministère public n'envisagerait pas de saisir le tribunal correctionnel territorialement compétent, la commune devra saisir le tribunal judiciaire de Perpignan aux fins de condamnation à la remise en état des lieux en application de l'article L. 480-14 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, la SAS La Trinité, représentée par la SCP Chichet-Henry-Pailles-Garidou-Renaudin, conclut au rejet de la requête comme non fondée et à ce que soit mis à la charge des requérants la somme 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a pas débuté la mise en œuvre de son permis d'aménager, tenant le recours exercé par ailleurs par les requérants contre cette autorisation ; seul un passage des services compétents en matière d'archéologie préventive a eu lieu, ce qui n'a occasionné aucune coupe d'arbres ; elle a déposé plainte auprès du procureur de la République pour dénonciation calomnieuse dans la mesure où elle n'est pas l'auteur de l'infraction constatée par la police municipale et en a informé le maire de la commune par un courrier du 11 mai 2023 ;
- n'étant que bénéficiaire d'un compromis de vente avec condition suspensive d'obtention d'un permis d'aménager purgé de tout recours, elle n'est pas propriétaire du terrain en cause.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 21 décembre 2023 et le 5 février 2024, la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via, représentée par M Q, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation et en injonction de la requête, au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 par les requérants du code de justice administrative et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme 1 500 euros sur le fondement du même article.
Elle fait valoir que :
- le rapport de constatation de l'infraction a bien été adressé à la société La Trinité et le procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme dressé le 20 décembre 2023 a été transmis au procureur de la République du tribunal judiciaire de Perpignan ;
- dès lors que les requérants ont obtenu satisfaction en ce qui concerne leurs conclusions principales, il n'y a pas lieu de faire droit à leur demande, présentée à titre subsidiaire, de saisine du juge judiciaire sur le fondement de l'article L. 480-14 du code de l'urbanisme, laquelle n'est au demeurant qu'une possibilité dont disposent les communes et les établissements publics de coopération intercommunale et n'est applicable qu'en présence d'une construction.
En réponse au courrier qui leur a été adressé le 22 décembre 2023 en application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, les requérants ont informé le tribunal, le 10 janvier 2024, qu'ils maintenaient les conclusions de leur requête.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° constater qu'il n'y'a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que () des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ; () ".
2. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via, qui avait notifié à la SAS La Trinité le rapport de constatation de la coupe d'arbres protégés établi par la police municipale le 25 avril 2023, a transmis au procureur de la République, le 20 décembre 2023, le procès-verbal de constatation d'infraction au code de l'urbanisme dressé le même jour par un agent assermenté à l'encontre de la succession de Mme F E, propriétaire de la parcelle cadastrée section AX n° 206, pour des faits d'abattage illégal de 20 arbres sur cette parcelle. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'annulation du refus de dresser procès-verbal de l'infraction et de le transmettre sans délai au procureur de la République sont devenues sans objet. Il s'ensuit que le non-lieu à statuer sur ces conclusions peut être constaté par ordonnance, en application au 3° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme : " I.- Lorsque des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 ont été entrepris ou exécutés en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ainsi que des obligations mentionnées à l'article L. 610-1 ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable et qu'un procès-verbal a été dressé en application de l'article L. 480-1, indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées pour réprimer l'infraction constatée, l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3-1 peut, après avoir invité l'intéressé à présenter ses observations, le mettre en demeure, dans un délai qu'elle détermine, soit de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction, de l'aménagement, de l'installation ou des travaux en cause aux dispositions dont la méconnaissance a été constatée, soit de déposer, selon le cas, une demande d'autorisation ou une déclaration préalable visant à leur régularisation. () " et aux termes de l'article L. 480-14 du même code : " La commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme peut saisir le tribunal judiciaire en vue de faire ordonner la démolition ou la mise en conformité d'un ouvrage édifié ou installé sans l'autorisation exigée par le présent livre, en méconnaissance de cette autorisation ou, pour les aménagements, installations et travaux dispensés de toute formalité au titre du présent code, en violation de l'article L. 421-8. L'action civile se prescrit en pareil cas par dix ans à compter de l'achèvement des travaux. ".
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme que la procédure de mise en demeure de mise en conformité qu'elle prévoit, qui s'exerce indépendamment des poursuites pénales, est une faculté pour le maire, qui n'est pas tenu de la mettre en œuvre pour toute infraction constatée. Les requérants, qui se bornent à faire état de ce que le maire de la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via a commis une illégalité en ne mettant pas en demeure le contrevenant en dépit de leur demande, n'apportent aucune précision sur une erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché ce refus, moyen qui n'est au demeurant pas soulevé dans leurs écritures. Par ailleurs, le moyen, invoqué à titre subsidiaire à l'appui des conclusions dirigées contre le refus du maire de saisir le tribunal judiciaire, tiré de la méconnaissance de l'article L. 480-14 du code de l'urbanisme, est inopérant dès lors qu'une telle saisine ne trouve, en tout état de cause, à s'appliquer qu'en présence de l'édification ou de l'installation d'un ouvrage sans autorisation ainsi que le fait valoir la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via en défense. Il y a lieu, par suite, de rejeter ces conclusions par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge respective de chacune des parties les frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
O R D O N N E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en annulation et en injonction relatives au refus de l'administration de dresser un procès-verbal de l'infraction résultant de l'abattage d'arbres sur la parcelle cadastrée section AX n° 206 et d'en transmettre copie sans délai au procureur de la République.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la SAS La Trinité et par la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B I, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, à la société La Trinité, à la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Fait à Montpellier, le 9 août 2024.
La présidente de la 6ème chambre
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Montpellier, le 9 août 2024
La greffière,
L. Rocher lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026