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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402573

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402573

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402573
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBONOMO FAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 mai 2024, M. C B, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Sète, demande au tribunal :

1°) qu'il soit admis à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 janvier 2023 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Me xx au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'admission à l'aide juridictionnelle totale.

Il soutient que :

- La décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;

- Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- Elle méconnaît les stipulations de l'art. 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire, enregistré le 6 mai 2024, le préfet des Bouches du Rhône fait valoir qu'il a seulement édicté la décision du 2 mai 2024 portant placement de M. B en centre de rétention administrative et conclut à son incompétence, dès lors que l'arrêté attaquée a été édicté par le préfet de Police de Paris.

Le président du tribunal a désigné Mme A dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les magistrats désignés par le président de tribunal administratif peuvent rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser.

2.Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. (). ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " II. Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. (). ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige du 29 janvier 2023, par lequel le préfet de police a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans lui octroyer de délai de départ volontaire lui a été notifié le 30 janvier 2023 par voie administrative. Or, les pièces du dossier ne font pas apparaitre la mention des voies et délais de recours applicable sur la décision attaquée. Toutefois, la présente requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 4 mai 2024, soit après l'expiration du délai raisonnable d'un an applicable en l'espèce, M. B ne se prévalant d'aucune circonstance particulière. Par suite, la requête de M. B est manifestement irrecevable et doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Fait à Montpellier, le 7 mai 2024

La magistrate désignée,

I. A

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 7 mai 2024

La greffière

C. Touzet

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