vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2403320 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CASTAGNINO |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 12 juin, 12 juillet et 23 août 2024, Mme B A, représentée par Me Castagnino, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2024 du préfet de l'Hérault qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français, fixe le délai départ, le pays de renvoi et une interdiction de retour de trois mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa demande, dans un délai de 15 jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat à verser à son avocat une somme de 2000 euros au titre de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ou de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire de l'arrêté est incompétent ;
- le refus de séjour est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de la demande ;
- sa mère ayant une pathologie lourde, insuffisance cardiaque et diabète, nécessitant sa présence quotidienne auprès d'elle, le refus de séjour et l' obligation de quitter le territoire méconnaissent l' article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ces décisions, comme son renvoi au Maroc, méconnaissent l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l' interdiction de retour est entachée d'erreur de fait, sur l'absence de lien familial en France, et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle excipe de l' illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire.
Par mémoire, enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet du recours et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l' accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La requérante a demandé l'aide juridictionnelle
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté et les observations de Me Castagnino pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridique provisoire :
1. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, par application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre Mme A au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande d'annulation :
2. Mme. A, ressortissante marocaine née le 13 mars 1975, demande d'annuler l'arrêté du 16 mai 2024 du préfet de l'Hérault qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et fixe le pays de renvoi, et une interdiction de retour de trois mois.
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions :
3. Le signataire de l'arrêté, M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture, disposait d'une délégation de signature du préfet, par arrêté préfectoral du 9 octobre 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, et accessible au juge et aux parties. Par suite, le moyen tiré de son incompétence sera écarté.
En ce qui concerne le refus de séjour :
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et de l'examen de l'arrêté attaqué, que le refus de séjour soit entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de l'intéressée et de sa mère.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. Mme A, dont l'époux, les trois enfants et les quatre frères résident au Maroc, qu'elle n'a quitté que le 12 mai 2023, invoque l'état de santé de sa mère vivant en France, et qui nécessiterait sa présence quotidienne auprès d'elle. Si les pièces médicales produites confirment que la mère de l'intéressée, née le 20 juillet 1952, souffre d'insuffisance cardiaque, de fibrillation atriale et de diabète déséquilibré pour lesquels elle a été hospitalisée, et qu'elle n'est pas autonome pour les actes de la vie courante, il n'est pas démontré, comme l'indique le préfet, qu'elle ne puisse être assistée par une autre personne que sa fille. Par suite, le refus de séjour n'a pas méconnu les articles cités au point précédent.
7. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Il appartient à l'autorité administrative, en application de ces dispositions, de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels.
8. Pour les motifs exposés au point 6, le refus de séjour n'a pas méconnu les articles cités au point précédent et n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation de la situation des intéressées.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
9. Cette décision énonce les considérations de fait qui la fondent. Dès lors, le moyen tiré de son insuffisante motivation en fait doit être écarté.
10. Pour les motifs exposés aux points 6 et 8, les moyens tirés de la violation, par l'obligation de quitter le territoire vers le Maroc, des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant ces décisions, doivent être écartés.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
11. Il résulte des points qui précèdent que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire dont elle a fait l'objet.
12. En vertu de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
13. Eu égard aux constats opérés aux points précédents, l'interdiction de retour sur le territoire, fixée à trois mois, n'est pas disproportionnée, et n'est pas entachée d'erreur sur l'absence de lien familial en France.
14. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige doivent aussi être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : Mme A est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions du recours est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Castagnino et au préfet de l'Hérault
Délibéré à l'issue de l'audience du 30 aout 2024 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
M. Lafay, premier conseiller,
Mme Pastor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
Le rapporteur,
V. RabatéL'assesseur le plus ancien,
L.N. Lafay
La greffière,
E. Tournier
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 septembre 2024.
La greffière,
E. Tournier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026