jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2400123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 janvier 2024, l'établissement public Voies Navigables de France (VNF) demande au tribunal, en exécution du jugement n°2105093 du 13 juillet 2022, devenu définitif, de condamner M. C B et M. D A à lui verser la somme de 2700 euros correspondant à la liquidation de l'astreinte prononcée pour une période de 27 jours à raison de 100 euros par jour.
Il soutient que le jugement a été signifié à M. B et M. A le 16 août 2022 et que l'ordre de libérer les lieux n'a pas été respecté malgré le délai de deux mois, comme cela a pu être constaté lors de visites sur place en date du 17 mai 2023 et 12 juin 2023.
La requête a été communiquée à M. B et M. A le 11 janvier 2024.
Vu :
- le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 13 juillet 2022 n°2105093.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand ;
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".
2. Lorsqu'il qualifie de contravention de grande voirie des faits d'occupation irrégulière d'une dépendance du domaine public, il appartient au juge administratif, saisi d'un procès-verbal accompagné ou non de conclusions de l'administration tendant à l'évacuation de cette dépendance, d'enjoindre au contrevenant de libérer sans délai le domaine public et, s'il l'estime nécessaire et au besoin d'office, de prononcer une astreinte. Lorsqu'il a prononcé une astreinte dont il a fixé le point de départ, le juge administratif doit se prononcer sur la liquidation de l'astreinte, en cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive. Il peut, le cas échéant, modérer l'astreinte provisoire ou la supprimer, même en cas d'inexécution de la décision juridictionnelle. Il peut notamment la supprimer pour le passé et l'avenir, lorsque la personne qui a obtenu le bénéfice de l'astreinte n'a pas pris de mesure en vue de faire exécuter la décision d'injonction et ne manifeste pas l'intention de la faire exécuter ou lorsque les parties se sont engagées dans une démarche contractuelle révélant que la partie bénéficiaire de l'astreinte n'entend pas poursuivre l'exécution de la décision juridictionnelle, sous réserve qu'il ne ressorte pas des pièces du dossier qui lui est soumis qu'à la date de sa décision, la situation que l'injonction et l'astreinte avaient pour objet de faire cesser porterait gravement atteinte à un intérêt public ou ferait peser un danger sur la sécurité des personnes ou des biens.
3. Par un jugement en date du 13 juillet 2022, notifié à MM. B et A le 16 août 2022, le tribunal, saisi par Voies Navigables de France (VNF) d'un procès-verbal de contravention de grande voirie, constatant que la péniche " Les anges d'eux ", appartenant à MM. B et. A était stationnée sans droit ni titre au point kilométrique 214.964 du Canal du Midi dans la commune de Cers, l'a enjoint de libérer les lieux sans délai avec une astreinte de 100 euros par jour de retard passé un délai de deux mois après la notification du jugement. Il résulte des éléments d'appréciation soumis du tribunal que le délai qui avaient été imparti à MM. B et A par le jugement susmentionné du 13 juillet 2022 pour quitter l'emplacement qu'ils occupaient avec leur péniche a expiré à la fin du mois de septembre 2022. Or, ce bateau s'est maintenu dans les lieux, a minima jusqu'au 12 juin 2023, date à laquelle un procès-verbal de constat a été dressé par un agent assermenté de VNF. Il y a lieu, en l'espèce, comme l'autorisent les dispositions citées au point 1, de procéder à la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée en faveur de cet établissement, laquelle doit être fixée au taux de 100 euros par jour de retard. Il en résulte que, pour la période du 17 mai 2023 au 12 juin 2023, soit 27 jours, MM. B et A sont condamnés à verser à VNF la somme de 2700 euros.
DECIDE :
Article 1er : M. B et M. A sont condamnés à verser à Voies Navigables de France la somme 2 700 euros.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Voies Navigables de France ainsi qu'à M. C B et M. D A.
Une copie sera adressée au ministère public près la Cour des Comptes en application de l'article R. 921-7 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseure la plus ancienne,
Mme Bayada La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 21 mars 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
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