lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404442 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | NIVET |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2400745 du 19 mars 2024, le tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a fait injonction au préfet de l'Hérault d'attribuer à Mme A B un logement de type T2 adapté à ses besoins et capacités, sous astreinte de 400 euros par mois de retard à compter du 1er mai 2024.
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2024, sous le n° 2404442, le préfet de l'Hérault demande au tribunal de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte.
Il fait valoir que :
- Mme B a reçu une proposition de logement adaptée à sa situation, le 26 juin 2024, qu'elle a refusée le 17 juillet 2024 pour des motifs non impérieux tirés de la localisation du logement et des troubles de voisinage.
Par un mémoire enregistré le 3 septembre 2024, Mme A B, représenté par Me Nivet, conclut :
1°) au rejet de la demande de liquidation de l'astreinte ;
2°) à ce qu'il soit enjoint au préfet de l'Hérault de procéder à son relogement dans un délai de deux semaines au sein du périmètre adapté, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le logement qui lui a été proposé ne se situe pas dans le périmètre défini par le tribunal administratif dans sa décision du 19 mars 2024 et que le secteur est sujet à de nombreux troubles de voisinage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à la liquidation de l'astreinte :
1. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif () constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de cette astreinte en faveur du fonds prévu par l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif () peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ".
2. Aux termes de l'article R. 441-16-2 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation, lorsqu'elle détermine en application du II de l'article L. 441-2-3 les caractéristiques du logement devant être attribué en urgence à toute personne reconnue prioritaire, puis le préfet, lorsqu'il définit le périmètre au sein duquel ce logement doit être situé et fixe le délai dans lequel le bailleur auquel le demandeur a été désigné est tenu de le loger dans un logement tenant compte de ses besoins et capacités, apprécient ces derniers en fonction de la taille et de la composition du foyer (), de l'état de santé, des aptitudes physiques ou des handicaps des personnes qui vivront au foyer, de la localisation des lieux de travail ou d'activité et de la disponibilité des moyens de transport, de la proximité des équipements et services nécessaires à ces personnes. Ils peuvent également tenir compte de tout autre élément pertinent propre à la situation personnelle du demandeur ou des personnes composant le foyer () ".
3. Il résulte enfin des dispositions de l'article R. 441-16-3 du même code que le refus, sans motif sérieux, d'une proposition de logement adaptée n'est de nature à faire perdre à l'intéressé le bénéfice de la décision de la commission de médiation que pour autant qu'il ait été préalablement informé de cette éventualité. Il appartient à l'administration d'établir que cette information a été délivrée au demandeur.
4. Par un jugement en date du 19 mars 2024, le tribunal a prononcé une astreinte de 400 euros par mois de retard à l'encontre de l'Etat, destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, si le préfet de l'Hérault ne justifiait pas avoir, passé la date du 1er mai 2024, exécuté l'injonction qui lui était faite par cette décision d'attribuer à Mme B un logement adapté à ses besoins et capacités.
5. A la suite de ce jugement, une offre a été présentée à Mme B le 26 juin 2024 par le bailleur social ACM pour un logement de de type T2 d'une surface habitable de 43,4 m² et représentant un coût locatif total d'environ 379 euros par mois, situé dans le quartier des Beaux-Arts de Montpellier.
6. D'une part, Mme B, dont il résulte de l'instruction qu'elle présente des troubles anxio-dépressifs réactionnels à tout différend avec son voisinage et à tout motif éventuel d'insécurité, pour lesquels lui a été reconnue la qualité de travailleuse handicapée, fait valoir qu'elle a dû refuser le logement proposé aux motifs qu'il se situe en dehors du périmètre défini par le tribunal administratif de Montpellier dans son jugement du 19 mars 2024, au regard de la pathologie dont elle est atteinte, et dans un secteur marqué par des troubles du voisinage incompatibles avec sa situation de handicap. Il résulte toutefois de l'instruction que ce logement est situé dans le quartier des Beaux-Arts, également limitrophe du centre historique de Montpellier, en bordure immédiate du quartier de Boutonnet visé par le jugement du 19 mars 2024, et à une distance équivalente du centre historique de Montpellier que le logement actuellement occupée par l'intéressée. Mme B n'est donc pas fondée à soutenir que ce logement se situerait en dehors de ses repères géographiques habituels et que sa localisation serait inadaptée à la pathologie dont elle est atteinte. Les troubles de voisinage dont fait état Mme B ne sont par ailleurs établis par aucune des pièces versées à l'instance. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault doit être regardé comme justifiant avoir offert à Mme B un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, au regard des critères définis à l'article R. 441-16-2 précité, et les motifs de refus de l'intéressée comme relevant de pures convenances personnelles.
7. D'autre part, il ressort des indications mentionnées sur l'offre du 26 juin 2024 que Mme B a été expressément informée du risque qu'elle encourait, en cas de refus, de perdre le caractère prioritaire de sa demande.
8. Il résulte de ce qui précède que le préfet de l'Hérault doit être regardé comme ayant exécuté le jugement du 19 mars 2024. Il y a dès lors lieu de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte, ce qui, compte tenu de la période pendant laquelle l'injonction n'a pas été exécutée, du 1er mai au 26 juin 2024, représente un retard d'exécution d'un mois plein, soit un montant de 400 euros.
Sur les conclusions reconventionnelles de Mme B :
9. Le préfet de l'Hérault étant réputé avoir entièrement exécuté la décision de la commission de médiation déclarant prioritaire et urgent le relogement de Mme B, les conclusions reconventionnelles présentées par cette dernière aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans le dépens.
ORDONNE :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement la somme de 400 euros au titre de la liquidation définitive de l'astreinte prononcée par le jugement n° 2400745 du 19 mars 2024.
Article 2 : Les conclusions présentées à titre reconventionnel par Mme B et celle tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 30 septembre 2024.
La présidente,
V. Quéméner
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 septembre 2024,
La greffière,
C. Arce
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026