jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306013 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BIDKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 octobre 2023 et le 30 août 2024,
M. B A, représenté par Me Bidki, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2023 portant refus de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour en application de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de condamner l'Etat à verser la somme de 1480 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa présence sur le territoire français ne représente pas une menace pour l'ordre public et la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée au droit à sa vie privée et familiale, elle est donc entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 décembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand ;
- et les observations de Me Bidki pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 11 mai 1997, déclare être entré sur le territoire français le 13 mars 2019 de manière irrégulière. Le 28 janvier 2021, M. A est condamné à 4 mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Lille pour un vol simple du 14 septembre 2019 et un vol en réunion du 30 septembre 2019. Le 1er janvier 2020, le préfet du Nord prend à l'encontre de M. A une décision portant obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. A ne démontre pas avoir exécuté ces mesures d'éloignement. Le 24 septembre 2020, il est condamné à 4 mois d'emprisonnement avec sursis pour des vols les 13 mars et 8 juin 2020. Le 22 avril 2022, alors que Madame C D, ressortissante française, est enceinte de leur premier enfant, qui naîtra le 21 mai suivant, M. A se fait connaître défavorablement des services de police pour des violences sur un mineur de 15 ans. Le 22 novembre 2022, M. A effectue une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Et, par un arrêté du 23 mars 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de l'Hérault a refusé sa demande de titre de séjour.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " la circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ". En outre, aux termes de l'article L. 432-1 du même code, " la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
3. Pour refuser de faire droit à la demande de M. A tenant à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 432-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de l'Hérault a retenu que la présence de l'intéressé sur le territoire français représente une menace pour l'ordre public au motif qu'il a fait l'objet de multiples condamnations pour vols, que, moins d'un mois avant la naissance de son enfant, M. A a été interpellé par les services de police pour des faits de violences sur mineur de 15 ans, le lieu de cette interpellation correspondant au centre d'hébergement d'urgence de la Croix-Rouge française à Montpellier, où Mme D était hébergée avec ses enfants, et enfin que, moins de quatre mois après la naissance de son enfant et une vingtaine de jours avant sa demande de titre de séjour, M. A a été arrêté par les services de police pour usage illicite de stupéfiants. En conséquence, le requérant, qui ne conteste pas la matérialité des ces infractions à caractère délictuel, n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Hérault a commis une erreur d'appréciation en considérant que sa présence sur le territoire français représente une menace pour l'ordre public.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 432-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
5. En dépit de l'attestation de Mme D du 16 mai 2023 et des témoignages produits, M. A n'établit pas sa participation effective à l'entretien et à l'éducation de leur enfant depuis sa naissance. L'intéressé ne démontre pas non plus être dans l'impossibilité de regagner son pays d'origine où il a vécu une majeure partie de sa vie et où il ne justifie pas être isolé. En conséquence, le moyen tiré de la violation du droit à la vie privée et familiale de
M. A doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 de la loi relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Bidki.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseure la plus ancienne,
A. Bayada La greffière,
A. Farell
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 19 septembre 2024.
La greffière,
A. Farell
2306013
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026