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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2403454

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2403454

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2403454
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantLEMOUDAA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024 et complétée le 10 juillet suivant, M. B C, représenté par Me Lemoudaa, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de sa situation en lui délivrant un récépissé sous 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, dans l'attente de la délivrance d'un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet s'est fondé sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il aurait dû faire application de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien au titre duquel il peut prétendre à un certificat de résidence de plein droit ;

- l'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 25 juillet 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête comme non fondée.

Par une décision du 6 mai 2024, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 19 décembre 2004, est entré sur le territoire français le 12 octobre 2018, accompagné de sa mère et de ses frères et sœurs, sous couvert d'un visa de court séjour valable du 18 septembre 2018 au 23 octobre 2018. Le 3 octobre 2023, il a sollicité un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par arrêté du 25 janvier 2024, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre sollicité et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.

2. Il ressort des pièces du dossier que le préfet s'est livré à un examen approfondi de la situation du requérant, en rappelant les conditions de son entrée et de son séjour en France, en examinant son droit au séjour au titre de sa vie privée et familiale et en qualité d'étudiant, au regard des stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et notamment de l'article 6-5 de cet accord. Par suite, les moyens tirés des erreurs de droit dont serait entaché l'arrêté attaqué en ce que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. C et en ce qu'il n'aurait pas apprécié sa situation au regard des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ne peuvent qu'être écartés.

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui () ". Aux termes de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".

4. M. C fait valoir qu'il réside en France depuis 2018 avec sa mère et les membres de sa fratrie et qu'il est scolarisé en classe de terminale en vue de l'obtention du baccalauréat professionnel. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant est célibataire et sans charge de famille, que sa mère, qui a également fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire le 25 janvier 2024, réside, ainsi que ses enfants, irrégulièrement sur le territoire français et que M. C ne serait pas isolé dans son pays d'origine où réside son père et où il peut poursuivre sa vie privée et familiale avec l'ensemble des membres de sa famille. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de M. C ne peuvent qu'être écartés.

5. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué du 25 janvier 2024 du préfet de l'Hérault doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de l'Hérault et à Me Lemoudaa.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sabine Encontre, présidente,

M. Didierlaurent, conseiller,

Mme Marcovici, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024

La présidente-rapporteure,

S. AL'assesseur le plus ancien,

M. DidierlaurentLa greffière,

C. Arce

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 24 septembre 2024

La greffière,

C. Arce0dl

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