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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404226

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404226

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404226
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantCHNINIF

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme E, ressortissante algérienne, contestant l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 18 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour d'un an et assignation à résidence. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le défaut de motivation, le détournement de pouvoir, la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'erreur manifeste d'appréciation. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, confirmant ainsi la légalité des décisions préfectorales fondées sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2024, Mme A E, représentée par Me Chninif, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assignée à résidence dans le département des Pyrénées-Orientales pour une durée de 45 jours ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé en fait en violation de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- l'obligation de quitter le territoire français, qui a eu pour motif déterminant la prévention de son mariage, est entachée de détournement de pouvoir ;

- elle a été prise en violation de l'article 12 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- en tout état de cause, cette obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :

- le préfet a méconnu les dispositions des articles L.612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il reconnaît lui-même qu'elle présente des garanties de représentation, que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'elle ne s'est jamais soustraite à une mesure d'éloignement ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- sa motivation est insuffisante et elle est illégale dès lors que le préfet n'a pas pris en compte sa situation, au regard de l'ensemble des critères prévus par la loi ;

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

- elle est privée de base légale compte tenu de l'annulation qui sera prononcée de la décision d'éloignement, du refus de délai de départ volontaire et de l'interdiction de retour sur le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle présente toutes les garanties de représentation et ne présente aucun risque de fuite.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Couégnat, première conseillère, dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Couégnat, magistrate désignée ;

- les observations de Mme E, présente à l'audience accompagnée de M. F ; elle fait valoir la sincérité de leur projet et sa volonté de régulariser sa situation ; elle fait valoir les grandes difficultés qu'elle aurait à revenir en France, compte tenu de l'arrêté du préfet, si elle devait être éloignée ; elle indique qu'elle a été seulement entendue une fois dans le cadre de l'enquête sur le projet de mariage et qu'il lui a été annoncé qu'une décision serait prise en septembre.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A E, ressortissante algérienne née le 17 juillet 1996, est entrée régulièrement sur le territoire français le 15 juin 2023, en provenance d'Espagne, sous couvert d'un visa de type C délivré par les autorités consulaires espagnoles d'Oran, valable du 14 juin 2023 au 28 juillet 2023 pour une durée de séjour de trente jours et s'est maintenue sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa et sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 18 juillet 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour sur le territoire français pour un an et l'a assignée à résidence dans le département des Pyrénées-Orientales pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, Mme E demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'arrêté attaqué est signé, pour le préfet des Pyrénées-Orientales, par Mme B C. Par un arrêté du 23 avril 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture et produit à l'appui de son mémoire en défense, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné délégation à Mme B C, cheffe du bureau de la réglementation générale et des élections, adjointe au directeur de la citoyenneté et de la migration, en l'absence ou en l'empêchement de M. D, de signer les décisions en ce qui concerne les attributions de la direction de la citoyenneté et de la migration et notamment les décisions de mise en œuvre des mesures concernant les ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre de l'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.

3. L'arrêté attaqué vise les dispositions conventionnelles et législatives dont il a été fait application, expose précisément les motifs, tirés de la situation propre de l'intéressée, sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter sans délai le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, lui a interdit de retourner sur le territoire français et l'a assignée à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ". Mme E, qui s'est maintenue en France après l'expiration de son visa sans être titulaire d'un titre de séjour, entre dans les cas où l'autorité administrative peut légalement édicter à son endroit la mesure d'éloignement contestée.

5. Aux termes de l'article 12 de la convention de sauvegarde et des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l'exercice de ce droit ". Il ressort des pièces du dossier que la présence sur le territoire en situation irrégulière de Mme E a été révélée lors de l'enquête de police diligentée par le procureur de la République de Perpignan, à la suite au dépôt par l'intéressée et un ressortissant français d'un dossier de mariage dans cette commune. Dès lors que l'intéressée s'est maintenue irrégulièrement à l'expiration de son visa et n'a entrepris aucune démarche en vue de régulariser sa situation, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a eu connaissance de sa présence irrégulière qu'à cette occasion et l'arrêté en litige portant obligation de quitter le territoire français sans délai opposé par le préfet des Pyrénées-Orientales s'est ainsi borné à tirer les conséquences de ce caractère irrégulier de la présence en France de l'intéressée et n'a pas eu pour motif déterminant la prévention de son mariage, dont la célébration était toujours soumise à une enquête par l'autorité judiciaire et dont la date n'était pas encore fixée. En tout état de cause, cette décision n'a ni pour objet, ni pour effet de lui interdire de se marier. Par suite, Mme E n'est pas fondée à soutenir que cette décision méconnaît les stipulations de l'article 12 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle serait entachée de détournement de pouvoir.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ()". Il ressort des pièces du dossier que Mme E ne réside en France que depuis un an et un mois à la date de la décision contestée. Célibataire et sans charge de famille, elle n'est pas isolée dans son pays d'origine où vit l'essentiel de sa famille et où elle a elle-même vécu jusqu'à l'âge de 27 ans. Si elle justifie vivre depuis mars 2024 chez M. F, avec lequel elle projette de se marier, cette relation est récente et ne suffit pas à établir qu'elle aurait transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Mme E ne fait pas état d'une quelconque insertion sociale ou professionnelle. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la mesure d'éloignement en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle est susceptible de comporter pour la situation personnelle de l'intéressée.

