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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2401241

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2401241

vendredi 1 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2401241
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 février 2024, M. A B demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de la mesure d'éloignement prise à son encontre par la préfète de Vaucluse le 12 janvier 2024 ;

3°) d'ordonner à la préfète de Vaucluse de réexaminer sa situation et de poursuivre la procédure Dublin ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est placé en centre de rétention administrative depuis le 21 janvier 2024 et peut faire l'objet à tout moment d'une exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre, ayant par ailleurs été informé qu'un vol le concernant à destination de l'Algérie est prévu le 1er mars 2024 ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'asile et à sa liberté d'aller et venir : la preuve de sa demande d'asile en Slovénie constitue un élément nouveau et postérieur à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre ; le préfet ne peut légalement procéder à l'exécution de la mesure d'éloignement alors que les autorités slovènes ne se sont pas encore définitivement prononcées sur sa demande d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né en 1996, qui avait fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français assorti d'une interdiction de retour d'un an prononcé par le préfet des Bouches-du-Rhône le 12 octobre 2021, a fait l'objet, le 12 janvier 2024, d'un nouvel arrêté portant obligation de quitter le territoire français assorti d'une interdiction de retour d'un an prononcé par la préfète de Vaucluse. Par la présente requête, M. B, qui a fait l'objet d'un placement en rétention administrative par arrêté de la préfète de Vaucluse du 21 janvier 2024, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre par la préfète de Vaucluse du 12 janvier 2024.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 de ce code prévoit que le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

4. La contestation des mesures d'éloignement des étrangers en situation irrégulière est entièrement régie par une procédure spéciale qui comporte un recours suspensif devant le tribunal administratif et présente le caractère d'une procédure d'urgence. Il en résulte que le recours à la procédure de référé-liberté à la suite d'une mesure d'éloignement n'est possible qu'à titre exceptionnel, dans le cas où, en raison de circonstances particulières, la saisine du juge des référés serait nécessaire pour qu'il soit mis fin à bref délai à une atteinte grave et immédiate à une liberté fondamentale, en particulier dans le cas où l'exécution de la décision d'éloignement emporterait des effets qui excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B n'a exercé aucun recours contre l'arrêté de la préfète de Vaucluse du 12 janvier 2024 l'obligeant à quitter le territoire français et n'a au demeurant, lors de son audition par les forces de police ou de gendarmerie préalablement à son placement en rétention à compter du 21 janvier 2024, à aucun moment fait état d'une demande d'asile ou de protection déposée auprès des autorités slovènes. Par suite, le requérant ne saurait utilement invoquer l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative précitées, qu'il a lui-même, dans les circonstances de l'espèce, contribué à créer en ne contestant pas, selon la procédure prévue par les dispositions particulières du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur ce point, cet arrêté du 12 janvier 2024 et en ne saisissant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du même code, que 24 heures avant la mise à exécution alléguée de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre. Il s'ensuit que le requérant n'établit pas l'urgence particulière visée aux points 3 et 4.

6. Par suite, les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en ce compris ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

6. Il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par le requérant en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la préfète de Vaucluse.

Fait à Montpellier, le 1er mars 2024.

Le juge des référés,

Jérôme Charvin

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 1er mars 2024

Le greffier,

D. Martinier

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