mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2307604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Vice-président CORNELOUP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 décembre 2023 et le 23 janvier 2024, Mme A C forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 23 octobre 2023 par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault pour le recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 504 euros pour la période du 1er mars 2022 au 31 mai 2022.
Elle soutient que l'indu a été directement versé à son bailleur ; elle n'a donc pas à le rembourser dès lors qu'elle n'a jamais perçu ledit indu en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; la requérante a formé le recours administratif préalable obligatoire postérieurement à l'enregistrement de la requête ;
- en tout état de cause l'indu est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'absence d'exercice d'un recours administratif préalable obligatoire antérieurement à l'enregistrement de la requête.
Par mémoire enregistré le 21 septembre 2024 en réponse au moyen d'ordre public soulevé et communiqué le même jour, Mme C informe le tribunal qu'elle dépose un recours administratif préalable à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Par mémoire enregistré le 23 septembre 2024 en réponse au moyen d'ordre public soulevé et communiqué le même jour, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault maintient ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corneloup ;
- les observations de Mme C qui persiste dans ses conclusions et explique qu'elle n'avait pas compris qu'il fallait réaliser un recours administratif préalablement à la saisine du tribunal ;
- la caisse d'allocations familiales de l'Hérault n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a bénéficié de l'allocation de logement sociale dans le département de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de sa situation et de la rectification du montant de ses ressources, l'intéressée s'est vu notifier un indu d'un montant de 504 euros au titre de l'allocation de logement sociale pour la période du 1er mars 2022 au 31 mai 2022. Par la présente requête, Mme C forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 23 octobre 2023 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault pour le recouvrement dudit indu.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : () 2° Les allocations de logement : / () b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 825-1 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut () délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner () une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent () ".
4. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu d'allocation de logement sociale n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision citées au point 3 ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 2.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme C a certes exercé un recours administratif auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault pour contester le bien-fondé de l'indu litigieux mais postérieurement à sa saisine du présent tribunal. Dans ces conditions, faute de recours administratif présenté préalablement et dans les délais requis, Mme C ne peut utilement remettre en cause le bien-fondé de l'indu mis à sa charge pour le recouvrement desquels a été émise la contrainte en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La magistrate désignée,
F. Corneloup
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 1er octobre 2024
La greffière,
M. B
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