vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2400575 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête en tierce opposition, enregistrée le 29 janvier 2024 et rectifiée le 30 janvier 2024, M. E J, Mme L K, M. A Q, M. R M, M. I X, M. Y W, M. et Mme G et U D, M. et Mme V et Z P, M. O N, M. et Mme AA H, M. B F, Mme C S, M ; et Mme V et Christiane Tort représentés par Me Cobourg-Gozé, demandent au tribunal :
1°) de déclarer nul et non avenu le jugement n° 2024889 du 7 février 2023 annulant l'arrêté de la maire de la commune de Péchabou en date du 13 août 2020 refusant le permis de construire n° PC 031 409 20 S0006 portant sur l'édification de deux bâtiments, après démolition de la construction existante, sur la parcelle située 9 route de Rebigue et enjoignant à la maire de Péchabou de délivrer à M. T le permis de construire sollicité dans le délai de deux mois à compter de sa notification.
2°) de mettre à la charge de la partie succombante la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers frais et dépens.
Ils soutiennent que :
- leur demande en tierce opposition, notifiée conformément aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, est recevable dès lors que le jugement n° 2024889 ne leur a jamais été notifié et qu'ils n'ont jamais été appelés à l'instance ;
- ils ont intérêt à agir dès lors que le jugement contesté est infondé et oblige la commune à délivrer un permis de construire alors que des circonstances nouvelles tenant à la procédure de révision du plan local d'urbanisme communal sont intervenues en cours d'instance, de sorte que le tribunal ne pouvait faire usage des articles L. 911-1 du code de justice administrative et L. 600-2 du code de l'urbanisme à la date du jugement ; ils sont propriétaires de biens situés à proximité immédiate ou proches du projet qui va altérer le caractère naturel et arboré des espaces du quartier, la parcelle étant actuellement occupée par un jardin arboré ;
- le projet méconnaît l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme et est contraire, à plusieurs titres, au règlement du lotissement du quartier ;
- il méconnaît les articles UB 12 et UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme ; les fausses informations et l'incomplétude du dossier de la demande de permis de construire en ce qui concerne les arbres présents sur la parcelle révèlent une manœuvre du pétitionnaire afin ne pas avoir à respecter les dispositions du plan local d'urbanisme et du plan de prévention des risques naturels ; l'obtention d'un acte administratif obtenu par fraude est un moyen d'ordre public sur lequel le tribunal doit se prononcer ;
- le tribunal ne pouvait enjoindre à la commune de délivrer le permis de construire dès lors que l'adoption du projet d'aménagement et de développement durable, en son axe n°1, s'y opposait, de sorte que le permis sollicité aurait dû pouvoir faire l'objet d'un sursis à statuer au titre de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement n° 2024889 en date du 7 février 2023.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. Par le jugement n° 2024889 du 7 février 2023, le tribunal administratif de Montpellier, auquel le dossier de la requête enregistré au tribunal administratif de Toulouse a été transmis par le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, a annulé, à la demande de M. T, l'arrêté de la maire de la commune de Péchabou du 13 août 2020 refusant le permis de construire portant sur l'édification de deux bâtiments sur la parcelle sise 9 route de Rebigue, après démolition de la construction existante, et, saisi de conclusions en ce sens, a enjoint à la maire de Péchabou de délivrer à M. T le permis de construire sollicité dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement. En exécution de cette décision, la maire de Péchabou a délivré le permis de construire sollicité par un arrêté du 30 mars 2023. Par la présente requête, M. J et autres forment tierce opposition au jugement n° 2024889.
3. Aux termes de l'article R. 832-1 du code de justice administrative : " Toute personne peut former tierce opposition à une décision juridictionnelle qui préjudicie à ses droits, dès lors que ni elle ni ceux qu'elle représente n'ont été présents ou régulièrement appelés dans l'instance ayant abouti à cette décision ".
4. Pour soutenir que le jugement n° 2024889 préjudicie à leurs droits, les requérants, qui n'étaient pas présents ou appelés dans l'instance ayant abouti à cette décision, se prévalent de leur qualité de voisins immédiats ou proches du projet autorisé, lequel va altérer le caractère naturel et arboré des espaces de leur quartier, la parcelle étant actuellement occupée par un jardin arboré.
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () " et aux termes de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un refus opposé à une demande d'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol ou l'opposition à une déclaration de travaux régies par le présent code a fait l'objet d'une annulation juridictionnelle, la demande d'autorisation ou la déclaration confirmée par l'intéressé ne peut faire l'objet d'un nouveau refus ou être assortie de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme intervenues postérieurement à la date d'intervention de la décision annulée sous réserve que l'annulation soit devenue définitive et que la confirmation de la demande ou de la déclaration soit effectuée dans les six mois suivant la notification de l'annulation au pétitionnaire. ".
6. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation d'urbanisme, y compris une décision de sursis à statuer, ou une opposition à une déclaration, après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou utiliser le sol délivrée au titre de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement ou de l'arrêt ayant annulé le refus ou la décision d'opposition.
7. Dès lors que le permis de construire délivré le 30 mars 2023 peut être contesté par les requérants en leur qualité de tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement n° 2024889, et qu'il ressort d'ailleurs des pièces versées au dossier que les intéressés ont saisi le tribunal administratif de Toulouse d'un recours en annulation de l'autorisation d'urbanisme ainsi délivrée, M. J et autres ne justifient pas d'un droit auquel ce jugement aurait préjudicié. Par suite, leur requête en tierce opposition est manifestement irrecevable et doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête susvisée est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E J, premier dénommé pour l'ensemble des requérants.
Fait à Montpellier, le 2 février 2024.
La présidente de la 6ème chambre,
S. ENCONTRE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Fait à Montpellier, le 2 février 2024
La greffière
L. Rocher lr
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026