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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2307714

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2307714

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2307714
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantRUFFEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 décembre 2023 et le 19 juin 2024, M. G A E, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal administratif :

1°) en application des dispositions de l'article L.911-4 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de l'Hérault de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2301807 du 22 juin 2023 par lequel le tribunal a annulé l'arrêté du préfet de l'Hérault du 28 février 2023 et enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à M. A E un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de 15 jours à compter à compter de la notification du présent jugement et ce sous astreinte journalière de 150 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 à verser à Me Ruffel au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le préfet de l'Hérault n'a pas exécuté le jugement malgré ses demandes.

Par une ordonnance en date du 19 juin 2024, le président du tribunal administratif a, dès lors qu'un délai de six mois s'était écoulé depuis la saisine du tribunal administratif par M. A E, décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.

Par des pièces complémentaires, enregistrées le 3 septembre 2024, le préfet de l'Hérault doit être regardé comme concluant au non-lieu à statuer sur la requête présentée par M. A E.

Il informe le tribunal qu'un titre de séjour provisoire a été délivré au requérant le 7 août 2024 pour la période du 19 juillet 2024 au 18 juillet 2025.

Vu :

- le jugement n° 2301807 du tribunal administratif de Montpellier ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Corneloup, présidente- rapporteure,

- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;

- les observations de Me Ruffel, représentant M. A E.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E a sollicité le 2 février 2023 la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de française. Par un arrêté du 28 février 2023, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre demandé et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Le tribunal a, par jugement rendu le 22 juin 2023, annulé cet arrêté au motif notamment d'une atteinte disproportionnée portée à son droit au respect de la vie privée et familiale. L'intéressé s'est vu remettre des autorisations provisoires de séjour dont la dernière valable jusqu'au 10 septembre 2024 mais pas de titre de séjour portant " vie privée et familiale ". Le 19 décembre 2023, M. A E, par l'intermédiaire de son conseil, a fait part au président du tribunal des difficultés d'exécution de ce jugement. Par une ordonnance du 19 juin 2024, la phase juridictionnelle d'exécution a été ouverte.

2. Il ressort des pièces du dossier qu'un titre de séjour a été délivré au requérant le 7 août 2024 pour la période du 19 juillet 2024 au 18 juillet 2025. Le préfet a dès lors exécuté le jugement n° 2301807 du 22 juin 2023 rendu par le tribunal. Par suite, la requête est devenue sans objet.

Sur les frais liés au litige :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A E d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur la demande de M. A E.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. A E au titre de l'article L.761- 1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. C B, première conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

La présidente-rapporteure,

F. Corneloup

L'assesseure la plus ancienne,

M. D

La greffière,

M. F

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 26 septembre 2024.

La greffière,

M. F

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