jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306537 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP CAUDRELIER-ESTEVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 novembre 2023, la société civile immobilière (SCI) Clo Re, représentée par la SCP Caudrelier-Esteve, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 17 juillet 2023 par lequel le maire de la commune de Ceilhes et Rocozels a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de diviser en trois lots et construire trois villas et la décision par laquelle il a rejeté le 21 septembre 2023 son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Ceilhes et Rocozels de délivrer le permis de construire sollicité ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Ceilhes et Rocozels, une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le premier motif de rejet, fondé sur l'avis conforme défavorable de la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), constitue une erreur de droit puisque l'article L. 111-3 n'est pas applicable du fait de la situation du terrain en zone de montagne régie par les dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme ;
- le terrain est situé dans les parties urbanisées de la commune et le maire n'était donc pas tenu de saisir la commission ni de se conformer à son avis ;
- l'avis de la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) qui a considéré à tort que la population de la commune est en constante progression depuis 1999, d'une part, et que le projet ne contribuerait pas à l'installation d'habitants susceptible d'avoir des enfants inscrit dans les écoles de la commune, d'autre part, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- une erreur manifeste d'appréciation entache l'avis du préfet quant à la situation du projet hors des parties urbanisées de la commune.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- et les observations de Me Caudrelier, représentant la SCI Clo Re, et de M. A, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière Clo Re a déposé, le 28 mars 2023, une demande visant à diviser une parcelle en trois lots et édifier trois constructions, sur les parcelle cadastrée B n° 325- 328. La commune de Ceilhes et Rocozels a consulté la CNPENAF ainsi que le préfet de l'Hérault, lesquels ont rendu chacun un avis conforme défavorable, les 16 juin et 21 juin 2023. Le maire a refusé la délivrance de l'autorisation sollicitée par arrêté du 17 juillet suivant. La requérante a saisi le maire d'un recours gracieux rejeté le 21 septembre 2023. Par sa requête, elle demande l'annulation de l'arrêté du 17 juillet 2023 portant refus de l'autorisation d'urbanisme sollicitée ainsi que de la décision du 21 septembre 2023 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme seul applicable au cas d'espèce : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants () ". L'article L. 122-7 du même code dispose cependant que : " () III.- Dans les communes ou parties de commune qui ne sont pas couvertes par un plan local d'urbanisme ou une carte communale, des constructions qui ne sont pas situées en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants peuvent être autorisées, dans les conditions définies au 4° de l'article L. 111-4 et à l'article L. 111-5, si la commune ne subit pas de pression foncière due au développement démographique ou à la construction de résidences secondaires et si la dérogation envisagée est compatible avec les objectifs de protection des terres agricoles, pastorales et forestières et avec la préservation des paysages et milieux caractéristiques du patrimoine naturel prévus aux articles L. 122-9 et L. 122-10. ". Aux termes de l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune : () 4° Les constructions ou installations, sur délibération motivée du conseil municipal, si celui-ci considère que l'intérêt de la commune, en particulier pour éviter une diminution de la population communale, le justifie () ". Selon l'article L. 111-5 du même code : " () doivent être préalablement soumis pour avis par l'autorité administrative compétente de l'Etat à la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime. / La délibération mentionnée au 4° de l'article L. 111-4 est soumise pour avis conforme à cette même commission départementale. () ". Il résulte de ces dispositions que l'exception qu'elles comportent à l'application de la règle de la construction limitée dans les communes dépourvues de document d'urbanisme est applicable à la condition que la construction projetée réponde à un intérêt communal, un tel intérêt pouvant notamment résulter de ce que le projet contribue à éviter la diminution de la population dans la commune. Lorsque la commune s'est fondée, pour estimer par délibération motivée du conseil municipal qu'un intérêt communal justifiait l'octroi d'un permis de construire en application de ces dispositions, sur la nécessité d'éviter une diminution de sa population, il appartient au juge de vérifier, au vu de l'ensemble des données démographiques produites, que l'existence d'une perspective de diminution de cette population est établie.
3. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette formé des parcelles d'assiette du projet en litige, cadastrées section B nos 325-328, d'une superficie totale de 3 668 m2, est située en zone de montagne et soumis aux dispositions précitées de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme. Le conseil municipal de la commune de Ceilhes et Rocozels a adopté une délibération en date du 1er mars 2023 ayant pour objet de permettre la construction de la parcelle en litige, par dérogation à la règle de constructibilité limitée en dehors des parties urbanisées de la commune pour un motif d'intérêt général, au visa des dispositions de l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme auquel renvoie l'article L. 122-7 du code de l'urbanisme en zone de montagne, suite à l'exposé par la maire que le projet est utile au maintien de la population et d'un école au sein de la commune.
4. En premier lieu, par application des disposition combinées des articles L. 111-4, L. 111-5 et L. 122-7 du code de l'urbanisme, la commune a saisi, à bon droit, la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF). Le moyen tiré de l'erreur de droit commise par la commune en procédant à la saisine de cette commission doit être écarté.
5. En deuxième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier que dans son avis rendu le 16 juin 2023, la CDPENAF constate en premier lieu que la commune de Ceilhes et Rocozels connaît une augmentation constante de sa population depuis 1999, alors que la dérogation prévue par l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme, au visa duquel a été voté par la commune, par délibération du 1er mars 2023 dont le pétitionnaire s'est prévalu, s'applique prioritairement aux communes qui connaissent une baisse ou une stagnation de leur population depuis plusieurs années. Si la commune fait valoir qu'elle connaît plutôt une stagnation ou une légère baisse de sa population selon les données INSEE portant sur la dernière décennie, il ressort de ces données que la population est passée de 256 habitants en 1999 à 302 habitants en 2020, et que ces données baissières traduisent un ralentissement de la croissance et non un déclin de la population.
6. D'autre part, il résulte des termes de l'avis de la CDPENAF que celle-ci, au constat de l'augmentation de la population communale et après avoir rappelé que le parc de logement présente une proportion importante de résidences secondaires, a également considéré que le projet ne contribuerait pas à l'installation effective de population permanente sur le territoire de la commune ni l'arrivée d'enfants qui seront scolarisés dans l'école communale, en précisant que " le projet est un projet à caractère immobilier ". S'il est vrai qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le projet, qui consiste à édifier trois maisons d'habitation comprenant chacune 4 pièces, pour une surface totale de 314 mètres carrés, ne permettrait pas l'installation d'une population permanente et l'arrivée d'enfants sur le territoire communal, la commission aurait rendu un avis identique en se fondant sur l'augmentation de la population du territoire communal qui s'oppose au recours à la dérogation à la règle de constructibilité limitée. C'est ainsi sans commettre ni erreur de droit ni appréciation erronée des circonstances de l'espèce que la CDPENAF a considéré que la commune n'entrait pas dans le champ de l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme.
7. En troisième lieu, pour rendre un avis conforme défavorable sur le projet en litige, en date du 28 novembre 2022, le préfet de l'Hérault a considéré la situation du projet hors les parties urbanisées de la commune. La parcelle supportant le projet, située à 550 mètres du centre du village, est entourée des parcelles numérotées 326, 329, 105, 307 et 308 dont seule cette dernière supporte une construction. Elle est séparée des bords du lac, construits, par la rue du Lac qui assure sa desserte. A l'est et à l'ouest de la coupure d'urbanisation formée par l'ensemble des parcelles numérotées 105, 307, 308 325 et 326, 328, 329, à laquelle donc participe le terrain d'assiette du projet en litige, s'est développé une urbanisation diffuse, caractérisée par un faible nombre et une faible densité de constructions, s'étalant le long de la rue du Lac, au sein d'un espace non bâti. Le terrain en litige ouvre du nord-est au nord-ouest sur un vaste espace non bâti. Alors même que leur desserte est assurée, les parcelles formant l'assiette du projet en litige ne sauraient être regardées comme composant une partie actuellement urbanisée de la commune, ni le projet en litige comme s'insérant dans une dent creuse au sein de ces parties urbanisées. Dès lors, c'est sans appréciation erronée des circonstances de l'espèce que le préfet a rendu un avis conforme défavorable, tenant la situation du terrain hors des parties urbanisées de cette commune de montagne.
8. Il résulte de ce qui précède que le maire de la commune de Ceilhes et Rocozels était tenu de refuser le permis de construire sollicité. Ainsi, les conclusions en annulation de la SCI Clo Re doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles relatives aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Clo Re est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Clo Re, à la commune de Ceilhes et Rocozels et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente,
Mme Couegnat, première conseillère,
Mme Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisationen ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 octobre 2024.
La greffière,
M. B
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026