jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2403375 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FERRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 juin et 19 juillet 2024, Mme B A, épouse C, représentée par Me Ferrier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour en qualité de " conjointe de français " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ou à titre subsidiaire, d'enjoindre le préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- il méconnaît l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il remplit toutes les conditions ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à ses attaches sur le territoire français.
Par un mémoire, enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Souteyrand a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A épouse C, ressortissante moldave, née le 22 janvier 1973 déclare être entrée sur le territoire français, le 23 juin 2022 munie d'un passeport moldave. Elle a sollicité, le 24 septembre 2023, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjointe de français. Par un arrêté du 20 décembre 2023 dont elle demande l'annulation, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre sollicité et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Pour l'application des stipulations et dispositions précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
4. Mme A a épousé à Montpellier, le 23 août 2022, un ressortissant français, M. C, dont elle avait fait connaissance en 2019 et qui est désormais atteint d'une maladie incurable. Alors qu'il ressort des pièces du dossier, notamment des attestations des proches de M. C que la vie commune du couple est établie depuis lors, en refusant d'admettre Mme A au titre de sa vie privée et familiale, le préfet de l'Hérault a méconnu les stipulations précitées et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 20 décembre 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Cette annulation implique, par voie de conséquence, que le préfet de l'Hérault admette Mme A au séjour en France au titre de sa vie privée et familiale, dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la notification de la présente décision du Tribunal.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Hérault du 20 décembre 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à Mme B A, épouse C, un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B A épouse C, au préfet de l'Hérault et à Me Ferrier.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseur le plus ancien,
Mme Bayada La greffière,
A. Farell
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 19 septembre 2024
La greffière,
A. Farell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026