jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2400563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 janvier 2024, le 16 octobre 2024 et le 25 novembre 2024, Mme C H, représentée par Me Genty, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2023 par lequel le maire de Montpellier a accordé un permis de construire à la société BG Conseil pour la construction d'un immeuble de 21 logements au 74 rue René Grousset, ensemble la décision implicite du rejet du recours gracieux ;
2°) de rejeter les demandes formulées par la société BG Conseil et par la commune de Montpellier ;
3°) de mettre à la charge in solidum de la commune de Montpellier et de la société BG Conseil la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- est entaché d'un vice de procédure tenant à la consultation des services compétents au regard de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme ;
- est entaché de fraude en ce qui concerne la présence de remblais, lesquels auraient par ailleurs dû être déclarés dans le dossier en litige ;
- est illégal en l'absence de permis de démolir ;
- méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qui concerne la gestion des eaux de pluie (1), en ce qui concerne la circulation automobile (2) en ce qui concerne les normes de sécurité incendie (3) et ne s'insère pas aux lieux avoisinants (4) ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le maire de la commune aurait dû surseoir à statuer en raison du plan local d'urbanisme intercommunal en cours d'élaboration et que le permis méconnaît l'article 4 de la future zone UC4-1 ;
- méconnaît les caractéristiques de la zone 2U2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- méconnaît la servitude de mixité sociale fixé à l'article 2 de la zone ;
- méconnaît l'article 3.a du règlement de la zone 2U2 et méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme en ce qui concerne les accès ;
- méconnaît l'article 3.b du règlement de la zone 2U2 et méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme en ce qui concerne la voirie.
Par des mémoires enregistrés le 8 avril 2024 et le 7 novembre 2024, la société BG Conseil, représentée par Me Avallone, conclut :
- à titre principal, au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire, à ce que les procédures des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme soient mises en œuvre pour permettre la régularisation des vices éventuels ;
- en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme H au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 juin 2024 et le 9 novembre 2024, la commune de Montpellier, représentée par la SCP CGCBetAssociés conclut :
- à titre principal, au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire, à ce que l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme soit mis en œuvre le cas échéant ;
- à titre très subsidiaire, à ce que l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme soit mis en œuvre le cas échéant ;
- en tout état de cause, à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme H au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, les moyens ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, un vice éventuel peut être régularisé dans le cadre d'un sursis à statuer ;
- à titre infiniment subsidiaire, un vice éventuel qui ne peut être régularisé peut conduire seulement à une annulation partielle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Genty, représentant Mme H ;
- les observations de Me Alaoui, représentant la commune de Montpellier ;
- et les observations de Me Avallone, représentant la société BG Conseil.
Considérant ce qui suit :
1. La société BG Conseil a déposé le 17 mars 2023 une demande de permis de construire auprès des services de la commune de Montpellier, complétée le 9 juin 2023, pour la construction d'un immeuble d'habitation de 21 logements sur des parcelles situées au 74 rue René Grousset. Par un arrêté du 21 août 2023, le maire de la commune a accordé le permis de construire sollicité. Mme H, voisine immédiate, a exercé un recours gracieux reçu le 5 octobre 2023, lequel n'a pas reçu de réponse. Par sa requête, Mme H demande l'annulation de l'arrêté du 21 août 2023, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par arrêté n°VAR2023-0120 du 4 juillet 2023 publié le 5 juillet 2023, le signataire de la décision attaquée, M. E G, adjoint au maire, a reçu délégation pour signer notamment les permis de construire en remplacement de Mme D A, 3ème adjointe au maire elle-même délégataire de la fonction " Urbanisme opérationnel ", pour la période du 7 au 14 juillet 2023 et du 31 juillet au 3 septembre 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".
