jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2403252 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AVOCATS VERBATEAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 juin 2024 et le 27 août 2024, la SCI La Fontaine de l'Amour, représentée par Me Pons, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a retiré le permis de construire tacite né le 4 février 2023 et a refusé de délivrer le permis de construire sollicité ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un certificat de permis tacite dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté méconnaît l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme en ce qu'il intervient plus de trois mois après la naissance d'un permis de construire tacite et qu'il n'existe pas de fraude.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Remy, représentant la SCI La Fontaine de l'Amour ;
- et les observations de M. A, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI " La Fontaine de l'Amour " a acquis, le 7 juillet 2004, un ensemble immobilier sur le territoire de la commune de Soumont et entrepris la création notamment de logements. Par un arrêt du 18 février 2010, devenu définitif à la suite du rejet par la Cour de cassation le 11 janvier 2011 du pourvoi formé à son encontre, la cour d'appel de Montpellier a relevé que les travaux ainsi réalisés avaient eu pour effet de changer la destination d'un bâtiment à usage essentiellement commercial en immeuble d'habitation sans obtention préalable d'un permis de construire. Le 10 février 2012, la SCI " La Fontaine de l'Amour " a déposé une déclaration préalable en vue de régulariser les travaux irrégulièrement réalisés. Par un arrêté du 28 février 2014, le préfet de l'Hérault a retiré la déclaration préalable obtenue tacitement, par fraude. Par un arrêt du 7 décembre 2018 n°407847, le Conseil d'Etat a annulé le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 13 février 2015 et l'arrêt du 8 décembre 2016 de la cour administrative d'appel de Marseille qui avaient annulé l'arrêté du 28 février 2014 du préfet de l'Hérault et a jugé que la décision tacite de non-opposition dont la SCI " La Fontaine de l'Amour " est devenue titulaire le 10 mars 2012 doit être regardée comme ayant été obtenue par fraude. La SCI La Fontaine de l'Amour a déposé un permis de construire le 14 octobre 2022 pour la régularisation des travaux réalisés dans ce même immeuble. S'estimant titulaire d'un permis de construire tacite obtenu le 4 février 2023, elle a sollicité par un courrier du 4 mai 2023, reçu le 9 suivant, un certificat attestant de l'obtention d'un permis tacite. Par un jugement n°2304103 du 23 mai 2024, le tribunal a rejeté la requête de la SCI La Fontaine de l'Amour qui demandait l'annulation de la décision implicite rejetant cette demande de certificat tacite. Par un arrêté du 15 décembre 2023, notifié le 23 décembre 2023, le préfet de l'Hérault a retiré le permis de construire tacite né le 4 février 2023 et a refusé d'accorder le permis de construire sollicité. Par sa requête, la SCI La Fontaine de l'Amour demande l'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2023 ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux exercé reçu le 12 février 2024.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ".
3. D'autre part, un permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire n'a pas à vérifier l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que les immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande, de nature à affecter la légalité de celui-ci. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
4. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire déposé le 14 octobre 2022 a pour objet de procéder à la régularisation de travaux réalisés sur un bâtiment existant. Or, ainsi qu'il a été dit au point 1, il a été jugé par une décision définitive du 18 février 2010 de la Cour d'appel de Montpellier que ces travaux avaient pour objet de changer la destination de ce bâtiment à usage commercial pour y créer 21 logements sans obtention préalable d'un permis de construire. Malgré cette décision définitive qui enjoignait également à la remise en état des lieux, il ressort des pièces du dossier que la SCI requérante a indiqué dans le formulaire Cerfa que les travaux consistaient à créer 1 541 mètres carrés de surface de plancher au lieu de renseigner le champ " surface créée par changement de destination ". Par ailleurs, au courrier du service instructeur daté du 24 octobre 2022 demandant de préciser la destination du bâtiment avant travaux, la SCI a répondu par un courrier du 26 octobre 2022, reçu le 4 novembre 2022, que le bâtiment était à usage d'habitation pour une surface initiale de 2 041m2, ce que le pétitionnaire savait nécessairement faux. Au demeurant, si la SCI a modifié le formulaire Cerfa en ajoutant cette surface dans le champ " surface existante avant travaux ", elle n'a pas modifié le champ des 1 541 mètres objet de la demande si bien que le formulaire comprend en lui-même une contradiction en ce qui concerne la surface totale après travaux. La SCI requérante a ainsi sciemment déclaré une destination initiale qui n'était pas conforme à la réalité, c'est-à-dire celle existante avant les travaux entrepris par la SCI sans autorisation, dans l'unique but d'échapper à l'interdiction prescrite par le plan de prévention des risques inondations de la commune qui ne permet pas la création de logement en zone rouge, comme en l'espèce. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault était fondé à procéder à tout moment au retrait du permis tacite obtenu le 4 février 2023 eu égard à la fraude entachant la demande de permis de construire, ainsi qu'il l'a fait par un arrêté du 15 décembre 2023, portant par ailleurs refus de permis de construire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI La Fontaine de l'Amour est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SCI La Fontaine de l'Amour, au préfet de l'Hérault et à la commune de Soumont.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
Le rapporteur,
N. B
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 6 février 2025,
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026