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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404540

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404540

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404540
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL DEMERSSEMAN - EVEZARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 août 2024, M. C B, représenté par

Me Demersseman, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2024 du préfet de l'Hérault portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour pendant une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- L'auteur de l'acte attaqué n'est pas compétent ;

- Le principe du contradictoire prévu par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été respecté ;

- L'indication des voies et délais de recours est erronée ;

- La décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire méconnait l'article

L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- La décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'irrégularité de la décision précédente ;

- Il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et ne procède pas d'un examen réel et sérieux.

Par un mémoire, enregistré le 29 août 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête :

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique.

- le rapport de M. Gayrard,

- Et les observations de Me Demersseman, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant algérien né le 21 avril 1995, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 1er août 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour pendant une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé, pour le préfet de l'Hérault et par délégation, par Mme A, cheffe de la section éloignement de la direction des étrangers et de la naturalisation. Par arrêté du 25 juin 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 28 juin 2024, le préfet de l'Hérault lui a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des étrangers et de la naturalisation, à l'effet de signer " toute décision ayant trait à une mesure d'éloignement ". Le moyen tiré du vice d'incompétence de l'auteur de l'acte doit dès lors être écarté.

3. En deuxième lieu, M. B, qui se borne à soutenir que le principe du contradictoire a été méconnu, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté méconnaît le principe du contradictoire ne peut qu'être écarté.

4. En troisième lieu, l'arrêté litigieux vise les dispositions applicables, et notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait également état d'éléments de fait propres à la situation du requérant. Par suite, l'arrêté est suffisamment motivé et le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle.

5. En quatrième lieu, la circonstance que la mention des voies et délais de recours soit erronée est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (). " Il est possible à l'administration, lorsqu'elle a pris une décision sur un fondement juridique erroné, de demander une substitution de base légale.

7. Si le requérant fait valoir que c'est à tort que le préfet a considéré qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes au sens du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faute de justifier d'un passeport valide et d'une résidence effective et permanente alors qu'il disposait d'un tel document et justifiait d'un domicile, dans son mémoire en défense, le préfet de l'Hérault sollicite une substitution de base légale dès lors qu'il est constant que le requérant ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français, étant entré irrégulièrement en France le 4 août 2021 via l'Espagne, et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour depuis cette date, relevant ainsi du 1° de l'article

L. 612-3 du code précité. Le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions citées au point précédent ne peut donc, en tout état de cause, qu'être écarté.

8. En sixième lieu, le moyen fondé sur l'exception d'illégalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire au soutien des conclusions dirigées contre l'interdiction de retour sur le territoire français ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté au regard de ce qui précède. De même, si le requérant fait valoir que le préfet a commis des erreurs de fait quant à l'absence de passeport et de domicile, il découle que de tels arguments deviennent inopérants eu égard à la substitution de base légale faite au point précédent.

9. Enfin, si M. B fait valoir qu'il travaille depuis son entrée en France chez le même employeur, une telle circonstance ne saurait révéler que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en prenant la décision querellée.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er août 2024 par lequel le préfet de l'Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gayrard, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Villemejeanne, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

JP. Gayrard L'assesseure la plus ancienne,

B. Pater

La greffière,

A. Lacaze

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 21 octobre 2024.

La greffière,

A Lacaze

N°2404540sa

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