4. Il est constant que le dossier de demande de permis de construire initial a été déposé le 17 mars 2023 et que des pièces complémentaires ont été déposées le 9 juin 2023. Si la requérante soutient que les avis recueillis l'ont été avant le dépôt de ces nouvelles pièces et qu'ainsi les services ont été consultés sur la base d'un dossier incomplet, il ressort toutefois des pièces du dossier que les pièces nouvelles sont précisément identifiées dans le dossier de permis de construire et la requérante ne précise pas en quoi ces nouvelles pièces seraient susceptibles de modifier ou d'influer sur les avis précédemment émis. Elle n'apporte ainsi pas les précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien-fondé de son moyen. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que la consultation de l'un des quelconques organismes consultés était obligatoire en application du code de l'urbanisme. En tout état de cause, aucune des nouvelles pièces produites, précisant l'aspect paysager du projet, ajoutant une insertion graphique, un tableau des surfaces et des plans de coupe et de niveaux, n'étaient de nature à modifier le projet sur les aspects examinés par le service départemental d'incendie et de secours, les services de gestion des déchets et d'eau potable de Montpellier Méditerranée Métropole ou encore d'Enedis en ce qui concerne le raccordement du projet au réseau de distribution d'électricité. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En troisième lieu et d'une part, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
6. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
7. D'autre part, le sol naturel se définit comme celui qui existe à la date de l'autorisation de construire avant tous travaux d'adaptation liés à cette autorisation, même si la topographie du terrain a été avant cette date modifiée à la suite de précédents travaux de construction ou de terrassement.
8. Si la requérante indique que le terrain d'assiette a été artificiellement exhaussé lors de la construction de la villa et de la piscine destinée à être détruite, il ressort toutefois des pièces du dossier d'une part que cette villa a été construite au début des années 2000 si bien que ces exhaussements sont sans lien avec le projet de construction en litige, et d'autre part que l'étude de sol (G2) jointe au dossier de permis de construire indique expressément la présence de cette surface de remblai si bien qu'elle n'a nullement été dissimulée au service instructeur. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'indication d'un terrain naturel tel qu'il existait à la date du projet procéderait d'une quelconque manœuvre frauduleuse ou que la pétitionnaire aurait dû inclure dans sa demande de permis de construire la réalisation de ces remblais déjà existants. Par suite, le moyen tiré de la fraude doit être écarté.
9. En quatrième lieu, l'article L. 421-3 du code de l'urbanisme dispose que : " Les démolitions de constructions existantes doivent être précédées de la délivrance d'un permis de démolir lorsque la construction relève d'une protection particulière définie par décret en Conseil d'Etat ou est située dans une commune ou partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instaurer le permis de démolir. ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 421-6 du même code : " Le permis de démolir peut-être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les travaux envisagés sont de nature à compromettre la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti, des quartiers, des monuments et des sites. ". L'article L. 451- 1 du même code dispose que : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition. " Aux termes de l'article R. 421-27 du même code : " Doivent être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction située dans une commune ou une partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instituer le permis de démolir. " Aux termes de l'article R. 431-21 du même code : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : / a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ". L'article A. 424-16 du même code dispose que si le projet prévoit des démolitions, le panneau d'affichage de l'autorisation doit indiquer la surface du ou des bâtiments à démolir.
10. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que lorsqu'un permis de construire autorise un projet qui implique la démolition totale ou partielle d'un bâtiment soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire doit, soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir, soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction. D'autre part, si le permis de construire et le permis de démolir peuvent être accordés par une même décision, au terme d'une instruction commune, ils constituent des actes distincts ayant des effets propres. Eu égard à l'objet et à la portée du permis de démolir, la décision statuant sur la demande de permis de construire ne peut valoir autorisation de démolir que si le dossier de demande mentionne explicitement que le pétitionnaire entend solliciter cette autorisation. Est par elle-même sans incidence la circonstance que les plans joints à la demande de permis de construire montrent que la réalisation de la construction implique la démolition de bâtiments existants.
