LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2401709

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2401709

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2401709
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantAARPI THEMIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a annulé la décision du 16 février 2024 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Perpignan avait placé M. A... à l'isolement pour trois mois. Le juge a estimé que cette mesure, fondée sur la tentative d'introduction d'une arme factice lors d'un parloir, était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, aucun risque avéré pour la sécurité n'étant établi. La décision s'appuie sur les articles L. 213-8 et R. 213-30 du code pénitentiaire. L'État a été condamné à verser 1 200 euros au conseil du requérant au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 mars 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 28 octobre 2024, M. B... A..., représenté par la SCP Themis avocats et associés, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 16 février 2024 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Perpignan l’a placé à l’isolement du 12 février 2024 au 12 mai 2024 ;

2°) d’enjoindre la mainlevée de son isolement, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d’erreurs de fait et d’une erreur d’appréciation.

Un mémoire, présenté par le ministre de la justice, garde des sceaux, a été enregistré le 28 novembre 2025, postérieurement à la clôture d’instruction.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 9 octobre 2024.

Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marcovici,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

M. A..., écroué au centre pénitentiaire de Perpignan, demande l’annulation de la décision du 16 février 2024 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire l’a placé à l’isolement du 12 février 2024 au 12 mai 2024.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 213-8 du code pénitentiaire : « Toute personne détenue majeure peut être placée par l'autorité administrative, pour une durée maximale de trois mois, à l'isolement par mesure de protection ou de sécurité soit à sa demande, soit d'office. (…) ». Aux termes de l’article R. 213-30 du code pénitentiaire : « Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. (…) ».

M. A... a été placé à l’isolement au motif de la tentative d’introduction d’une arme factice aux parloirs, caractérisée par la présentation du fils du requérant avec cet objet, de type arme de poing, lors d’une visite au parloir. Il ne ressort cependant d’aucune pièce du dossier que le profil pénal du requérant, les incidents disciplinaires ou les propos qu’il aurait pu tenir auraient pu faire craindre une tentative d’évasion ou d’agression du personnel pénitentiaire ou d’autres détenus. M. A... soutient, sans être contredit par l’administration, que ce jouet a été conservé par le personnel pénitentiaire avant l’arrivée de son épouse et de son fils au parloir. Il ne ressort enfin d’aucune pièce du dossier que le requérant aurait été informé de l’introduction de cet objet ou qu’il en aurait été à l’initiative. Par suite, en prenant la décision d’isolement contestée alors que le risque pour la sécurité n’était pas établi, le directeur du centre pénitentiaire a commis une erreur manifeste d’appréciation.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit d’examiner l’autre moyen de la requête, que M. A... est fondé à demander l’annulation de la décision du 16 février 2024 du directeur du centre pénitentiaire de Perpignan.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Il ne résulte pas de l’instruction que M. A... ait été maintenu à l’isolement pour le même motif que celui ayant fondé la décision du 16 février 2024. Par suite, il n’y a pas lieu d’enjoindre la mainlevée de la mesure d’isolement.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser au conseil de M. A... en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation de ce dernier au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


DECIDE :

Article 1er : La décision du 16 février 2024 du directeur du centre pénitentiaire de Perpignan est annulée.

Article 2 : L’Etat versera au conseil de M. A... une somme de 1 200 euros en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation de ce dernier au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le jugement sera notifié à M. B... A..., au garde des sceaux, ministre de la justice et à la SCP Themis avocats et associés.

Délibéré après l’audience du 2 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Charvin, président,
M. Lauranson, premier conseiller,
Mme Marcovici, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2025.

La rapporteure,

Le président,



A. Marcovici

J. Charvin
La greffière,



L. Salsmann

La république mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 décembre 2025.
La greffière,


L. Salsmann

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions