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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404167

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404167

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404167
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantTOUMI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête, enregistrée le 22 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Toumi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2024 du préfet de l'Hérault qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et fixe le pays de renvoi et une interdiction de retour de trois mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour vie privée ou familiale ou une autorisation provisoire de séjour dans l'atteinte du réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- Le refus de séjour émane d'un signataire incompétent ;

- Il est insuffisamment motivé ;

- Il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- Il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- Il méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 6-5° de l'accord franco-algérien, et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- Les autres décisions sont fondées sur un refus de séjour illégal.

Par mémoire, enregistré le 7 aout 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet du recours et soutient que les moyens invoqués sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rabaté

- et les observations de Me Toumi, pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. En l'absence d'urgence, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur la demande d'annulation :

2. M. B, ressortissant algérien né le 29 avril 1997, a fait l'objet d'un arrêté du 8 juin 2022 du préfet de l'Hérault l'obligeant à quitter le territoire français qui a été confirmé par jugement n° 2203300, rendu le 11 octobre 2022 par ce tribunal. Par arrêt du 29 décembre 2023 la cour administrative d'appel de Toulouse a annulé cet arrêté et ce jugement au moyen de l'absence d'identification du signataire de l'arrêté. Par sa requête, M. B demande d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2024 du préfet de Hérault qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et fixe le pays de renvoi, et une interdiction de retour de trois mois.

3. Le signataire de l'arrêté, M. Frédéric Poisot, secrétaire de la préfecture, disposait d'une délégation de signature du préfet pour signer notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers, par arrêté du 9 octobre 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, accessible au juge et aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire sera écarté.

4. Le refus de séjour, après avoir visé les textes applicables et l'arrêt du 29 décembre 2023 de la cour administrative d'appel de Toulouse, énonce les considérations de fait qui le fondent. Dès lors, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

5. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et de l'examen du refus de séjour attaqué, que ce dernier soit entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de l'intéressé, et ce moyen sera écarté.

6. Le requérant, ressortissant algérien, ne peut utilement invoquer l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne lui est pas applicable.

7. En vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1.Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance./ 2.Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". En vertu de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit ..5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".

8. Le requérant, célibataire sans enfant, n'est pas isolé en Algérie, où réside sa famille. S'il a été victime d'un accident de la circulation en mars 2022, aucune pièce ne démontre que son état de santé nécessite son maintien en France, où il séjourne irrégulièrement. Il a été condamné le 24 juin 2022 à 3 mois d'emprisonnement avec sursis pour refus d'arrêter son véhicule exposant autrui à risque de mort. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les articles cités au point précédent.

9. Pour les mêmes motifs le refus de séjour et de régularisation n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'étranger.

10. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus de séjour opposé, et à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, sous astreinte et celles relatives à l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent aussi être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Toumi, et au préfet de l'Hérault.

Délibéré à l'issue de l'audience du 27 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pastor, première conseillère,

Mme Marcovici, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

Le rapporteur,

V. RabatéL'assesseur le plus ancien,

I. Pastor

La greffière,

B. Flaesch

La République mande et ordonne au ministre de l'intnérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 11 octobre 2024.

La greffière,

B. Flaesch

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