lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2402351 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Bregou, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution d'un arrêté du préfet de l'Hérault du 15 février 2024 la rendant redevable d'une astreinte administrative en matière de lutte contre l'habitat indigne concernant un logement sis 21 rue des anciens métiers à Galargues ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie car la décision attaquée l'expose à devoir payer la somme de 5 400 euros à ce jour alors qu'elle ne peut accéder à son logement du fait de son locataire
- la décision attaquée est illégale du fait de : 1) l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué, 2) la méconnaissance de l'article L. 521-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle ne peut accéder au logement et que celui-ci est vacant et ne peut donc être regardé comme insalubre.
Vu :
- la requête au fond n° 2402193 enregistrée le 15 avril 2024,
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gayrard, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est propriétaire d'un logement sis 21 rue des anciens métiers à Galargues qu'elle a loué à M. M à compter du 1er février 2004. Par arrêté du 3 mai 2023, le préfet de l'Hérault a prescrit diverses mesures de traitement de l'insalubrité constatée dans le rapport de l'agence régionale de santé du 27 janvier 2023 et interdit l'habitation de ce logement puis, par arrêté du 15 février 2024, constatant l'absence d'exécution des prescriptions exigées par son précédent arrêté, le préfet a rendu Mme A redevable d'une astreinte administrative d'un montant de 60 euros par jour de retard à compter de sa notification et plafonné à la somme de 50 000 euros. Mme A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été informée du départ de son locataire depuis mars 2023 mais a néanmoins attendu le 16 octobre 2023 pour saisir le juge judiciaire afin d'être autorisé à pénétrer dans le logement vacant selon arrêté du 15 février 2024, puis le 13 mars 2024 pour faire effectuer la visite des lieux par un artisan accompagné d'un huissier afin de faire réaliser les devis de réalisation des travaux préconisés et semble indiquer devoir attendre une audience devant le juge judiciaire fixée le 16 septembre 2024 au fin de résiliation du bail pour exécuter lesdits travaux. Dans ces conditions, l'attitude attentiste de la requérante participe de l'urgence dont elle se prévaut. En second lieu, si la requérante fait valoir qu'elle a des revenus modestes, sans apporter le moindre justificatif, et qu'elle devrait déjà la somme de 5400 euros à ce jour, il n'est pas établi que le préfet de l'Hérault aurait mis en liquidation l'astreinte dûe. Il découle de ce qui précède que la requérante ne justifie aucunement de l'existence d'une atteinte à la fois grave et immédiate à sa situation personnelle du fait de la décision litigieuse.
4. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'urgence, sans qu'il soit besoin d'examiner le bien-fondé de la requête, il y a lieu de rejeter, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Montpellier, le 29 avril 2024.
Le juge des référés,La greffière,
J-P. Gayrard B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévoyance, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 29 avril 2024,
La greffière,
B. Flaesch
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