jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 27 juillet 2024 et le 27 septembre 2024, Mme B F, représentée par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) de lui allouer le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault en date du 18 décembre 2023 refusant de lui délivrer un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que de la décision du 4 mars 2024 rejetant son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'administration doit établir la compétence du signataire de la décision ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation car elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre en qualité de conjointe de français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2024 le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère ;
- les observations de Me Ruffel, représentant Mme F.
Une note en délibéré, présentée par Mme F, représentée par Me Ruffel, a été enregistré le 4 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 18 décembre 2023, le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer à Mme F, ressortissante marocaine née en 1979, un titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par courrier du 4 mars 2024, il a également rejeté le recours gracieux de l'intéressée tendant au retrait de l'arrêté précité. Par sa requête, Mme F demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Par une décision du 17 juin 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'admission à l'aide juridictionnelle de Mme F. Il n'y a donc pas lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'arrêté en litige ainsi que la décision du 4 mars 2024 ont été signés pour le préfet de l'Hérault par M. C E, sous-préfet de l'arrondissement de Béziers. Or, ce dernier bénéficiait d'une délégation de signature, accordée le 9 octobre 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Hérault, accessible tant au juge qu'au public sur le site internet de la préfecture, à l'effet de signer notamment " les refus d'admissions au séjour et obligations de quitter le territoire français ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des actes attaqués manque en fait et doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
5. Bien que la requérante fasse état d'une " erreur manifeste d'appréciation " commise par le préfet, elle doit être regardée comme soutenant l'existence d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées puisqu'elle allègue remplir les conditions légales susmentionnées que sont l'union avec un ressortissant français, l'entrée régulière sur le territoire français et l'existence d'une communauté de vie de plus de six mois à la date du 4 mars 2024.
6. Il est constant que Mme F s'est mariée à M. A le 26 août 2023. Toutefois, pour justifier de leur vie commune, elle se borne à fournir une facture d'électricité établie à leur deux noms, datée de juin 2023, quelques courriers qui lui sont personnellement adressés à leur adresse déclarée et deux témoignages, peu circonstanciés. En défense, le préfet produit un compte rendu d'enquête datée du 6 décembre 2023 concluant, après visite sur les lieux, à l'absence de communauté de vie entre les époux. Il en ressort notamment que le conjoint de Mme F ne connait pas la famille proche de cette dernière et que l'appartement dans lequel elle est supposée vivre ne comprend pas d'affaires lui appartenant à l'exception de quelques vêtements d'été. Surtout, Mme F produit une attestation d'hébergement, établie le 3 juillet 2023, par un individu qui n'est pas son mari et qui réside dans une commune distincte. Alors que c'est cette même adresse qu'elle a renseignée sur sa demande de titre de séjour établie le 17 août 2023, la requérante n'établit pas l'existence d'une communauté de vie avec son conjoint. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions précitées, ni commettre d'erreur d'appréciation de sa situation, que le préfet a pu refuser de lui délivrer un titre de séjour en qualité de conjointe de français.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme F tendant à l'annulation des décisions du 18 décembre 2023 et du 4 mars 2024 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme F est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B F, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 octobre 2024.
La greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026