jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404794 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 août 2024, M. A B, représenté par
Me Badji Ouali, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite du préfet de l'Hérault portant rejet de sa demande de renouvellement de carte de résident déposée le 16 novembre 2023 ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa demande de renouvellement de carte de résident dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- sur l'urgence : l'urgence est présumée dans le cas d'un refus de renouvellement d'une carte de résident ; l'exécution de la décision contestée entrave l'exercice de son activité professionnelle et la bonne gestion de sa société ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision : elle est insuffisamment motivée en violation des dispositions prévues à l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration en l'absence de réponse du préfet à sa demande de communication des motifs de la décision implicite portant rejet de sa demande ; le préfet a commis une erreur de droit et méconnu les stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et des dispositions de l'article L.433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il bénéficiait d'une carte de résident valable du 28 janvier 2014 au 27 janvier 2024 et remplissait les conditions lui permettant d'en obtenir de plein droit le renouvellement ; le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les stipulations des articles 3-1 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en portant atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de ses enfants dès lors qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française avec laquelle il a eu deux enfants nées en 2012 et 2017.
Par un mémoire enregistré le 11 septembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'une décision favorable à la demande du requérant de renouvellement de carte de résident a été prise le 11 septembre 2024 et que ladite carte, valable du 28 janvier 2024 au 27 janvier 2034, est en cours de fabrication.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :
- le rapport de M. Charvin,
- les observations de Me Pitel-Marie, représentant le requérant, qui persiste dans ses conclusions et moyens.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite du préfet de l'Hérault portant refus de renouvellement de sa carte de résident.
2. Il résulte de l'instruction qu'une décision favorable à la demande de renouvellement de la carte de résident de M. B a été prise par le préfet de l'Hérault le 11 septembre 2024 et que ladite carte, valable du 28 janvier 2024 au 27 janvier 2034, est en cours de fabrication. Dans ces conditions, les conclusions de M. B tendant à la suspension d'une décision implicite de rejet qui lui aurait été opposée par le préfet de l'Hérault à sa demande de renouvellement de sa carte de résident, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction, sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées par M. B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
J. Charvin
La greffière,
A-L. Edwige
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 septembre 2024
La greffière,
A-L. Edwige
N°2404794
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