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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2306623

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2306623

lundi 29 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2306623
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantBADJI-OUALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Badji-Ouali, demande au tribunal :

1) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 17 août 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ, le pays de destination et une interdiction de retour de deux ans ;

2) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire sont insuffisamment motivés ;

- ils sont entachés d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- ils méconnaissent les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'interdiction de retour est insuffisamment motivée ;

- elle est fondée sur un refus de séjour et une obligation de quitter le territoire illégaux ;

- elle méconnait l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par mémoire, enregistré le 8 décembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.

Par décision du 16 octobre 2023 le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rabaté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 20 octobre 1983, qui a fait l'objet d'arrêtés d'éloignement les 6 février 2018 et 6 septembre 2020, demande l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 17 août 2023 qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français, et fixe le délai de départ, le pays de destination, et une interdiction de retour de deux ans.

Sur le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :

2. Le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français énoncent les considérations de fait et de droit qui les fondent. Par suite, le moyen tiré de leur insuffisante motivation sera écarté.

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait commis un défaut d'examen réel et complet de la situation de l'intéressé. Dès lors, ce moyen sera écarté.

4. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine./L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. Si le requérant soutient résider en France depuis 1998, il ne produit sur ce point que des attestations peu circonstanciées, et un certificat de scolarité pour la seule année scolaire 1998-1999. L'intéressé, qui dispose d'une promesse d'embauche, ne justifie ni de visa de long séjour, ni durée de séjour ni insertion professionnelle sur le territoire, où il est sans charge de famille, et où il s'est maintenu irrégulièrement malgré deux arrêtés d'éloignement. S'il affirme que la majorité de sa famille vit en France, il n'est pas isolé au Maroc, où réside sa mère. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles cités au point précédent doit être écarté.

6. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

7. Le requérant ne justifiant d'aucun motif exceptionnel ou de considération humanitaire, le préfet n'a pas méconnu l'article L. 435-1 cité au point précédent.

Sur l'interdiction de retour de deux ans :

8. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus de séjour ou de l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet.

9. L'interdiction de retour sur le territoire français énonce les considérations de fait et de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation sera écarté.

10. En vertu du 1er alinéa de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

11. Eu égard aux constats opérés au point 5, le moyen tiré de la violation de l'article cité au point 10 sera écarté.

12. Il résulte de tout ce qu'il précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 17 août 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige seront aussi rejetées.

DECIDE :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Badji-Ouali.

Délibéré à l'issue de l'audience du 15 janvier 2024 à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.

Le rapporteur,

V. RabatéL'assesseure la plus ancienne,

B. Pater

Le greffier,

F. Balicki

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 30 janvier 2024.

Le greffier,

F. Balickifb

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