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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404536

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404536

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404536
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantFORUM REFUGIES - CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE PERPIGNAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a examiné la requête de M. G E, ressortissant russe, contestant l'arrêté préfectoral du 1er août 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de trois ans. Le tribunal a rejeté le moyen d'incompétence, considérant que la signataire de l'arrêté bénéficiait d'une délégation de signature régulière du préfet de l'Aude. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitement mentionnée dans l'extrait fourni, mais l'analyse se poursuit sur les autres moyens soulevés par le requérant, notamment l'erreur d'appréciation, la motivation insuffisante, et la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 août 2024 à 16h55, M. G E, représenté par Me Balestié, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté n° 2024-11-283 en date du 1er août 2024 par lequel le préfet de l'Aude lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pendant le délai de trois ans avec inscription d'un signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocat contre sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard de la menace à l'ordre public ;

- elle est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen approfondi de situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée dès lors que n'ont pas été examinés les quatre critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de l'Aude qui n'a pas produit de mémoire en défense a transmis au tribunal, le 7 août 2024, les éléments de la procédure de police.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rousseau, premier-conseiller, dans les fonctions de magistrat chargé du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier-conseiller ;

- les observations de Me Balestié, avocate, représentant M. E, présent à l'audience, assisté de Mme A, interprète ; elle conclut aux mêmes fins que la requête en reprenant les moyens exposés dans celle-ci ;

- les observations orales de M. E qui précise avoir une cousine à Strasbourg et une autre à Nice ;

- le préfet de l'Aude, régulièrement convoqué n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. G E, ressortissant russe né le 5 décembre 1990 à Grozny, déclare être entré en France en 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 21 décembre 2023. Interpellé sur un chantier par les services de la police aux frontières le 1er août 2024 dans le cadre de la recherche d'infractions de travail, le préfet de l'Aude, constatant qu'il n'était pas en mesure de justifier de la régularité de son séjour en France, a, par l'arrêté contesté du 1er août 2024, prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé la Russie comme pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Par un arrêté du 1er mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible au juge comme aux parties, le préfet de l'Aude a donné délégation à Mme D F, cheffe de la section éloignement au sein du bureau de l'immigration et de la nationalité, aux fins de signer notamment les décisions contenues dans l'arrêté contesté, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C B, directrice de la légalité et de la citoyenneté. Par suite, et dès lors qu'il n'est pas établi, ni même allégué que Mme B n'aurait pas été empêchée, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté manque en fait et doit être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".

5. Il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Aude a fondé sa décision sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. E ne justifie pas être entré régulièrement en France et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour à la date de l'arrêté attaqué. Il entre ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées qui permettaient à l'autorité préfectorale d'édicter une obligation de quitter le territoire français. Si le requérant soutient que la menace à l'ordre public relevée par l'arrêté n'est pas caractérisée, une telle circonstance est sans incidence au regard du fondement légal retenu par le préfet. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.

6. Il résulte de l'examen de l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressé et qui n'est pas stéréotypé, que le préfet a mentionné les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation du requérant, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et a rappelé les éléments de sa situation administrative, familiale et personnelle, notamment sa nationalité. De même, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres éléments du dossier que le préfet aurait procédé à un examen insuffisamment circonstancié de la situation personnelle et familiale de M. E. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et celui tiré du défaut d'examen approfondi de sa situation doivent être écartés.

7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. M. E soutient être entré en France en 2018. Il est inscrit depuis le 4 juin 2024 au registre national des entreprises comme homme de toutes mains pour effectuer des travaux de finition et se prévaut d'une promesse d'embauche établie par la SAS Elec 31 le 1er août 2024 pour laquelle il est intervenu en qualité de sous-traitant. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. E, qui a précédemment fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de Seine et Marne le 20 novembre 2020, qu'il n'a pas exécutée, est célibataire et sans enfant. Il ne justifie d'aucune attache personnelle sur le territoire français et ne démontre pas l'absence de tout lien familial dans son pays d'origine. L'activité professionnelle qu'il déclare exercer l'est en dehors de toute autorisation de travail. Eu égard à la durée et aux conditions de séjour de l'intéressé en France, M. E n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Aude aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que l'arrêté serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne le refus d'octroi de délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, ()

10. Le refus de délai de départ volontaire opposé à M. E est fondé sur les dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur celles des 1° et 8° de l'article L. 612-3 du même code. Ainsi qu'il vient d'être dit au point 5, le requérant ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, et il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par ailleurs, il n'est pas en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, l'intéressé ayant déclaré au cours de son audition être hébergé par des amis ou à l'hôtel. Dès lors les deux motifs retenus par le préfet de l'Aude suffisent à constituer le risque de fuite défini par l'article L. 612-3 susmentionné et permettaient au préfet de refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. E. Si le requérant fait valoir que l'arrêté attaqué mentionne qu'il constitue une menace pour l'ordre public, ladite décision n'a pas été prise en application du 1° de l'article L. 612-2 de sorte que l'objection invoquée par M. E est, en tout état de cause, sans incidence sur cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le pays de renvoi :

11. Dans son arrêté, pris au visa des articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de l'Aude qui énonce que M. E ne prouve pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine, ou dans tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible, a suffisamment motivé la décision contestée.

12. Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants " et aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " Pour l'application de ces stipulations et de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative de s'assurer que la décision fixant le pays de renvoi d'un étranger ne l'expose pas à des risques sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique, non plus qu'à des traitements contraires à l'article 3 précité.

13. La demande d'asile présentée par M. E a été rejetée par une décision de l'OFPRA du 21 décembre 2023. Le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il risquait à la date de l'arrêté attaqué, en cas de retour dans son pays d'origine, d'être personnellement exposé à des traitements inhumains ou dégradants. Par suite, la décision fixant le pays de destination ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

14. Par réitération des motifs exposés au point 8, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

16. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

17. La décision par laquelle le préfet de l'Aude a fait interdiction à M. E de revenir sur le territoire français pour une durée de trois ans mentionne les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et atteste de ce que l'ensemble des critères énoncés par ces dispositions a été pris en compte, étant précisé que l'autorité administrative n'est pas tenue de motiver sa décision sur chacun des critères mais seulement sur ceux retenus pour déterminer le quantum de l'interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

18. Compte-tenu de la situation personnelle de M. E décrite au point 8, et dans la mesure où il ne démontre pas l'existence de circonstances humanitaires faisant obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour, le préfet de l'Aude n'a pas commis d'erreur d'appréciation en interdisant à ce dernier de revenir sur le territoire français pour une durée de trois ans.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. E tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er août 2024 attaqué doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions relatives aux frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifié à M. G E, au préfet de l'Aude et à Me Balestié.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2024.

Le magistrat désigné,

M. Rousseau

La greffière,

C. Touzet La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 9 août 2024

La greffière,

C. Touzet

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