mercredi 30 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2305134 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 septembre 2023 et le 4 avril 2025, M. A B, représenté par Me Moulin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 18 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour " parent d'enfant français " ou " salarié " dans un délai de huit jours et à défaut de procéder au réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à payer à son avocate en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la commission du titre de séjour aurait dû être saisie en application des dispositions de l'article L. 423-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que les services de la préfecture ont consulté le fichier de traitement des antécédents judiciaires sans saisir les services de la police nationale ou de gendarmerie ou encore les services du procureur pour connaitre les suites données à ce signalement en méconnaissance du I de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et complet de sa situation, notamment au vu de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que la détention d'un visa n'est pas une condition opposable dans le cadre de l'examen d'une demande de titre de séjour parent d'enfant français en application de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 9 de l'accord franco-marocain ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait s'agissant du caractère falsifié de l'attestation de vigilance Urssaf ;
- la décision attaquée méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2025, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Moulin, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité marocaine né le 17 mars 1989, est entré régulièrement sur le territoire français le 8 mars 2019 avec un visa de type D mention " conjoint de français ". Par un arrêté du 15 avril 2021, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Montpellier du 15 juillet 2021 et par une décision de la cour administrative d'appel de Marseille du 10 mars 2022, le préfet de l'Aude a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B en qualité de parent d'enfant français et a pris une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 10 mai 2023, M. B a présenté une nouvelle demande de titre de séjour en sa qualité de parent d'un enfant français et en tant que salarié. Par un arrêté du 18 juillet 2023, le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 18 juillet 2023.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 14 novembre 2023. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il ressort de la demande de titre de séjour déposée le 10 mai 2023 par M. B qu'il a sollicité un titre de séjour en qualité de salarié et en qualité de parent d'un enfant français. Or, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet de l'Hérault, qui a examiné la demande de titre " salarié " et la possibilité de lui délivrer un titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ait procédé à l'examen de sa demande formée en qualité de parent d'un enfant français. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen complet de sa demande doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 18 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction:
6. Le présent jugement n'implique pas, compte tenu de ses motifs, qu'il soit enjoint à l'autorité administrative de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire mention
" parent d'enfant français " ou " salarié ". Il implique en revanche que le préfet de l'Hérault procède à un nouvel examen de la demande de titre de séjour de M. B et prenne une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de
1 200 euros au profit de Me Moulin, son avocat, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B relatives à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 18 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de procéder à un nouvel examen de la demande de titre de séjour de M. B et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Moulin la somme de 1 200 euros dans les conditions prévues au point 7 du jugement.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Moulin.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Camille Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2025.
La rapporteure,
C. C
Le président,
V. Rabaté
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 30 avril 2025.
La greffière,
B. Flaesch
fg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026