LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404562

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404562

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404562
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBOUDAILLIEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 5 août 2024, le préfet de l'Hérault demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 554-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution du permis de construire n° PC 34263 23 M0003 tacitement délivré par le maire de la commune de Saint-Hilaire-de-Beauvoir le 16 octobre 2023 au GFA " Le Mastigadour ", en vue de la réalisation d'un logement de fonction, d'un bâtiment d'élevage équin et de l'installation de panneaux photovoltaïques sur les parcelles cadastrées A n° 269 et 271, situées lieu-dit Les Rompudes.

Il soutient que :

- son déféré est recevable ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'acte attaqué dès lors que :

- le maire était en situation de compétence liée pour refuser le permis de construire sollicité du fait de l'avis conforme défavorable émis le 4 octobre 2023 en application de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions des articles L. 111-3 et L. 111-4 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2024, la commune de Saint-Hilaire-de-Beauvoir, représentée par la SELARL d'avocats Valette-Berthelsen, demande au tribunal de faire droit aux conclusions de suspension d'exécution du permis tacitement obtenu le 16 octobre 2023 par le GFA " Le Mastigadour ".

Elle fait valoir que :

- le délai pour procéder au retrait du permis de construire tacitement accordé était expiré à la date du recours gracieux formé par le préfet ;

- le permis tacite litigieux est entaché d'illégalité au regard des dispositions de l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme mais également pour l'application des articles R. 111-8 et R. 111-13 du même code.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 août 2024, le GFA " Le Mastigadour ", représenté par Me Boudailliez, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il fait valoir que :

- le déféré est irrecevable pour tardiveté dès lors qu'il n'est pas établi que le dossier de permis de construire aurait été transmis en préfecture le 1er mars 2024 ;

- aucun des moyens n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Goursaud, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 28 août 2024 à 10 heures 30 :

- le rapport de M. Goursaud, juge des référés,

- les observations de M. A, représentant le préfet de l'Hérault, qui reprend oralement les termes de ses écritures et conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ; il verse à l'audience l'accusé de réception de l'entier dossier de permis de construire sur la plateforme dématérialisée Plat'Au ;

- les observations de Me Valette, représentant la commune de Saint-Hilaire-de-Beauvoir, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ses écritures, et ajoute que le permis tacite querellé méconnaît également les dispositions de l'article R. 111-10 du code de l'urbanisme et celles de l'article L. 1321-7 du code de la santé publique s'agissant de l'alimentation en eau potable, et celles de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme compte tenu des travaux d'extension du réseau électrique en dehors du terrain d'assiette que la commune n'est pas en capacité de prendre en charge financièrement ;

- et les observations de Me Roussel, représentant le GFA " Le Mastigadour ", qui persiste dans ses conclusions écrites.

Après avoir, à l'issue de l'audience et en présence des parties, reporté la clôture de l'instruction au 30 août 2024 à 12 heures, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

La commune de Saint-Hilaire-de-Beauvoir a produit des pièces complémentaires, enregistrées les 29 et 30 août 2024 et communiquées.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 29 août 2024 et communiqué, le préfet de l'Hérault conclut au maintien de ses conclusions.

Un mémoire présenté pour le GFA du Mastigadour a été enregistré le 30 août 2024 et communiqué.

Considérant ce qui suit :

1. Le GFA " Le Mastigadour " a déposé le 17 février 2023 en mairie de Saint-Hilaire-de-Beauvoir une demande de permis de construire pour la réalisation d'un logement de fonction, d'un bâtiment d'élevage équin et l'installation de panneaux photovoltaïques sur les parcelles cadastrées A n° 269 et 271, situées lieu-dit Les Rompudes. Le préfet de l'Hérault a rendu, le 4 octobre 2023, un avis conforme défavorable en raison de la méconnaissance des dispositions des articles L. 111-3 et L. 111-4 du code de l'urbanisme. Suite au dépôt de pièces complémentaires le 16 juin 2023 sollicitées par le service instructeur, et en l'absence de notification au pétitionnaire dans le délai d'instruction, un permis de construire tacite est né le 16 octobre 2023. Un certificat d'autorisation de permis de construire tacite a été délivré le 14 mars 2024 au GFA " Le Mastigadour ". Le préfet de l'Hérault demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 554-1 du code de justice administrative, la suspension de ce permis de construire tacite.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le GFA " Le Mastigadour " :

