vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2403598 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | MISSLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, Mme A C, représentée par Me Misslin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui proposer un logement de type T4 répondant à ses besoins et capacités, dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Misslin, son avocate, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle ou, à défaut, de mettre à la charge de l'Etat la même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- elle a dû refuser l'offre de logement qui lui a été faite à la suite à la décision de la commission de médiation du 5 septembre 2023 car le montant du loyer n'était pas adapté à sa situation financière et le logement n'était pas dans un état sanitaire satisfaisant, eu égard aux problèmes de santé de son fils, et se situait dans un quartier trop éloigné et pas assez sûr ;
- la carence du préfet lui cause un préjudice rendant urgente l'attribution d'un logement.
Par un mémoire enregistré le 18 juillet 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requérante a refusé un premier logement situé à Ganges eu égard à son éloignement, ce motif ayant été jugé légitime ;
- les motifs du refus opposé le 2 janvier 2024 à la nouvelle proposition qui lui a été faite pour un appartement de type T4 à Montpellier ne sont pas légitimes ;
- la demande de la requérante a donc perdu son caractère prioritaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Misslin, représentant Mme C, et de Mme D, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à Mme C le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 modifié du code de la construction et de l'habitation : " I. - Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () Le président du tribunal administratif (), lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte () ". Aux termes de l'article R. 441-16-2 du même code : " La commission de médiation, lorsqu'elle détermine en application du II de l'article L.441-2-3 les caractéristiques du logement devant être attribué en urgence à toute personne reconnue prioritaire, puis le préfet, lorsqu'il définit le périmètre au sein duquel ce logement doit être situé et fixe le délai dans lequel le bailleur auquel le demandeur a été désigné est tenu de le loger dans un logement tenant compte de ses besoins et capacités, apprécient ces derniers en fonction de la taille et de la composition du foyer (), de l'état de santé, des aptitudes physiques ou des handicaps des personnes qui vivront au foyer, de la localisation des lieux de travail ou d'activité et de la disponibilité des moyens de transport, de la proximité des équipements et services nécessaires à ces personnes. Ils peuvent également tenir compte de tout autre élément pertinent propre à la situation personnelle du demandeur ou des personnes composant le foyer () ".
3. En application de ces dispositions, l'obligation faite au préfet de loger les personnes reconnues prioritaires par la commission de médiation départementale, implique seulement que cette autorité propose une offre de logement correspondant aux besoins et capacités du demandeur, conformément aux préconisations de la commission. Pour l'appréciation de l'adéquation de l'offre à ses besoins et capacités, l'intéressé ne saurait utilement se prévaloir, hors les cas où il établirait une atteinte personnelle, grave et précise à son intégrité physique ou celle de sa famille, de pures convenances personnelles.
4. Par une décision du 5 septembre 2023, la commission de médiation de l'Hérault a désigné Mme C, vivant seule avec deux enfants mineurs à charge, comme prioritaire et devant être logée d'urgence dans un logement de type T4 répondant à ses besoins et capacités.
5. A la suite de cette décision, une proposition de logement a été adressée à Mme C, le 28 décembre 2023, pour un logement de type T4 d'une superficie de 90 m², au cinquième étage d'un immeuble situé allées du Larzac à Montpellier, pour un loyer mensuel de 661,20 euros. L'intéressée a refusé cette offre le 2 janvier 2024 en invoquant le montant trop élevé du loyer, l'état de vétusté de l'appartement, incompatible avec l'état de santé de son fils, et la localisation du logement dans un quartier peu sûr et trop éloigné de son lieu de travail et des écoles de ses enfants. Mme C fait en outre valoir que ses ressources ne lui permettant pas de prétendre à l'obtention d'un T4, elle modifie sa demande en faveur d'un logement plus petit de type T3.
6. Il résulte toutefois de l'instruction que la typologie de ce logement répondait aux caractéristiques déterminées par la commission de médiation dans sa décision du 5 septembre 2023. Si Mme C soutient que le montant du loyer excèderait sa capacité financière, il n'est cependant pas contesté que son montant résiduel, déduction faite des aides au logement, s'élèverait à une somme d'environ 190 euros, soit un taux d'effort inférieur à 10% au regard des ressources déclarées par l'intéressée pour le mois de novembre 2023 et de 11% sur la base des ressources déclarées pour mai 2024. La circonstance que le logement proposé serait situé dans un quartier éloigné de son lieu de travail et des établissements dans lesquels sont scolarisés ses enfants, alors qu'il se situe dans la même commune de Montpellier desservie par un réseau de transports publics gratuits pour les habitants de la métropole montpelliéraine, ne saurait justifier le refus opposé par la requérante, ses enfants pouvant au demeurant être scolarisés dans les établissements du quartier dans lequel se trouve le logement. Les attestations médicales qu'elle verse à l'instance, si elles sont de nature à démontrer que son fils souffre de lourds antécédents allergiques au phadiatopes et présente un risque de bronchospasme pouvant évoluer vers un asthme aigu grave, ne suffisent pas à démontrer que le prétendu état de vétusté du logement proposé serait incompatible avec l'état de santé de l'enfant. Ces motifs de refus de l'offre de logement présentée à Mme C ne peuvent donc être regardés que comme relevant de pures convenances personnelles. Si la requérante se prévaut enfin de l'insécurité notoire du quartier, il ne résulte d'aucune des pièces produites que la localisation du logement qui lui a été proposé serait de nature à entraîner pour elle-même ou pour ses enfants un risque réel, grave et habituel d'insécurité. Dès lors, en l'absence de circonstances particulières liées à la situation personnelle de Mme C, le motif de refus tiré de son sentiment d'insécurité, au regard non pas des caractéristiques du logement proposé mais du quartier dans lequel il est situé, doit également être regardé comme étant de pure convenance personnelle. Il résulte en outre de l'instruction qu'elle a été informée de manière complète par le bailleur social que l'offre lui était faite au titre du droit au logement opposable et qu'un refus de sa part était susceptible de lui faire perdre le bénéfice de la décision de la commission. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault, qui justifie avoir offert à Mme C un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, au regard des critères définis à l'article R. 441-16-2 précité, est fondé à soutenir qu'il est délié de son obligation de relogement.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante en la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié Mme A C, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, et à Me Misslin.
Copie sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.
Le président,
D. BLa greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 août 2024,
La greffière,
L. Rocher
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026