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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404280

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404280

lundi 19 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404280
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantFRADET THIERRY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par une ordonnance n° 2402145 du 26 juillet 2024, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Toulon a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête n° 2404280 présentée par M. D.

I) Par une requête n° 2404280, enregistrée le 4 juillet 2024, M. A D, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Perpignan, représenté par Me Fradet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2024 par lequel le préfet du Var a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var, à titre principal, de renouveler son titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation en fait ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation, son comportement ne constituant pas une menace à l'ordre public ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît l'article 3 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire, enregistré le 19 août 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

II) Par une requête n° 2404329, enregistrée le 29 juillet 2024, M. A D, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Perpignan, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2024 par lequel le préfet du Var a prononcé son maintien en rétention ;

3°) d'enjoindre au préfet du Var d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'un défaut d'examen ;

- il est entaché d'erreur de droit ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît le droit d'accès à un recours effectif ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire, enregistré le 19 août 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Delon, première conseillère, pour statuer en tant que magistrate désignée en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 août 2024 :

- le rapport de Mme Delon, magistrate désignée,

- et les observations de Me Quintard, substituant Me Fradet, qui a repris, en les précisant, les moyens présentés par écrit, et celles de M. D.

Le préfet du Var n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2404280 et n° 2404329, présentées pour M. D, concernent la situation d'une même personne. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. A D, ressortissant somalien né le 15 avril 1984, a fait l'objet le 7 juin 2024 d'un arrêté par lequel le préfet du Var a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, dont il demande l'annulation. Il a été placé en rétention administrative à Perpignan à compter du 24 juillet 2024 pour une durée de quatre jours. Il a déposé une demande d'asile le 27 juillet 2024 puis a fait l'objet d'un arrêté de maintien en rétention du préfet du Var du même jour, dont il demande également l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire présentées dans l'instance n° 2404329 :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée, relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que sont mentionnés l'ensemble des textes applicables à la situation de M. D ainsi que les différentes considérations de fait qui la fondent, notamment les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé depuis son entrée sur le territoire en 2002, sa situation personnelle et familiale et son parcours pénal et judiciaire. Contrairement à ce que soutient l'intéressé, sa situation n'est pas décrite de façon stéréotypée, mais suffisamment circonstanciée. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de motivation en fait doit être écarté.

5. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".

6. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. Par ailleurs, aux termes de l'article 3 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de renouveler le droit au séjour et prendre la mesure d'éloignement contestée, le préfet du Var s'est fondé sur la circonstance que le comportement de M. D constitue une menace grave à l'ordre public. Si M. D fait valoir l'absence de gravité des faits pour lesquels il a été poursuivi, il ne conteste pas les différentes condamnations dont il a fait l'objet. A cet égard, il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales, notamment plusieurs peines d'emprisonnement, depuis 2002, soit peu après son entrée sur le territoire français, pour des faits de détérioration grave de biens appartenant à autrui, de détention de stupéfiants, de transport de marchandise en contrebande, de violences sur des personnes dépositaires de l'autorité publique, de port prohibé d'armes, d'agression sexuelle et de conduite sans permis et de conduite sous l'emprise de stupéfiants et d'un état alcoolique. Il ressort également des pièces du dossier que ces mêmes faits ont, en outre, donné lieu à plusieurs signalements au fichier de traitement des antécédents judiciaires. En dépit de la mesure de retrait de son titre de séjour par arrêté du 18 mai 2022, il ressort également des pièces du dossier que le requérant a été mis en cause pour des faits similaires en 2023 et 2024, en récidive et qu'il a été, en dernier lieu, interpelé et placé en garde à vue le 22 juillet dernier pour des faits de menace sur sa conjointe, en état d'ivresse. Contrairement à ce que fait valoir le requérant, ces faits, réitérés depuis l'entrée du requérant sur le territoire français, sont de nature à caractériser une menace grave à l'ordre public, de sorte que l'erreur d'appréciation alléguée par le requérant n'est pas établie. S'il ressort également des pièces du dossier que le requérant est pacsé depuis 2007 à une ressortissante française et qu'il est le père de six enfants mineurs, il ressort également des termes de l'arrêté par lequel le préfet du Var l'a placé en rétention qu'il a indiqué être séparé de sa compagne et que, au surplus, et ainsi qu'il a été énoncé, il a été signalé le 22 juillet 2024 pour des faits de menaces à son égard. Au demeurant, à la date d'édiction de la mesure contestée, l'intéressé ne fait valoir aucune insertion socio-professionnelle stable et durable. Par conséquent, et en dépit de sa durée de résidence sur le territoire français, en refusant le renouvellement de son titre de séjour précédemment retiré et en prononçant son éloignement au motif que son comportement constitue une menace à l'ordre public, le préfet du Var n'a pas commis d'erreur d'appréciation. Il n'a pas davantage méconnu les stipulations des articles 8 et 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 juin 2024 du préfet du Var sont rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au remboursement des frais d'instance sont également rejetées.