11. Contrairement à ce que soutient la requérante, le formulaire Cerfa indique expressément que le projet prévoit la démolition d'un bâti existant construit approximativement en 2000 et le dossier de permis de construire comprend un plan de démolition identifiant précisément les ouvrages démolis, et plus particulièrement, la villa, la piscine et un cabanon en fond de parcelle. Par ailleurs, il ne ressort d'aucun texte que l'arrêté accordant le permis de construire devrait expressément faire référence à un permis de démolir dans la configuration de l'espèce d'un permis de construire valant permis de démolir. Par suite, le moyen tiré de ce le permis n'autoriserait pas la démolition de l'existant manque en fait et doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
13. Premièrement, si la requérante soutient que le projet entraînerait la saturation des dispositifs de recueil des eaux de pluie, il ressort toutefois des pièces du dossier que la pétitionnaire a produit une notice hydraulique détaillée calculant la surface imperméabilisée par le projet et celle du terrain avant travaux et a retenu la mesure de rétention selon la formule la plus contraignante, de 93 m3 dont le stockage se réalisera par injections dans des réservoirs alvéolaires à 95% de porosité avant que les eaux de pluie ne soient déversées dans le réseau public existant. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet serait soumis à un risque élevé d'inondation au regard du PPRI Mosson et il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que le terrain d'assiette dans sa configuration actuelle serait un exutoire, artificiel ou naturel, des eaux de pluie du lotissement le surplombant ou des eaux de ruissellement de la rue des Bouisses. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qu'il serait soumis à un risque inondation doit être écarté.
14. Deuxièmement, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige de 21 logements prévoit une entrée et une sortie selon deux voies à sens uniques séparées, l'entrée se réalisant par le Sud-Ouest de la parcelle et la sortie par le Nord-Est du terrain d'assiette. Par ailleurs l'entrée du lotissement prend naissance dans la rue Renée Grousset, laquelle est également à sens unique, si bien que ce nouvel accès sur la voie publique n'engendre aucun croisement. Par ailleurs, la sortie du lotissement sur la rue des Bouisses sur une portion de voie rectiligne offre une vue particulièrement dégagée de tous côtés. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qu'il générerait un risque pour la circulation automobile doit être écarté.
15. Troisièmement, il ressort des pièces du dossier que, par un avis du 4 mai 2023, le service départemental d'incendie et de secours a considéré que le dimensionnement des voies d'accès, jamais inférieur à 3,50 mètres, était suffisant pour l'accès des engins de secours et que la défense extérieure contre l'incendie existante était également suffisante. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qu'il générerait un risque incendie doit être écarté.
16. Quatrièmement, la requérante ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme pour soutenir que le projet porterait atteinte aux lieux avoisinants, dès lors que cette circonstance est étrangère à la sécurité ou à la salubrité publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qu'il porterait atteinte aux lieux avoisinants doit être écarté.
17. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3. () / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
18. Un sursis à statuer ne peut être opposé à une demande de permis de construire, sur le fondement de ces dispositions, postérieurement au débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable, qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
19. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création d'un ensemble immobilier en R+1 pour 21 logements et que le terrain d'assiette se situe en zone UC3-1 du futur plan local d'urbanisme intercommunal. Si la requérante indique que l'emprise bâtie ne peut excéder 25% pour les projets situés en deuxième ligne dans cette future zone du plan local d'urbanisme intercommunal à venir, comme en l'espèce, cette seule contrariété n'est pas de nature à elle-seule à justifier un sursis à statuer. La circonstance que le projet en litige prévoit une emprise au sol de 33%, soit 8% de plus que ce que prévoit le futur plan local d'urbanisme intercommunal en cours d'élaboration, n'est pas de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution de ce futur plan eu égard à la faiblesse de ce dépassement. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à ne pas avoir opposé un sursis à statuer doit être écarté.
20. En septième lieu, le préambule du règlement définit le caractère de la zone 2U2 comme se composant " de quartiers à dominante de logements individuels, situés dans la deuxième couronne de la ville " et fixe parmi les principaux objectifs de " maintenir le caractère d'habitat, principalement individuel ".
21. Contrairement à ce que soutient la requérante, ces dispositions n'impliquent nullement une quelconque interdiction de bâtiments collectifs, et il ressort au contraire des dispositions du règlement de cette zone que les caractéristiques de tels bâtiments sont expressément réglementées, si bien que les auteurs du plan local d'urbanisme ont nécessairement entendu permettre l'implantation d'immeubles collectifs. Par ailleurs, il est constant que l'immeuble en litige ne dispose que d'un seul étage (R+1) et ne diffère guère des autres constructions de la zone, d'autant que le quartier dans lequel le projet s'insère ne présente aucune caractéristique particulière. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet méconnaît les objectifs généraux de la zone 2U2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
22. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée :a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ;b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. () ".
