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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404400

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404400

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404400
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantROSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête enregistrée le 30 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Rosé, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour " salarié " et subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. B soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- la décision est entachée d'un vice de procédure, faute pour le préfet d'avoir statué sur la demande d'autorisation de travail déposée par l'employeur conformément aux dispositions du

I de l'article R. 5221-1 du code du travail ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-marocain et de l'article R. 5221-17 du code du travail ;

- elle est entachée d'un vice tenant à la méconnaissance du champ de la compétence préfectorale, faute d'avoir examiné la possibilité de l'admettre exceptionnellement au séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain faute d'avoir fait usage du pouvoir d'appréciation pour pouvoir l'admettre au séjour en qualité de " salarié " ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour être insuffisamment motivée sur l'intensité des liens familiaux et privés en France ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa vie privée et familiale ;

En ce qui concerne la décision portant pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et faisant obligation de quitter le territoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code du travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pater, rapporteur ;

- et les observations de Me Rosé, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 20 juin 1991, est entré sur le territoire national le 29 septembre 2021 muni d'un visa D France et transit Schengen à entrées multiples portant la mention " travailleur saisonnier " valable du 21 septembre 2021 au 20 décembre 2021. Le 19 octobre 2021, il a obtenu, en application des dispositions de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " valable du 11 octobre 2021 au 10 décembre 2022. Le 23 décembre 2023, M. B a sollicité l'obtention d'une carte de séjour " salarié ". Sa demande a été rejetée par arrêté du préfet de l'Hérault du 12 mars 2024, lui faisant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation dudit arrêté et formule des conclusions à fins d'injonction.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que M. B a sollicité un titre de séjour par changement de son statut de " travailleur saisonnier " pour être " salarié " de l'entreprise Q dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Aux termes de l'arrêté contesté, cette demande de changement de statut a été rejetée aux motifs tirés de ce que M. B n'a pas présenté de demande d'autorisation de travail, de ce qu'il n'a pas respecté la durée maximale de séjour et de travail que lui imposait son statut de travailleur saisonnier et de ce qu'il ne justifiait pas d'un visa long séjour.

S'agissant du moyen tiré de l'erreur de droit :

3. D'une part, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 :

" Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum et qui ne relèvent pas de l'article 1er du présent accord, reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention salarié () ". L'article 9 du même accord stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du code du travail : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; () II - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. () ". Aux termes de l'article R. 5221-17 du même code : " La décision relative à la demande d'autorisation de travail mentionnée au I de l'article R. 5221-1 est prise par le préfet. Elle est notifiée à l'employeur (), ainsi qu'à l'étranger. ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce un emploi à caractère saisonnier, tel que défini au 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, et qui s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France, se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " d'une durée maximale de trois ans. / Cette carte peut être délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. / Elle autorise l'exercice d'une activité professionnelle et donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an. ". L'article L. 412-1 du même code dispose que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". L'article L. 433-6 de ce code dispose que : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle sur un autre fondement que celui au titre duquel lui a été délivré la carte de séjour ou le visa de long séjour mentionné au 2° de l'article L. 411-1, se voit délivrer le titre demandé lorsque les conditions de délivrance, correspondant au motif de séjour invoqué, sont remplies, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () Le présent article ne s'applique pas aux titres de séjour prévus aux articles L. 421-2 et L. 421-6. ".

5. Si, en vertu de ces dispositions, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire est, en principe, sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues par la loi, subordonnée à la production par l'étranger d'un visa d'une durée supérieure à trois mois, il en va différemment pour l'étranger déjà admis à séjourner en France et qui sollicite le renouvellement, même sur un autre fondement, de la carte de séjour temporaire dont il est titulaire. Toutefois, l'étranger admis à séjourner en France pour l'exercice d'un emploi à caractère saisonnier en application des dispositions de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, est titulaire à ce titre de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier ", ne lui donnant le droit de séjourner et de travailler en France que pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peut dépasser une durée cumulée de six mois par an, et lui imposant ainsi de regagner, entre ces séjours, son pays d'origine où il s'engage à maintenir sa résidence habituelle.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France pour la première fois le 29 septembre 2021 muni d'un visa D France et transit Schengen à entrées multiples portant la mention " travailleur saisonnier ". Il a ensuite obtenu une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " valable du 11 octobre 2021 au 10 décembre 2022 en application des dispositions de l'article L.421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, la demande de M. B de délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", effectuée le 23 décembre 2023, doit être regardée comme portant sur la délivrance d'une première carte de séjour temporaire. La délivrance de cette carte est dès lors subordonnée à la production d'un visa de long séjour que le requérant ne conteste pas ne pas avoir. En tout état de cause, il ne conteste pas davantage ne pas avoir présenté un contrat de travail à durée indéterminée correspondant à la demande d'autorisation de travail présentée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit au regard des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-marocain et de l'article R.5221-17 du code du travail doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré du vice de procédure :

