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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402918

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402918

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402918
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantFORUM REFUGIES - CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE PERPIGNAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 mai 2024 et le 18 juin 2024, M. B E, représenté par M. H, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 mai 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale - membre de famille de bénéficiaire de protection subsidiaire " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir, ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

* la décision portant refus de titre de séjour :

- est entachée d'un défaut de compétence de son signataire ;

- est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 412-5 de ce code ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

*la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public.

*la décision refusant un délai de départ volontaire :

- méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

*la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

- est insuffisamment motivée en ce qu'elle n'a pas examiné chacun des quatre critères énoncés par l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

*la décision fixant le pays de destination :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il risque de subir personnellement des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Russie ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par la SCP Vial Pech de Laclause Escale Knoepffler Huot Piret Joubes, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2024.

Vu :

- le jugement n° 2402753 du 17 mai 2024 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Montpellier a statué sur les conclusions dirigées contre l'ensemble des décisions attaquées, à l'exception de la décision de refus d'admission au séjour dont elle a renvoyé l'examen à la formation collégiale.

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me H, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant russe né le 26 octobre 1984, demande l'annulation de l'arrêté du 13 mai 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de membre de famille d'un bénéficiaire d'une protection internationale, l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur l'étendue du litige :

2. Sur le fondement des dispositions de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative alors applicable, le magistrat désigné par le président du tribunal a, par son jugement visé ci-dessus du 17 mai 2024, statué sur la légalité des décisions du 13 mai 2024 par lesquelles le préfet des Pyrénées-Orientales a obligé M. E à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Ainsi, il revient au tribunal statuant en formation collégiale de statuer sur les seules conclusions de la requête dirigées contre la décision portant refus de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, l'arrêté contesté est signé, pour le préfet des Pyrénées-Orientales, par Mme F C, cheffe de la section asile-éloignement-contentieux. Par un arrêté du 23 avril 2014, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet des Pyrénées-Orientales a accordé à M. G D, directeur de la citoyenneté et de la migration, une délégation à l'effet de signer " la mise en œuvre des mesures concernant les étrangers en situation irrégulière : éloignement () ", l'article 2 de cet arrêté prévoyant qu'en cas d'absence ou d'empêchement de l'intéressé, cette délégation peut être exercée par la cheffe du bureau et de la migration, Mme F C. Par suite, et dès lors qu'il n'est ni établi, ni même allégué que le directeur n'aurait pas été empêché, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant refus de séjour, et précise la situation administrative et le parcours du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de l'arrêté attaqué et le moyen du défaut d'examen particulier doivent être écartés.

5. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article L. 424-11 du même code : " Une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "membre de la famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire", identique à la carte prévue à l'article L. 424-9 délivrée à l'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire, est délivrée à : / () 4° Ses parents si l'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection est un mineur non marié ". Aux termes de l'article L. 432-1 de ce code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. E a épousé en Russie le 16 novembre 2002 une compatriote et avec laquelle il a eu trois enfants nés en Russie en 2005, 2007 et 2009. Le couple déclare être entré sur le territoire français le 19 septembre 2011 pour y solliciter l'asile, alors accompagné de leurs trois enfants mineurs, le quatrième étant né à Perpignan en 2020. Par une décision du 19 juin 2019, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a accordé à l'épouse de M. E le bénéfice de la protection subsidiaire, ainsi qu'à ses enfants mineurs. Elle est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 18 août 2025. Depuis son arrivée sur le territoire français, M. E a été écroué au centre pénitentiaire de Perpignan le 18 décembre 2013 et placé en détention provisoire jusqu'au jugement du tribunal correctionnel de Perpignan du 29 janvier 2014 prononçant une peine de 4 ans d'emprisonnement pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à 8 jours. M. E a ensuite fait l'objet d'une nouvelle condamnation le 8 octobre 2018 par le tribunal correctionnel de Perpignan à une peine de 3 mois d'emprisonnement pour des faits de vol en réunion, pour lequel il a été écroué le 13 octobre 2022. Par ailleurs, l'interrogation du fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) fait apparaître que M. E a été interpellé à trois reprises en 2011 pour des faits de vols en réunion, en 2013 pour des faits de violences avec arme, en janvier 2018 pour des faits de vol aggravé, en avril 2023 pour des faits de soustraction à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français, et a deux reprises en 2023 d'abord pour conduite sans permis, puis pour conduite sans permis en faisant usage d'un faux permis de conduire. Il en résulte que le comportement de M. E constitue une menace à l'ordre public. Dès lors, alors que les pièces produites par M. E ne permettent d'établir qu'une présence très ponctuelle sur le territoire français depuis l'entrée déclarée en 2011, et qu'il ne justifie d'aucune intégration sociale et professionnelle, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée. Le préfet n'a dès lors méconnu pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article L. 423-23 et l'article L. 424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ".

9. Eu égard à ce qui a été dit au point précédent quant à la menace à l'ordre public que représente M. E, le moyen tiré de ce que le préfet des Pyrénées-Orientales aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " () sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

11. Eu égard à ce qui a été dit au point 7, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent des enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale ".

13. Il résulte des stipulations précitées que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant, il lui appartient de tenir compte d'autres considérations, tenant notamment à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales. En l'espèce, compte tenu à ce qui a été précédemment exposé et dès lors que les enfants de M. E peuvent continuer à résider en France auprès de leur mère, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de séjour aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant n'est pas fondé et doit être écarté.

14. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative :1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ;2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424- 3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ;3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ;4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ;5° Lorsqu'elle envisage de refuser le renouvellement ou de retirer une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident dans le cas prévu à l'article L. 412-10. ".

15. Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues notamment à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auxquels il envisage néanmoins de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent. Il résulte de ce qui a été dit que M. E ne remplit pas les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement de cet article et qu'il ne justifie pas d'une présence de plus de dix ans. Par suite, le préfet des Pyrénées-Orientales n'était pas tenu de soumettre sa situation à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande de titre de séjour.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête portant sur la décision refusant un titre de séjour doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de séjour du 13 mai 2024 par le préfet des Pyrénées-Orientales, les conclusions à fin d'injonction et celles au titre des frais liés au litige sont rejetées.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B E et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

N. A

La présidente,

F. Corneloup

La greffière,

A. Junon

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 26 septembre 2024.

La greffière,

A. Junon

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