vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | IBINGA LÉONIE |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 18 juillet et 21 aout 2024, Mme B, représentée par Me Ibinga, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 du préfet de l'Hérault qui refuse de renouveler son titre de séjour " étudiant ", l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et fixe le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour " étudiant " et une autorisation provisoire de séjour, dans des délais de deux mois et 15 jours ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des articles L761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- L'arrêté émane d'un signataire incompétent ;
- Le refus de séjour est insuffisamment motivé ;
- Le refus de séjour est entaché d'erreur d'appréciation au regard de l'article L422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, vu sa dépression, et sa réussite en master 1 manager en développement durable ;
- Il est entaché d'erreur de droit, elle n'a pas suivi de cours en distanciel au groupe GEMA ;
- L'obligation de quitter le territoire méconnait le droit d'être entendu ;
- Elle est fondée sur un refus de séjour illégal ;
- Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, vu sa dépression et la poursuite de ses études.
Par mémoire, enregistré le 13 aout 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet du recours et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- la convention franco-gabonaise du 11 mars 2002 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Rabaté
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridique :
1. En l'absence d'urgence, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre la requérante, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur l'exposé du litige :
2. Mme A, ressortissante gabonaise née le 4 octobre 2000, demande d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 du préfet de Hérault qui refuse de renouveler son titre de séjour " étudiant ", l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et fixe le pays de renvoi.
Sur le moyen commun aux décisions :
3. Le signataire de l'arrêté, M. Frédéric Poisot, secrétaire de la préfecture, disposait d'une délégation de signature du préfet pour signer notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers, par arrêté du 9 octobre 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, accessible au juge et aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire sera écarté.
Sur le refus de séjour :
4. Le refus de séjour énonce les considérations de fait et de droit qui le fondent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
5. En vertu de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. ". Le renouvellement de la carte de séjour portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Il appartient ainsi au préfet, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de rechercher à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de la progression de l'étudiant dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant avec sérieux les études entreprises.
6. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, entrée en France en septembre 2017 en qualité d'étudiante, a obtenu son brevet de technicien supérieur métiers de l'eau en 2019, puis une licence professionnelle protection de l'environnement à l'université de Strasbourg pour l'année universitaire 2019-2020. L'intéressée a ensuite échoué en master 1 sciences de l'eau l'année 2020-2021 à Rennes, et s'est inscrite sans résultat au même master l'année suivante. Pour les années 2022-2023 et 2023-2024 Mme A s'est inscrite en mastère " manager en mangement durable " au groupe GEMA, signant un contrat d'apprentissage avec Leclerc le 26 décembre 2023 mais sans obtenir de diplôme Si la requérante indique avoir souffert de dépression, ce seul fait ne peut justifier son absence de progression universitaire pendant près de 4 ans, même si la requérante a obtenu de bonnes notes pour le 1er semestre 2023/2024. Par suite, en estimant à titre principal que la requérante ne justifiait pas du sérieux de ses études, le préfet n'a pas méconnu l'article cité au point précédent.
7. Si la requérante soutient qu'elle n'a pas suivi de cours en distanciel au groupe GEMA, étant présente à la formation, ce motif de refus est surabondant. Par suite ce moyen sera écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
8. Il résulte des points qui précède que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de séjour dont elle a fait l'objet.
9. Aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1° Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2° Ce droit comporte notamment : - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; - le droit d'accès de toute personne au dossier qui la concerne, dans le respect des intérêts légitimes de la confidentialité et du secret professionnel et des affaires ; - l'obligation pour l'administration de motiver ses décisions ".
10. Le droit d'être entendu, qui relève des droits de la défense figurant au nombre des principes généraux du droit de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision d'éloignement, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. En outre, selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
11. Si la requérante fait valoir que son droit d'être entendu a été méconnu, elle n'invoque aucun fait ou argument précis qu'elle aurait pu présenter à l'administration, Par suite, ce moyen sera écarté.
12. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 et au fait que la requérante n'est pas isolée dans son pays d'origine, qu'elle n'a quitté que pour suivre des études, et même si des membres de sa famille résident en France, l'obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, et celles relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent aussi être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à Me Ibinga, et au préfet de l'Hérault.
Délibéré à l'issue de l'audience du 27 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pastor, première conseillère,
Mme Marcovici, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le rapporteur,
V. RabatéL'assesseur le plus ancien,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 octobre 2024.
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026