jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour d'une durée de trois mois ;
2°) d'enjoindre à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence car la délégation du signataire est trop générale ;
- la décision méconnaît l'autorité de chose jugée car le Tribunal a jugé que l'obligation de quitter le territoire français prononcée le 3 octobre 2023 à son encontre était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- le préfet a insuffisamment motivé sa décision et n'a pas procédé à un examen complet de sa demande au regard de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 6-5° de l'accord franco-algérien et a commis une erreur manifeste d'appréciation car il a transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux en France ;
- la décision méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée au regard de ses liens en France.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 septembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 12 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Ruffel, représentant M. B
Une note en délibéré, présentée par M. B, représenté par Me Ruffel, a été enregistrée le 3 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 21 février 2024 le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer à M. B, ressortissant algérien né en 1996, un titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour d'une durée de trois mois. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. M. B, qui déclare être entré en France en décembre 2019 accompagné de sa mère et de sa sœur, apporte des preuves de sa résidence continue sur le territoire depuis cette date. Pacsé depuis mars 2022 avec une compatriote en situation régulière, il justifie d'un concubinage depuis le mois de juillet 2021 et ils sont devenus parents d'un enfant en septembre 2023. Bien que la compagne du requérant soit de nationalité algérienne, cette dernière est titulaire d'un certificat de résidence de dix ans, valable jusqu'en novembre 2026, et elle justifie d'une scolarité en France depuis 2008, en classe de CM1, et de la présence régulière en France des membres de sa famille. En outre, elle est titulaire, depuis mars 2023, d'un contrat de travail à durée indéterminée. Quant au requérant, s'il n'établit pas l'exercice d'une activité professionnelle, il produit une promesse d'embauche, datée d'octobre 2023 pour un emploi à durée indéterminée en qualité de préparateur auto et carrosserie.
4. Il est vrai que M. B est défavorablement connu des services de police pour conduite d'un véhicule sans permis ou sans assurance, ayant mené à une condamnation à 70 jours-amende à 10 euros le 7 décembre 2022. Par ailleurs, ainsi que le souligne le préfet en défense, le requérant ne saurait se prévaloir de la présence en France de sa sœur et de sa mère qui sont actuellement en situation irrégulière. Néanmoins, M. B justifiant de fortes attaches familiales sur le territoire, du fait, notamment, de l'intégration en France de sa compagne, l'arrêté en litige, qui lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français et prononce une interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des stipulations précitées.
5. Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête il y a donc lieu de prononcer l'annulation de l'arrêté du 21 février 2024 pris par le préfet de l'Hérault à l'encontre de M. B.
Sur les conclusions à fin d'injonctions :
6. Le présent jugement implique, eu égard à ses motifs, qu'il soit enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à M. B un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée de validité d'un an dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 février 2024 pris par le préfet de l'Hérault à l'encontre de M. B est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à M. B un certificat de résidence d'une durée de validité d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 octobre 2024.
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026