7. Enfin, Mme E, qui n'a présenté aucune demande à cet effet, ne saurait se prévaloir de la naissance d'un refus de séjour implicite. La requérante, qui n'est pas conjointe de français à la date de la décision contestée et qui ne justifie pas, ainsi qu'il l'a été dit au point 6, de la réalité d'une vie privée et familiale établie sur le territoire, n'établit pas qu'elle pourrait prétendre, à la date de la décision contestée, à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour. Elle n'est par suite pas fondée à soutenir que la décision d'éloignement prise à son encontre serait pour ce motif irrégulière.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

9. Si Mme E soutient qu'elle dispose de garanties de représentation suffisantes, ainsi que son assignation à résidence le révèle, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'il ressort des termes mêmes de l'arrêté que le préfet s'est également fondé sur les dispositions précitées du 2° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, Mme E s'étant maintenue sur le territoire français après l'expiration de son visa sans demander de titre de séjour. Par suite, et même si son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'elle ne s'est jamais soustraite à une mesure d'éloignement, le préfet n'a pas méconnu les dispositions citées au point 8 en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire. Le moyen invoqué doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'un an :

10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612 6 et L. 612 7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

11. Si Mme E ne justifie pas d'une ancienneté dans sa relation avec M. F, le couple a déposé un dossier de mariage en mairie de Perpignan. Dans le cadre de l'enquête diligentée par le procureur de la République en raison du projet de mariage, Mme E indique que le couple a seulement été entendu séparément par la police. En l'absence d'indices permettant de présumer du caractère frauduleux du mariage, lequel n'a pas fait l'objet d'une opposition du parquet au jour de l'audience, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'un an est de nature à faire obstacle à ce que Mme E puisse se rendre en France de façon régulière afin de célébrer son mariage. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir, au vu de sa situation personnelle, qu'en prenant cette mesure le préfet a méconnu les dispositions citées au point précédent. Par suite Mme E est fondée à demander l'annulation de cette décision.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

13. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 731-2 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application de l'article L. 731-1 peut être placé en rétention en application de l'article L. 741-1, lorsqu'il ne présente plus de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3.

14. Mme E n'établissant pas l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français, elle ne peut donc se prévaloir de celle-ci au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation, par voie de conséquence, de la décision d'assignation à résidence. Elle ne peut par ailleurs utilement se prévaloir de l'illégalité des décisions de refus de délai de départ volontaire et d'interdiction de retour, à l'appui des conclusions dirigées contre l'assignation à résidence.

15. Mme E fait valoir qu'elle dispose de garanties de représentation et ne présente aucun risque de fuite, son assignation à résidence serait ainsi inutile. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l'article L. 731-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'une telle mesure est précisément prévue lorsque l'étranger présente des garanties de représentation suffisantes. Elle ne fait en outre valoir aucune circonstance particulière dont il ressortirait que le périmètre ou les modalités de son assignation à résidence aurait des conséquences excessives sur sa vie privée et familiale. Les moyens tirés de ce que la mesure contestée méconnaîtrait l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et serait entachée d'erreur d'appréciation doivent dès lors être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E est seulement fondée à demander l'annulation pour excès de pouvoir de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'un an contenue dans l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 18 juillet 2024.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. L'annulation prononcée par le présent jugement n'implique pas qu'il soit remis à l'intéressée une autorisation provisoire de séjour. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante à cette fin doivent ainsi être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : L'arrêté du 18 juillet 2024 du préfet des Pyrénées-Orientales est annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2024.

La magistrate désignée,

M. Couégnat

La greffière

C. Touzet

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 8 août 2024

La greffière

C. Touzet

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