jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306230 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2023, le Service départemental d'incendie et de secours de Vaucluse, représenté par Me Urien, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'ordonnance de taxation des honoraires du 27 septembre 2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'expertise est lacunaire entachée d'inexactitude et outrepasse les demandes du juge des référés en tranchant des questions sur lesquelles il ne lui appartenait pas de statuer, de sorte que l'expert ne peut se voir accorder des honoraires pour le chef de mission consistant à se faire communiquer tous documents et pièces utiles établissant les rapports directs de droit entre les parties en cause, rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, ni pour le chef de mission de fournir tous éléments permettant de déterminer si la solution technique proposée par la société Iturri permet d'atteindre les résultats décrits dans son offre, et en particulier de répondre à la question de savoir si une citerne en Ecopolyfire exposée à une flamme à 660° C à une distance de 60 cm pendant 30 minutes subit des dommages, dans l'affirmative, de décrire les dommages en résultant, de réaliser à cette fin le ou les essais nécessaires, en prenant en compte, dans la seule mesure où elles présenteraient un caractère utile et approprié, la méthodologie et conditions techniques préconisées par la société Iturri.
Par un mémoire, enregistré le 3 janvier 2024, le président du tribunal administratif de Nîmes déclare s'en remettre au tribunal s'agissant du montant des frais et honoraires de l'expert.
Par un mémoire, enregistré le 23 février 2024, la société Iturri conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1500 euros soit mis à la charge du Service Départemental d'Incendie et de Secours de Vaucluse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la contestation a plus vocation à remettre en cause le fond du rapport de l'expert qu'à contester la réalité des diligences qui ont été engagées par ledit expert ;
- l'expert a rempli sa mission consistant à identifier les documents contractuels et non contractuels produits par les parties ;
- l'expert a fourni les éléments techniques permettant de répondre aux questions posées par le juge des référés.
Vu :
- l'ordonnance rendu par le tribunal administratif de Nîmes n°2103138 le 15 novembre 2021 tendant à la désignation d'un expert,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- et les observations de Me Urien pour le SDIS de Vaucluse.
Une note en délibéré a éte enregistrée le 13 mars 2024 pour le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Vaucluse.
Considérant ce qui suit :
1. Le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Vaucluse a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nîmes de prescrire une expertise portant sur la question de savoir si une citerne en ecopolyfire exposée à une flamme de 660°C à une distance de 60 cm pendant 30 minutes subit ou non des dommages et, dans l'affirmative, quels dommages sont susceptibles d'en résulter. Par une ordonnance du 15 novembre 2021 le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes a ordonné la désignation d'un expert.
2. Par une ordonnance du 27 septembre 2023 le président du tribunal administratif de Nîmes a fixé le montant des frais et honoraires de l'expert à la somme de 5 064 euros toutes taxes comprises, à la charge du service départemental des incendies de Vaucluse. Par la présente requête le service départemental des incendies de Vaucluse demande la réformation de l'ordonnance du 27 septembre 2023.
Sur les conclusions aux fins de réformation du montant des frais et honoraires de l'expert :
3. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert () ". Aux termes de l'article R. 761-4 du même code : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement () ". L'article R. 761-5 du même code dispose enfin que : " Les parties, l'Etat lorsque les frais d'expertise sont avancés au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. Sauf lorsque l'ordonnance émane du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. () Le recours mentionné au précédent alinéa est exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance sans attendre l'intervention de la décision par laquelle la charge des frais est attribuée ".
4. L'ordonnance par laquelle le président d'un tribunal administratif liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif et non juridictionnel. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération. Il résulte également des dispositions précitées de l'article R. 621-11 du code de justice administrative qu'il n'appartient pas au juge, dans le cadre d'un tel recours, de se prononcer sur la régularité des opérations de l'expertise mais uniquement de déterminer les droits à rémunération de l'expert au regard notamment de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert.
5. Il ressort du rapport déposé par l'expert désigné, que n'ont pu être identifiés les documents techniques que la société Iturri avaient joints à ses offres pour les marchés publics conclus en 2014 et 2016 avec le service départemental d'incendie et de secours de Vaucluse. Néanmoins il ressort dudit rapport que la solution technique proposée par la société Iturri est décrite dans les cinq documents techniques qui ont été communiqués à l'expert et qu'au moins l'un d'entre eux est lié au CCTP et revêt de ce fait une nature contractuelle. Ainsi l'expert a pu identifier les documents pertinents permettant de déterminer si la solution technique proposée par la société Iturri permettant d'atteindre les résultats décrits dans son offre et préciser les liens contractuels unissant les parties
6. Pour le reste, l'expert a présenté les constatations qu'il a pu faire et il a précisé les motifs qui fondent son raisonnement, de sorte que les parties au litige peuvent utilement contester le rapport déposé à l'occasion d'un éventuel litige soumis au tribunal administratif de Nîmes. Dès lors, l'expert a rempli la mission qui lui avait été confiée et dans les circonstances de l'espèce les frais et honoraires qui ont été taxés par l'ordonnance du 27 septembre 2023 ne présentent pas un caractère disproportionné au regard la nature du travail fourni rapporté à la mission qui lui a été confiée.
7. En conséquence, il y a lieu de rejeter la requête du service départemental d'incendie et de secours de Vaucluse tendant à la diminution des frais et honoraires alloués à l'expert désigné par le président du tribunal administratif de Nîmes et, dans les circonstances de l'espèce, les conclusions de la société Iturri en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par le service départemental d'incendie et de secours de Vaucluse et les conclusions de la société Iturri en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : La présente décision sera notifiée au service départemental d'incendie et de secours de Vaucluse, à l'expert désigné et à la société Iturri.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseure la plus ancienne,
Mme Bayada La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 mars 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
N°2306230
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026