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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404274

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404274

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404274
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, M. A D, M. B C et Madame E F, représentés par Me Ibanez, demandent au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 6 octobre 2023 par lequel l'adjointe au maire a, au nom de la commune de Belarga, refusé sa demande de permis de construire pour la création d'un groupe de deux bâtiments d'habitation en division primaire pour les parcelles cadastrées AE 528 et AE 568 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Belarga une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Ils soutiennent que :

Sur l'urgence :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le préjudice financier subi depuis 2019 pourra être regardé comme suffisamment grave et immédiat ; les acheteurs ont souhaité se maintenir dans leurs liens contractuels jusqu'à fin septembre 2024 ;

Sur le moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :

- la décision attaquée présente une insuffisante motivation en fait et en droit dès lors qu'elle s'appuie sur des considérations stéréotypées et identiques à l'arrêté de refus du permis de construire en date du 8 septembre 2023 ;

- l'Adjointe au maire, en ayant considéré que le projet était soumis à permis d'aménager a commis une erreur de fait et par suite, une erreur de droit dès lors que le pétitionnaire a déposé une demande de permis de construire valant division primaire au sens de l'article R 442-1 a) du code de l'urbanisme ;

- le juge des référés du tribunal administratif de céans dans l'instance n°2306524 a retenu que le motif dont il avait été demandé la substitution par la commune et tiré de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme était de nature à justifier en l'état de l'instruction le refus de permis de construire qui lui a été opposé. Toutefois, le risque n'est pas établi et un panneau stop a été installé au droit de l'accès à la route départementale D131-E 11 qui sécurise les flux sortants sur cette voirie. En outre, l'autorité compétente aurait pu lui opposer des prescriptions spéciales. La commune n'a d'ailleurs pas saisi le Pôle Routes et mobilité du conseil départemental de l'Hérault lors de l'instruction de la demande de permis de construire deux bâtiments en litige.

Vu :

- la requête enregistrée le 7 novembre 2023 sous le n° 2306381 par laquelle M. D, M. C et Mme F demandent l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative () fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire () ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier objectivement et concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant et de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour soutenir qu'il y a urgence à suspendre l'exécution de la décision du 6 octobre 2023 par laquelle le maire de la commune de Belarga a rejeté sa demande de permis de construire pour la création d'un groupe de deux bâtiments d'habitation en division primaire pour les parcelles cadastrées AE 528 et AE 568, M. D expose qu'il subit un préjudice financier depuis 2019 et que les acquéreurs M. C et Mme F maintiennent leur compromis de vente signé le 22 juin 2023 jusqu'en septembre 2024. Toutefois et alors que la promesse de vente dont il est fait état a été consentie sous la condition suspensive de l'obtention d'un permis de construire stipulée au profit du requérant, les éléments avancés, s'agissant notamment pour l'essentiel de la production de factures anciennes datant des années 2021 et 2022, ne suffisent pas en l'espèce pour considérer comme satisfaite la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête présentée par M. D, M. C et Mme F est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D, M. C et Mme F.

Copie en sera adressée pour information à la commune de Belarga.

Fait à Montpellier, le 30 juillet 2024.

La juge des référés,

F. Corneloup

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 30 juillet 2024.

La greffière,

A. Junon

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