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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2305195

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2305195

vendredi 1 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2305195
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantMISSLIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2023, M. D C, représenté par Me Misslin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de désigner un interprète en langue arabe ;

3°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2023 par lequel la préfète de Vaucluse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;

4°) à titre principal, d'enjoindre aux services préfectoraux de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ; à titre subsidiaire, de leur enjoindre de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

5°) de condamner la préfète du Vaucluse à payer la somme de 1 800 euros à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie d'une renonciation à la perception de la contribution de l'Etat accordée à la requérante, ou à défaut, de la condamner à lui payer la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

-l'auteur de la décision n'est pas compétent faute de délégation de signature régulièrement publiée ;

- elle a été irrégulièrement notifiée ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision portant refus de départ volontaire :

- elle est entachée d'une erreur de droit et est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

Par un mémoire, enregistré le 12 octobre 2023, la préfète de Vaucluse conclut au rejet de la requête :

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les observations de Me Misslin, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, ressortissant marocain né le 19 avril 1999, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2023 par lequel la préfète de Vaucluse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 octobre 2023. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé, pour la préfète du Vaucluse et par délégation, par M. A, sous-préfet de Carpentras. Par un arrêté du 9 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète du Vaucluse a donné délégation à M. A, à l'effet de prendre, en urgence, des décisions graves mettant en cause les libertés individuelles, susceptibles d'intervenir pendant les tours de permanence, notamment les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Compte tenu de sa précision, cette délégation n'est pas d'une portée trop générale. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. / En cas de nécessité, l'assistance de l'interprète peut se faire par l'intermédiaire de moyens de télécommunication. Dans une telle hypothèse, il ne peut être fait appel qu'à un interprète inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration. Le nom et les coordonnées de l'interprète ainsi que le jour et la langue utilisée sont indiqués par écrit à l'étranger ".

5. Si le requérant soutient que l'arrêté attaqué ne mentionne ni le nom et les coordonnées de l'interprète, ni la langue dans laquelle s'est fait la notification de l'arrêté, ni enfin la faculté d'effectuer un recours gracieux ou hiérarchique, de telles circonstances, à les supposer avérées, est sans incidence sur la légalité de celui-ci. Par suite, le moyen tiré de ce que l'irrégularité de la notification impliquerait l'illégalité de l'arrêté litigieux ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il fait application et comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Il mentionne en particulier les éléments pertinents relatifs à la situation irrégulière de l'intéressé et fait notamment état d'une résidence de plus de trois mois de manière irrégulière et son interpellation et son placement en garde à vue pour violation de domicile. En outre, la préfète du Vaucluse a mentionné que l'intéressé ne justifiait d'aucun droit de se maintenir sur le territoire français et pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Ces indications en droit et en fait ont permis à l'intéressé de comprendre et de contester les motifs pour lesquels la préfète a pris à son encontre une mesure d'éloignement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public (). ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C n'a pas établi être entré régulièrement en France et ne justifie pas être titulaire d'un titre de séjour. Ainsi, il entre dans le cas visé au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où le préfet peut prononcer une obligation de quitter le territoire français. Par suite, alors même que la préfète a également visé le 5° de l'article L. 611-1 précité, le requérant ne peut utilement faire valoir qu'il ne présenterait pas une menace à l'ordre public dès lors que les faits de violation de domicile n'ont pas donné lieu à condamnation pénale.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. C se prévaut d'une présence habituelle en France depuis seulement un an, de son investissement au sein de l'association MAPEmonde, ainsi que de plusieurs emplois qu'il aurait occupés, sans toutefois en apporter la preuve. En outre, il n'a jamais engagé les démarches pour effectuer sa demande de séjour en France. Le requérant est célibataire et sans charge de famille ou lien particulier, et n'est pas dénué d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu l'essentiel de son existence. Dans ces conditions, en refusant d'admettre M. C au séjour, la préfète du Vaucluse n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation dans la situation personnelle de l'intéressé et de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour; ()8°) L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

12. Il résulte des pièces du dossier que pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. C, la préfète du Vaucluse s'est fondée sur les dispositions précitées du 2° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, l'intéressé a fait l'objet d'une interpellation en date du 9 septembre 2023, dans la commune d'Avignon, pour des faits de violation de domicile. C'est au cours de son placement en garde à vue qu'il a été relevé que l'intéressé était démuni de tout document d'identité et qu'il se trouvait en situation irrégulière. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'a jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il est célibataire sans enfant à charge et ne dispose pas d'un logement fixe. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstance particulière, la préfète a pu, sans commettre d'erreur de droit, refuser d'accorder à M. C un délai de départ volontaire. Pour les mêmes motifs, et en visant les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les faits sus rappelés, la préfète a suffisamment motivé sa décision portant refus de départ volontaire. Pour les mêmes motifs, la préfète n'a commis aucune erreur d'appréciation en prenant la décision querellée.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

13. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de cette décision au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ne peut être accueilli.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, " l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

15. Si la préfète doit tenir compte, pour décider de prononcer une interdiction de retour à l'encontre d'un étranger soumis à une obligation de quitter le territoire français, et fixer sa durée, de chacun des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces mêmes dispositions ne font pas obstacle à ce qu'une telle mesure soit décidée quand bien même une partie de ces critères, qui ne sont pas cumulatifs, ne serait pas remplie. En l'espèce, il ressort des termes de l'arrêté contesté que la préfète a bien examiné les différents critères de l'article L. 612-10, et mentionne notamment l'absence d'intensité de ses liens avec la France sur laquelle elle se fonde. Dès lors, la préfète du Vaucluse, qui n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, a suffisamment énoncé les considérations de droit et de fait fondant sa décision d'interdiction de retour sur le territoire français, et a, par suite, respecté les exigences des textes précités.

16. La préfète du Vaucluse ayant refusé d'accorder un délai de départ volontaire, il lui appartenait, en l'absence de circonstances humanitaires particulières, de prononcer une interdiction de retour à l'encontre de M. C. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier, ainsi qu'il a été rappelé précédemment, que le requérant ne justifie pas d'une présence ancienne sur le territoire national où il ne dispose d'aucune cellule familiale. S'il affirme n'avoir commis aucune infraction, il ressort des pièces du dossier que la décision contestée a été prise à l'issue d'une garde à vue dont il a fait l'objet pour des faits de violation de domicile. Dans ces conditions, l'ensemble des circonstances propres à sa situation personnelle est de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2023 par lequel la préfète de Vaucluse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par suite ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à la préfète de Vaucluse et à Me Misslin.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Philippe Gayrard, président,

Mme Isabelle Pastor, première conseillère,

Mme Brigitte Pater, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.

Le président-rapporteur,

J-Ph. BL'assesseure la plus ancienne,

I. Pastor

La greffière,

I. Laffargue

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 1er décembre 2023.

La greffière,

I. Laffargueil

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