LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402789

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402789

jeudi 20 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402789
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS MAZAS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a annulé la décision du 9 février 2024 par laquelle le préfet de l’Hérault avait refusé la demande de regroupement familial de Mme D... pour ses deux nièces et son fils. Le tribunal a considéré que le préfet avait commis une erreur d’appréciation en opposant un refus, notamment au regard de l’intérêt supérieur des enfants protégé par l’article 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, compte tenu de la tutelle exercée sur les nièces, de leur scolarisation en France et des risques d’excision encourus en Guinée. S’agissant du fils, né aux États-Unis, le tribunal a jugé que sa nationalité américaine ne rendait pas la demande de regroupement familial sans objet, en raison des conséquences sur les droits sociaux. La décision a été annulée sur le fondement des articles L. 434-4 et L. 434-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que des stipulations de la Convention européenne des droits de l’homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 mai 2024 et le 22 mai 2025, Mme B... D..., représentée par Me Mazas, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler la décision du 9 février 2024 par laquelle le préfet de l’Hérault a refusé sa demande de regroupement familial pour ses deux nièces et son fils, ou subsidiairement de l’annuler uniquement en tant qu’elle concerne son fils ;

2°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault de lui accorder le bénéfice du regroupement familial pour ses deux nièces et son fils, ou subsidiairement en ce qui concerne son fils ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que la décision :
est insuffisamment motivée ;
méconnaît l’article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
méconnaît l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le préfet de l’Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
la convention internationale relative aux droits de l’enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. G... ;
- les observations de Me Mazas, représentant Mme D....


Considérant ce qui suit :

Mme D..., née le 14 novembre 1992 et de nationalité guinéenne, a sollicité le 4 janvier 2024 une demande de regroupement familial au bénéfice de ses deux nièces et de son fils. Par une décision du 9 février 2024, le préfet de l’Hérault a rejeté sa demande. Par sa requête, Mme D... demande l’annulation de cette décision du 9 février 2024.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 434-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l’un ou l’autre, au titre de l’exercice de l’autorité parentale, en vertu d’une décision d’une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l’autorisation de l’autre parent de laisser le mineur venir en France ». Aux termes de l’article L. 434-5 du même code : « L’enfant pouvant bénéficier du regroupement familial est l’enfant ayant une filiation légalement établie, y compris l’enfant adopté, en vertu d’une décision d’adoption, sous réserve de la vérification par le ministère public de la régularité de cette décision lorsqu’elle a été prononcée à l’étranger ».

Si ces dispositions prévoient que l’enfant pouvant bénéficier du regroupement familial est l’enfant légitime ou naturel ayant une filiation légalement établie ainsi que l’enfant adopté, il appartient à l’autorité administrative de s’assurer, sous le contrôle du juge de l’excès de pouvoir, qu’une décision refusant le bénéfice du regroupement familial demandé pour un enfant n’appartenant pas à l’une des catégories ainsi mentionnées ne porte pas une atteinte excessive aux droits des intéressés au respect de leur vie privée et familiale et ne méconnaît pas les stipulations de l’article 3-1 de la convention relative aux droits de l’enfant du 26 janvier 1990 selon lesquelles « dans toutes les décisions qui concernent les enfants (…) l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».

Il ressort des pièces du dossier que Mme D... s’occupe de l’entretien et de l’éducation de ses deux nièces, A... née le 13 décembre 2007 et C... née le 20 février 2018, depuis l’année 2019, à la suite du décès de leur mère et qu’elle dispose de deux jugements des 3 et 8 septembre 2021 par lesquels le tribunal de première instance de Kaloum lui a confié la tutelle. S’il est vrai que ce jugement ne présente pas le caractère d’une adoption, cette circonstance ne saurait faire obstacle à elle seule à ce que le regroupement familial puisse être accordé à Mme D.... Par ailleurs, il est constant qu’Aicha est scolarisée depuis septembre 2019 en classe de 5e et que C... a débuté sa scolarité en 2021. Ensuite, Mme D... soutient, sans contredit du préfet de l’Hérault, qu’Aïcha et C..., sont exposées à un risque d’excision dans leur pays d’origine. Enfin, s’agissant du fils de Mme D..., il ressort des pièces du dossier que ce troisième fils, F... E..., est né sur le territoire des Etats-Unis le 6 mai 2020 alors que l’intéressée s’y est retrouvée bloquée en raison de l’épisode de Covid 19 après s’y être rendue pour assister à des obsèques d’un membre de la famille. Si ce dernier a acquis la nationalité américaine, disposant à ce titre d’une dispense de visa lui ayant permis de rentrer sur le territoire français dès la levée des restrictions de voyage, et qu’il dispose d’un document de circulation pour étranger mineur, cette circonstance ne saurait rendre sans objet la demande de regroupement familial de Mme D... comme l’a opposé le préfet de l’Hérault compte tenu des effets d’une telle décision en particulier sur les droits aux prestations sociales. Dans ces conditions particulières, le moyen tiré de ce que la décision en litige porte atteinte aux intérêts supérieurs des nièces et du fils de Mme D... protégés par l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être accueilli.

Il résulte de ce qui précède que la décision du 9 février 2024 par laquelle le préfet de l’Hérault a refusé la demande de regroupement familial de Mme D... déposée au profit de ses deux nièces et de son troisième fils doit être annulée, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Eu égard au motif d’annulation retenu, l’exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet de l’Hérault accorde à Mme D... le bénéfice du regroupement familial sollicité au profit de ses deux nièces, A... et C... et de son troisième fils, F... E.... Il y a lieu de lui enjoindre d’y procéder dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu dans les circonstances de l’espèce de mettre à la charge de l’Etat le versement à Mme D... d’une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 9 février 2024 par laquelle le préfet de l’Hérault a refusé la demande de regroupement familial de Mme D... déposée au profit de ses deux nièces, A... et C... et de son troisième fils, F... E..., est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de l’Hérault d’accorder à Mme D... le bénéfice du regroupement familial au profit de ses deux nièces, A... et C... et de son troisième fils, F... E..., dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme D... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme B... D... et au préfet de l’Hérault.


Délibéré après l'audience du 6 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2025.


Le rapporteur,

N. G...

La présidente,
F. Corneloup


La greffière,


A. Junon


La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier le 20 novembre 2025,

La greffière,


A. Junon

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions