jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404710 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire, enregistrés les 12 et 28 août 2024, Mme A B, représentée par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 6 août 2024 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
2°) à titre principal d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir si besoin sous astreinte ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir si besoin sous astreinte ;
4°) de condamner le préfet de l'Hérault à lui payer la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;
- elles sont entachées d'un vice d'incompétence de leur auteur ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, le préfet n'ayant pas examiné son droit au séjour sur le fondement du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- le préfet a commis une erreur de droit en fondant son refus sur l'absence de demande de renouvellement du titre de séjour de son oncle, alors même que ce titre ne conditionne pas le droit au séjour d'un ressortissant communautaire ;
- la décision de refus de séjour a été prise en méconnaissance de l'article 6 point 5 de l'accord franco-algérien compte tenu de la durée de son séjour régulier en France, de la présence de l'intégralité de sa famille nucléaire et de son insertion sociale et professionnelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale car fondée sur une décision de refus de séjour dont elle invoque l'illégalité ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il sollicite une substitution de motif s'agissant du refus de séjour qui est légalement fondé en application de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fait que Mme B qui exerce une activité professionnelle à Montpellier ne saurait être considérée comme étant à la charge de son oncle, citoyen allemand, lequel en outre ne remplit pas les conditions prévues au 1° et 2° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne justifie pas s'être fait enregistré dans les conditions prévues par l'article L. 231-2 du même code ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Des pièces, enregistrées le 9 octobre 2024 après la clôture automatique d'instruction, ont été présentées pour Mme B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- les observations de Me Bazin, représentant Mme B, présente à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante algérienne née le 18 mai 2002, déclare être entrée en France, le 22 décembre 2019 munie de son passeport. Devenue majeure, elle a obtenu la délivrance d'un premier titre de séjour en qualité de " membre de famille d'un ressortissant d'un pays membre de l'union européenne ", en application de l'article L. 200-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 8 octobre 2020 au 7 octobre 2021. Ce titre lui a été renouvelé jusqu'au 7 octobre 2023, date à laquelle Mme B en a sollicité à nouveau le renouvellement. Par un arrêté du 6 août 2024, le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par la présente requête, Mme B sollicite l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) Au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Il ressort des pièces du dossier que Mme B, entrée régulièrement en France à l'âge de 17 ans, y réside régulièrement depuis sa majorité sous couvert de titres de séjour régulièrement renouvelés. Elle justifie exercer une activité professionnelle et en retirer des revenus réguliers, depuis la fin de l'année 2020. Si elle est célibataire et sans charge de famille, il ressort des pièces du dossier que ses parents et ses frère et sœur résident également en France et que ses parents sont titulaires de titres de séjour pluriannuels délivrés le 7 juin 2019, valables jusqu'au 6 juin 2024, son père justifiant d'une décision favorable de renouvellement de titre de séjour, établie le 11 juillet 2024, et de la fabrication en cours, à la date de la décision contestée, d'un certificat algérien mention vie privée et familiale, la demande de renouvellement du titre de séjour de sa mère étant en cours d'examen. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnu les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien, en refusant de lui délivrer le certificat de résidence sollicité. Le moyen invoqué doit donc être accueilli.
3. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du préfet de l'Hérault du 6 août 2024 doit être annulé en tant qu'il refuse de lui délivrer un titre de séjour ainsi que par voie de conséquence en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. L'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement, eu égard à son motif et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction et n'est pas opposé en défense qu'un autre motif de droit ou de fait s'y opposerait, que le préfet de l'Hérault délivre à Mme B un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et la munisse dans cette attente, dans un délai de huit jours, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet d'y procéder. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Hérault du 6 août 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à Mme B un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de la munir dans cette attente, dans un délai de huit jours, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme A B et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La rapporteure
M. Couégnat La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 octobre 2024.
La greffière,
A. Junon.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026