7. En application des dispositions des articles L. 411-1 et L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet pouvait valablement se borner à opposer à M. B l'absence de détention d'un visa de long séjour distinct de celui dont il avait bénéficié à l'occasion de son entrée sur le territoire français en qualité de travailleur saisonnier qui n'autorise que des séjours d'une durée cumulée limitée à six mois par an. Dès lors, le requérant ne peut utilement soutenir que le préfet était tenu d'examiner sa demande d'autorisation de travail au regard de la liste des métiers en tension définie par le a) du 1° de l'article R. 5221-20 du code du travail. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

8. L'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles. () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 / () ". L'accord franco-marocain renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Il en va notamment ainsi pour le titre de séjour " salarié ", mentionné à l'article 3 cité ci-dessus, délivré sur présentation d'un contrat de travail " visé par les autorités compétentes ", des dispositions des articles R. 5221-17 et suivants du code du travail, qui précisent les modalités selon lesquelles et les éléments d'appréciation en vertu desquels le préfet se prononce, au vu notamment du contrat de travail, pour accorder ou refuser une autorisation de travail.

9. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 susvisé prévoit la délivrance de titres de séjour pour l'exercice d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un tel titre de séjour ne peut utilement invoquer les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s'agissant d'un point déjà traité par cet accord. Toutefois, bien que l'accord franco-marocain ne prévoit pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ces stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant marocain qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. A cette fin, le préfet dispose d'un pouvoir qui est discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

10. S'il est constant en l'espèce, que le préfet n'a pas fait usage de son pouvoir de régularisation alors que M. B soutient pouvoir prétendre à une admission au séjour au titre des dispositions issues de la loi n° 2024-43 du 25 janvier 2024 sur l'exercice des métiers en tension, le requérant ne conteste pas ne pas avoir quitté le territoire national à l'issue d'une période de six mois dans le cadre de son séjour en qualité de " travailleur saisonnier ", s'être ainsi irrégulièrement maintenu sur le territoire national et y avoir occupé un emploi en contrat à durée déterminée depuis le 6 octobre 2022 sans autorisation. Dans ces circonstance, le fait qu'il justifie d'une insertion professionnelle dans un secteur figurant sur la liste des métiers en tension, a travaillé pendant un an en tant qu'ouvrier en maçonnerie, a signé le 15 février 2024 un contrat à durée déterminée avec la DAD KN et CONSTRUCTION pour les mêmes fonctions et a travaillé toujours dans ces mêmes fonctions sous couvert de récépissés délivrés par le préfet dans la période d'instruction de sa demande de titre de séjour litigieuse, ne traduisent pas l'existence de motifs exceptionnels d'admission au séjour. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance du champ de la compétence préfectorale et l'erreur manifeste d'appréciation de l'existence de motifs exceptionnels au regard des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain doivent être écartés.

11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

12. M. B, âgé de 32 ans, est célibataire et sans enfant. Il n'allègue, ni ne justifie, ne pas avoir gardé des attaches dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 30 ans. Il a été admis au séjour en qualité de " travailleur saisonnier " et s'est engagé à ce titre à maintenir sa résidence habituelle dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les circonstances que son frère et sa sœur résident en France et qu'il ait noué de façon récente une relation affective avec une ressortissante française ayant un enfant sont insuffisantes pour considérer qu'en rejetant sa demande de titre de séjour, le préfet de l'Hérault a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels a été pris l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire :

14. En premier lieu, il ne saurait valablement être reproché au préfet de ne pas avoir pris en compte l'intensité des liens privés et familiaux de M. B sur le territoire national, le requérant ayant, sur l'imprimé de demande de titre, indiqué être célibataire sans évoquer une compagne, et n'a rien mentionné sur l'existence de membres de sa famille résidant en France. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation devra être écarté.

15. En second lieu, la décision portant refus de séjour n'étant, eu égard à ce qui vient d'être dit, pas entachée d'illégalité, l'exception soulevée par M. B doit être écartée.

16. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, en assortissant son refus de titre de séjour d'une obligation de quitter le territoire, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation. Par suite le moyen doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le Maroc pour pays de destination :

18. Les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire n'étant, eu égard à ce qui vient d'être dit, pas entachées d'illégalité, l'exception d'illégalité soulevée par

M. B doit être écartée.

19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Rosé.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gayrard, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Villemejeanne, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024

La rapporteure,

B. Pater

Le président,

J.-P. Gayrard

La greffière,

A. Lacaze

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 30 octobre 2024.

La greffière,

A. Lacaze

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