lundi 18 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401556 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MISSLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Misslin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui indiquer un lieu d'hébergement pour sa famille dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de condamner le préfet de l'Hérault à verser à son conseil la somme de 1 200 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Misslin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ou, à défaut, de condamner le préfet de l'Hérault à lui verser la même somme au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'ami qui l'hébergeait avec ses trois enfants, dont deux mineurs, lui a demandé de partir et que, ne bénéficiant d'aucune solution d'hébergement, sa famille se retrouve à la rue ; malgré ses appels quotidiens au 115 depuis plusieurs mois et ceux d'une assistante sociale et de son conseil, aucun hébergement d'urgence ne lui a été proposé ; deux de ses enfants sont inscrits en module de préparation à la scolarité en France du 5 février 2024 au 5 avril 2024 au collège Port Marianne à Montpellier et sa fille aînée est inscrite à la mission locale de la Croix d'Argent à Montpellier depuis le 18 janvier 2024 ; les conditions de vie actuelles de sa famille ne font qu'aggraver les séquelles de l'accident dont elle a été victime ainsi que l'état de santé de sa fille aînée qui requiert des explorations en milieux spécialisés ;
- la carence de l'Etat à lui proposer un hébergement d'urgence porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à accéder à une structure d'hébergement, en application des dispositions des articles L. 345-2-2 et L. 345-2-3 du code de l'action sociale et des familles, et au droit à la dignité humaine garanti par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de la précarité de la situation de sa famille et de sa vulnérabilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sur le fondement de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Aux termes de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () " et selon l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. ".
4. Sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, Mme A demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de l'Hérault, en application des articles L. 345-2-2 et L. 345-2-3 du code de l'action sociale et des familles, de l'orienter avec ses trois enfants vers une structure d'hébergement d'urgence dans un délai de 24 heures, en faisant état de la précarité et de la vulnérabilité de sa famille qui se retrouve à la rue, l'ami qui l'avait accueillie avec ses trois enfants à son arrivée en France, le 4 janvier 2024, ne souhaitant plus les héberger.
5. Il ressort du relevé d'appels établi par le coordinateur du 115 que Mme A a contacté régulièrement le service de veille sociale à compter du 8 janvier 2024, soit quatre jours seulement après son arrivée en France, et que ses demandes d'hébergement n'ont pu aboutir en l'absence de places disponibles. Si la requérante fait valoir que sa fille majeure, née en 2005, est inscrite à la mission locale de la Croix d'Argent à Montpellier depuis le 18 janvier 2024 et que ses deux fils mineurs, nés en 2010 et 2012, sont inscrits en module de préparation à la scolarité en France du 5 février 2024 au 5 avril 2024 au collège Port Marianne à Montpellier, elle n'apporte toutefois aucune précision sur les raisons qui l'ont conduite à quitter l'Espagne puis à se maintenir sur le territoire français alors qu'elle n'y bénéficiait plus d'un hébergement, plaçant ainsi sa famille dans la situation d'urgence dont elle se prévaut. En outre, les certificats médicaux versés au dossier, concernant son état de santé et celui de sa fille, ne permettent pas d'établir l'existence d'une situation de détresse médicale. Au vu de ces éléments, Mme A ne peut être regardée comme justifiant d'une situation caractérisant une urgence à lui permettre de bénéficier, dans un très bref délai, d'un hébergement en France dans le cadre du dispositif de veille sociale. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête, en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Me Misslin.
Fait à Montpellier, le 18 mars 2024.
La juge des référés,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 mars.
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026