En ce qui concerne l'arrêté portant maintien en rétention :

9. Aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative ne peut ordonner le maintien en rétention administrative d'un ressortissant étranger ayant présenté une demande d'asile durant cette rétention que si elle estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement préalablement prise à son encontre. La circonstance qu'un étranger présente une demande d'asile postérieurement à son placement en rétention administrative ne saurait, à elle seule et sans une appréciation au cas par cas, permettre de présumer que cette demande n'a été introduite qu'en vue de faire échec à son éloignement.

10. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé pour le préfet du Var par Mme C B, sous-préfète de Draguignan. Cette dernière disposait, aux termes d'un arrêté du préfet du Var du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Var du même jour, d'une délégation à l'effet de signer notamment, les décisions de placement en rétention administrative. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit être écarté.

11. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement conformément à l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et cette motivation révèle également que le préfet du Var a procédé à un examen particulier de la situation du requérant, au regard notamment des mentions circonstanciées relatives à ses conditions de séjour et à sa situation personnelle et pénale. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation particulière de M. D doit être écarté.

12. En troisième lieu, si M. D conteste le caractère dilatoire de sa demande d'asile, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a présenté une demande de protection internationale qu'à compter de son placement en rétention administrative en 2024, alors même qu'il a fait l'objet d'un retrait de titre de séjour depuis 2022 et qu'il ne fait état d'aucun élément probant et circonstancié établissant un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Var a méconnu les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fait une inexacte application de ces dispositions. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard de ces dispositions doivent être écartés.

13. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il présenterait des garanties de représentation à l'appui de la contestation de la mesure de maintien en rétention dès lors qu'il résulte des dispositions précitées de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le maintien en rétention administrative n'est pas conditionné par l'absence de garanties de représentation suffisantes mais est prononcé lorsque l'étranger placé en rétention administrative présente une demande d'asile dans le seul but de faire échec à une mesure d'éloignement. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

14. En cinquième lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'en application des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le juge administratif est seulement tenu d'apprécier les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que la demande d'asile de l'étranger a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement. Par suite, le moyen, ainsi que celui tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté comme inopérant.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit à un recours effectif : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ". Par ailleurs, l'article L. 754-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux demandes d'asile présentées en rétention, prévoit que : " La demande d'asile présentée en application du présent chapitre est examinée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides selon la procédure accélérée, conformément au 3° de l'article L. 531-24 ". Par ailleurs, il résulte des dispositions combinées des articles L. 542-1 et L. 542-2 de ce même code qu'en cas d'examen selon la procédure accélérée prévue à l'article L. 531-24, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides prend une décision de rejet. Enfin, l'article L. 752-7 du même code prévoit que : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français, notifiée antérieurement à la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, est devenue définitive, l'étranger qui fait l'objet, postérieurement à la décision de l'office, d'une assignation à résidence, ou d'un placement en rétention administrative dans les conditions prévues aux titres III et IV en vue de l'exécution de cette décision portant obligation de quitter le territoire français, peut demander au président du tribunal administratif de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français ".

16. Le requérant soutient que la décision méconnaît son droit au recours effectif dès lors que, dans l'hypothèse où l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetterait sa demande d'asile, le recours qu'il déposerait devant la Cour nationale du droit d'asile n'est pas suspensif et ne lui ouvre en outre pas droit à faire usage des dispositions de l'article L. 752-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. L'étranger dont la demande d'asile fait l'objet d'un traitement selon la procédure accélérée prévue au 3° de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose du droit de contester la décision de rejet qui lui est opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides devant la Cour nationale du droit d'asile, juridiction devant laquelle, au demeurant, il peut faire valoir utilement l'ensemble de ses arguments dans le cadre d'une procédure écrite et se faire représenter à l'audience par un conseil ou par toute autre personne. Dans ces conditions, le droit à un recours effectif, tel que garanti par l'article 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'implique pas nécessairement que l'étranger puisse se maintenir sur le territoire français jusqu'à l'issue de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, M. D n'est donc pas fondé, en tout état de cause, à soutenir que la décision contestée, en le privant d'un recours suspensif auprès de la Cour nationale du droit d'asile, serait contraire aux stipulations combinées des articles 3 et 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet du Var du 27 juillet 2024 sont rejetées, y compris, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et d'astreinte et celles tendant au remboursement des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis à l'aide juridictionnelle provisoire dans l'instance n° 2404329.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2404329 de M. D est rejeté.

Article 3 : La requête n° 2404280 de M. D est rejetée.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au préfet du Var et à Me Fradet.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.

La magistrate désignée, Le greffier,

E. Delon D. Martinier

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 19 août 2024

Le greffier,

D. Martinier,2404329

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