23. Il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire dispose d'un certificat d'urbanisme accordé le 22 décembre 2021 et il est constant que le permis de construire en litige a été accordé dans le délai de 18 mois suivant ce certificat. Or, les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone à la date du 22 décembre 2021, date à prendre en compte dès lors que le dossier de demande de permis de construire a été déposé dans le délai de 18 mois suivant le certificat d'urbanisme, n'imposait l'obligation de prévoir des logements sociaux que pour les projets créant une surface de plancher d'habitations supérieure à 1 200m2. Par suite, le projet en litige, qui développe une surface de plancher de 1 198,26m2 n'était pas astreint à cette servitude de mixité sociale. Par suite, ledit moyen doit être écarté.
24. En neuvième lieu, aux termes de l'article 3a de la zone 2U2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux accès : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée soit directement, soit par l'intermédiaire d'une servitude de passage instituée sur fonds voisins par acte authentique ou par voie judiciaire. Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation. () Les accès doivent présenter au débouché sur la rue et en retrait de l'alignement sur une distance d'au moins cinq mètres une pente n'excédant pas 5% ".
25. Ainsi qu'il a été dit aux points 14 et 15, le projet possède des accès directs aux voies publiques, lesquels ne présentent pas de risque pour la sécurité publique quant à la circulation automobile et permettent l'accès aux véhicules du SDIS. Par ailleurs, les dispositions du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie de l'Hérault n'étant pas directement opposables aux autorisations d'urbanisme, la requérante ne peut utilement se prévaloir de ce que celles-ci auraient été méconnues. Enfin, il ressort des plans de masse que la sortie du projet sur la rue des Bouisses présente un retrait minimal de 6,30 mètres entre le portail et la voie publique et que l'entrée, par la rue René Grousset, emprunte une longue voie à sens unique, le portail d'accès au lotissement étant situé à plusieurs dizaines de mètres de la voie publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3a) du règlement du plan local d'urbanisme de la zone 2U2 doit être écarté, ainsi que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme inopérant en présence d'un plan local d'urbanisme.
26. En dixième lieu, aux termes de l'article 3b de la zone 2U2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la voirie : " () b) Voiries privées : Les voies privées desservant des terrains ouverts à l'urbanisation devront avoir les caractéristiques suivantes : Les voies privées existantes, non ouvertes à la circulation publique devront dans tous les cas, satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage, ordures ménagères. Les voies privées nouvelles, non ouvertes à la circulation publique, ne devront pas avoir une largeur inférieure à 4 mètres. Les voies privées existantes, ouvertes à la circulation publique, ne devront pas avoir une largeur inférieure à 4 mètres pour les voies à sens unique et à 6 mètres pour les voies à double sens de circulation. () ".
27. Il ressort des pièces du dossier que la construction en litige utilise les voies d'accès existantes de la maison individuelle détruite et que ces accès ne servent qu'à desservir la parcelle assiette du projet, à sens unique et fermées par des portails. Dans ces conditions, eu égard à sa configuration, ces allées privées doivent être regardée comme une voie de desserte et non comme une voie ouverte à la circulation générale comme le soutient la requérante. Il ressort ainsi des pièces du dossier que cette voie privée ne devait répondre à aucune largeur minimale en application des dispositions précitées mais permettre seulement la satisfaction minimale des règles de desserte tenant à la défense contre l'incendie, la protection civile, brancardage et des ordures ménagères. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le dimensionnement de cette voie privée, d'une largeur minimum de 3,5 mètres est adapté à ces usages pour desservir le projet litigieux consistant à la construction d'un bâtiment de 21 logements. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3b) du règlement du plan local d'urbanisme de la zone 2U2 doit être écarté, ainsi que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme inopérant en présence d'un plan local d'urbanisme.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la société BG Conseil.
Sur les frais liés au litige :
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Montpellier et la société BG Conseil, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent à Mme H la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge Mme H le versement à la commune de Montpellier et à la société BG Conseil d'une somme de 1 200 euros chacun sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme H est rejetée.
Article 2 : Mme H versera la somme de 1 200 euros à la commune de Montpellier et la somme de 1 200 euros à la société BG Conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme C H, à la commune de Montpellier et à la société BG Conseil.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
Le rapporteur,
N. B
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 6 février 2025,
La greffière,
M. F
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026