2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission () ". Parmi les actes mentionnés par l'article L. 2131-2 de ce code figure, au 6° : " Le permis de construire et les autres autorisations d'utilisation du sol et le certificat d'urbanisme délivrés par le maire ". En vertu de l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme, le délai d'instruction est porté à quatre mois lorsque le projet doit être soumis à l'avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF). Par ailleurs, l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme prévoit que, à défaut d'une décision expresse dans le délai d'instruction, le silence gardé par l'autorité compétente vaut permis de construire et l'article L. 424-8 dispose qu'un tel permis tacite est exécutoire à compter de la date à laquelle il est acquis. Enfin, aux termes de l'article R. 423-7 du même code : " Lorsque l'autorité compétente pour délivrer le permis ou pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est le maire au nom de la commune, celui-ci transmet un exemplaire de la demande ou de la déclaration préalable au préfet dans la semaine qui suit le dépôt ".

3. S'il résulte des dispositions de l'article L. 424-8 du code de l'urbanisme rappelées ci-dessus qu'un permis de construire tacite est exécutoire dès qu'il est acquis, sans qu'il y ait lieu de rechercher s'il a été transmis au représentant de l'Etat, les dispositions de cet article ne dérogent pas à celles de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, en vertu desquelles le préfet défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. Figurent au nombre de ces actes les permis de construire tacites. Une commune doit être réputée avoir satisfait à l'obligation de transmission, dans le cas d'un permis de construire tacite, si elle a transmis au préfet l'entier dossier de demande, en application de l'article R. 423-7 du code de l'urbanisme. Le délai du déféré court alors à compter de la date à laquelle le permis est acquis ou, dans l'hypothèse où la commune ne satisfait à l'obligation de transmission que postérieurement à cette date, à compter de la réception de cette transmission par le préfet.

4. En l'espèce, il ressort de la pièce versée à l'audience que l'entier dossier de demande de permis de construire a été a réceptionné en préfecture le 15 mars 2024 via le service de télétransmission Plat'Au. La circonstance que cette pièce ne permet pas d'établir la date d'envoi par la commune est sans incidence, seule la date de réception de cette transmission par le préfet faisant courir le délai du déféré. Du reste il ressort des mentions figurant sur le certificat prévu à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme et de la capture d'écran de la plateforme de transmission Plat'Au versée au débat par la commune que la transmission a été réalisée le 1er mars 2024. Dans ces circonstances, le recours gracieux du préfet a été régulièrement formé le 25 avril 2024, dans le délai de recours contentieux, et a eu pour effet de conserver ce délai. Le délai de recours contentieux de deux mois a recommencé à courir à compter de la date à laquelle est née la décision de rejet tacite du recours gracieux formé par le représentant de l'État. Il suit de là que la demande au fond présentée par le préfet de l'Hérault, qui a été enregistrée le 5 août 2024, n'est pas tardive. La fin de non-recevoir opposée par le GFA " Le Mastigadour " tirée de la tardiveté du déféré préfectoral doit, par suite, être écartée.

Sur les conclusions à fin de suspension :

5. Aux termes de l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3e alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales ci-après reproduit : / " Art. L. 2131-6, alinéa 3.-Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. " () ".

6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le projet autorisé contrevient aux dispositions des articles L. 111-3 et L. 111-4 du code de l'urbanisme est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

8. Il résulte de ce qui précède que le préfet de l'Hérault est fondé à demander la suspension de l'exécution du permis de construire tacite délivré le 16 octobre 2023 par le maire de la commune de Saint-Hilaire-de-Beauvoir au GFA " Le Mastigadour ".

Sur les frais liés au procès :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que le GFA " Le Mastigadour " demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution du permis de construire délivré de manière tacite le 16 octobre 2023 par le maire de la commune de Saint-Hilaire-de-Beauvoir au GFA " Le Mastigadour " est suspendue.

Article 2 : Les conclusions présentées par le GFA " Le Mastigadour " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de l'Hérault, à la commune de Saint-Hilaire-de-Beauvoir et au GFA " Le Mastigadour ".

Fait à Montpellier, le 2 septembre 2024.

Le juge des référés,

F. Goursaud

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 2 septembre 2024.

La greffière,

M. B00

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions