LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404586

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404586

lundi 19 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404586
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantABDOULOUSSEN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de M. C, ressortissant tunisien, contestant l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 5 août 2024 lui faisant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a estimé que les moyens soulevés, notamment la méconnaissance du droit d'être entendu, de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (liens familiaux avec un enfant français) et l'erreur manifeste d'appréciation, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, et la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 août 2024 et le 11 août 2024, M. B C, représenté par Me Abdouloussen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ainsi que d'un interprète en langue arabe ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou à défaut de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

Sur l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

- les voies et délais de recours contre l'arrêté attaqué sont erronées ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence dès lors qu'il appartient à l'administration de justifier que le signataire de la décision bénéficiait d'une délégation régulièrement publiée au registre des actes administratif ;

- elle méconnaît son droit d'être entendu garanti par les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et ainsi que par le principe général des droits de la défense ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales puisqu'il est père d'un enfant français ;

- compte tenu des éléments qui avait été portés à la connaissance du préfet, quant à son état de santé, le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) aurait dû être saisi ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant refus de départ volontaire :

- elle est entachée d'erreur de droit et de fait au regard des dispositions de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et en particulier sur son état de santé ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales puisqu'il est père d'un enfant français ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- l'insuffisante motivation de cette décision révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales puisqu'il est père d'un enfant français ;

- elle est disproportionnée dans son principe et dans sa durée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Villemejeanne, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 août 2024 :

- le rapport de Mme Villemejeanne, magistrate désignée ;

- les observations de Me Abdouloussen, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et ajoute que le refus de délai de départ volontaire est illégal en ce que la présence en France du requérant ne constitue pas une menace pour l'ordre public et de M. C, assisté de M. D, interprète en langue arabe ;

- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien né le 18 novembre 2001, placé au centre de rétention administrative de Sète, demande l'annulation de de l'arrêté du 5 août 2024, par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour de deux ans.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. En raison de l'urgence, qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la présente requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

4. En premier lieu, la circonstance selon laquelle l'information des voies et délais de recours dont a été destinataire M. C était erronée sur la désignation du tribunal compétent est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen doit être écarté comme étant inopérant.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et en particulier des éléments tenant aux conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé, à sa situation personnelle, familiale, pénale sur le territoire français ainsi que celle dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et alors que l'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, le préfet a suffisamment exposé les motifs fondant sa décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

6. En dernier lieu, contrairement à ce que soutient M. C, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision attaquée, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, la décision contestée a été signée par M. A E, adjoint de la cheffe du chef du bureau de l'éloignement et de l'asile, de la direction des migrations, de l'intégration et de la nationalité. Ce dernier a reçu délégation à cet effet par arrêté n°13-2024-03-22-00005 du préfet des Bouches-du-Rhône du 22 mars 2024 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire français manque en fait et doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Il résulte aussi de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union et qu'il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré, lequel se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

9. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que M. C ne peut utilement soutenir que la décision attaquée, prise par une autorité d'un Etat membre, méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. En revanche, il peut utilement invoquer à l'appui de la décision contestée la méconnaissance du droit d'être entendu, lequel fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Cependant, il ressort des pièces du dossier qu'au cours de sa garde à vue, et avant que n'intervienne la décision contestée, M. C a été entendu sur sa situation administrative par les services de police. Il en ressort également qu'au cours de cette audition l'intéressé a été informé de ce qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il a été mis à même de présenter ses observations. Il a d'ailleurs à ce titre déclaré ne pas vouloir retourner dans son pays d'origine et, à la question " avez-vous d'autres éléments sur votre situation personnelle à porter à la connaissance de l'autorité préfectorale ", il a répondu n'avoir " rien à ajouter ". Le requérant a donc été mis en mesure d'exposer de manière effective l'ensemble des observations sur sa situation qu'il estimait utile et qui aurait été susceptible d'influer sur le prononcé ou les modalités de la mesure d'éloignement envisagée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu découlant des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

11. M. C, qui a déclaré être célibataire et sans charge de famille et être en France depuis deux ans et demi, ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire et y avoir sollicité un titre de séjour. Si dans le cadre de ses écritures, il allègue être père d'un enfant français il n'établit ses allégations par aucun commencement de preuve. M. C, qui est âgé de 23 ans et ne justifie pas d'une insertion professionnelle particulière, ne démontre pas par les pièces qu'il verse au débat de l'existence de liens personnels et familiaux en France, ni même y avoir constitué le centre de ses intérêts privés et familiaux. Enfin, s'il soutient lors de l'audience, être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine il n'en apporte nullement la preuve tandis qu'il a déclaré lors de son audition que sa famille " se trouvait à Tunis ". Dans ces conditions, la décision par laquelle le préfet a obligé M. C à quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

12. En quatrième lieu, M. C soutient avoir déclaré lors de sa garde à vue souffrir d'allergie et avoir été récemment opéré du pied suite à une coupure du tendon d'Achille. Cependant, il ne verse au débat aucun élément permettant de justifier qu'à la date de la décision attaquée, son état nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni qu'il ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait dû saisir le collège des médecins de l'OFII avant de prononcer son éloignement du territoire.

13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs exposés précédemment, le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de M. C en prenant à son encontre une mesure d'éloignement.

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, aux termes de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;() ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

15. Si le requérant soutient que sa présence sur le territoire ne constitue pas une menace pour l'ordre public, cette circonstance, à la supposer établie est sans incidence sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'il ressort des termes mêmes de l'arrêté que le préfet s'est également fondé sur les dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, M. C ne pouvant justifier être régulièrement entré sur le territoire français et ne présentant pas de garanties de représentations suffisantes. Par suite le moyen doit être écarté.

16. En second lieu, ainsi qu'il a été dit, l'état de santé du requérant ne constitue pas une circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire lui soit accordé et ne justifie pas davantage dans le cadre de l'instance que son état de santé notamment faisait obstacle à un refus de délai de départ volontaire.

17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs exposés précédemment, le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de M. C en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

19. En premier lieu, aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

20. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

21. En l'espèce, M. C a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'était assortie d'aucun délai de départ volontaire. La décision attaquée indique que M. C est entré en France irrégulièrement il y a deux ans et demi, n'a effectué aucune démarche de demande de titre de séjour, est défavorablement connu des services de police, ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ces liens avec la France, n'est pas dépourvu de toute attache dans son pays d'origine et ajoute qu'aucune circonstance humanitaire ne justifie qu'une interdiction de retour ne soit pas édictée à son encontre. Dans ces conditions, la décision attaquée est suffisamment motivée. Ce moyen doit donc être écarté.

22. En deuxième lieu, il résulte des motifs qui précèdent que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'un examen complet des critères fixés par l'article L. 612-10 cité au point 20.

23. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que compte tenu de la situation irrégulière de M. C, de la courte durée de son séjour et de son absence de liens familiaux ou privés avérés sur le territoire, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pascommis d'erreur d'appréciation, ni en estimant que de telles circonstances ne caractérisent pas des circonstances humanitaires au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.

24. En quatrième lieu, il résulte des motifs exposés aux points 7 à 13 que le moyen soulevé par voie d'exception, tiré de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

25. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E

Article 1 er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.

La magistrate désignée,

P. VillemejeanneLa greffière,

C. Touzet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 19 août 2024

La greffière,

C. Touzet

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions