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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404185

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404185

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404185
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantHOSSEINI NASSAB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête, enregistrée le 4 juillet 2024, M. D C, représenté par Me Hosseini Nassab, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 juin 2024 du préfet des Alpes- Maritimes qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et fixe le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de dix jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté émane d'un signataire incompétent ;

- l'obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée ;

- Elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, car il sera menacé s'il rentre son pays ;

- L'arrêté méconnait l'article 8 de la même convention, car il n'a plus d'attache dans son pays, apprend le français et est bénévole d'associations.

Le requérant a demandé l'aide juridique le 4 juillet 2024.

Par ordonnance du 18 juillet 2024 la présidente du tribunal administratif de Nice a transmis au tribunal administratif de Montpellier le dossier de cette requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rabaté

- et les observations de Me Hosseini Nassab, pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, en l'absence d'urgence, d'admettre le requérant, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

2. M. C, ressortissant afghan né le 24 septembre 1995, dont la demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile les 31 mai et 13 décembre 2023, demande d'annuler l'arrêté du 19 juin 2024 du préfet des Alpes-Maritimes qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et fixe le pays de renvoi.

3. La signataire de l'arrêté, Mme A B, cheffe du pole éloignement du bureau de l'éloignement du séjour, de la préfecture, disposait d'une délégation de signature du préfet, par arrêté du 26 mars 2024 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, produit en défense, pour signer les refus de séjour avec obligation de quitter le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire sera écarté.

4. Le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire énonce les considérations de fait et de droit qui les fondent. Par suite, le moyen tiré de leur insuffisante motivation doit être écarté.

5. En vertu de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

6. Le requérant, célibataire sans enfant, ne démontre pas être isolé en Afghanistan. Par suite, même s'il apprend le français et est bénévole dans des associations, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 cité au point 5 sera écarté.

7. En vertu de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

8. Le requérant, dont la demande d'asile a été rejetée, n'apporte pas de justificatif sur les risques qu'il encourrait personnellement en cas de retour en Afghanistan, se bornant à des considérations générales sur les talibans. Dans ces conditions, l'obligation de quitter le territoire français vers l'Afghanistan ne méconnait pas l'article cité au point 7.

9. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives à l'article L.761-1 du code de justice administrative, doivent aussi être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Hosseini Nassab, et au préfet des Alpes-Maritimes.

Délibéré à l'issue de l'audience du 27 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pastor, première conseillère,

Mme Marcovici, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

Le rapporteur,

V. RabatéL'assesseur le plus ancien,

I. Pastor

La greffière,

B. Flaesch

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 11 octobre 2024.

La greffière,

B. Flaesch

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