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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404910

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404910

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404910
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHORTUS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête du préfet de l'Hérault visant à suspendre l'exécution du contrat de recrutement de M. B C comme directeur général adjoint des services par Montpellier Méditerranée Métropole. Le préfet invoquait un doute sérieux sur la légalité du contrat, notamment pour absence de mentions obligatoires, rétroactivité illégale et confusion entre emplois fonctionnel et de cabinet. Le juge des référés a estimé qu'aucun des moyens soulevés n'était, en l'état de l'instruction, propre à créer un tel doute, et a donc rejeté la demande de suspension sans se prononcer sur sa recevabilité. La décision se fonde sur l'article L. 4142-1 du code général des collectivités territoriales et les décrets n°87-1004, n°87-1101 et n°88-145.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 août 2024, le préfet de l'Hérault demande au juge des référés du tribunal d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 4142-1 du code général des collectivités territoriales, la suspension de l'exécution du contrat n° GRH1_ 2024-1304 signé le 26 juin 2024 entre Montpellier Méditerranée Métropole et M. B C qui recrute celui-ci comme directeur général adjoint des services au 1er juin 2024.

Il soutient que le doute sérieux sur la légalité du contrat attaquée découle de :

1) un non-respect de l'article 3 du décret n°88-145 du 15 février 1988, le contrat ne mentionnant ni le temps de travail ni le lieu d'exercice des fonctions ;

2) le contrat a été reçu le 26 juin 2024, devenant exécutoire ce jour, et il est illégalement rétroactif du 1er juin jusqu'au 26 juin 2024 ;

3) le recrutement méconnait l'article 2 du décret 87-1004 du 16 décembre 1987 et l'article 2 du décret 87-1101 du 30 décembre 1987, car il mélange un emploi fonctionnel et un emploi de cabinet occupé aussi par l'agent, et des emplois politique et administratif.

Par un mémoire, enregistré le 6 septembre 2024, Montpellier Méditerranée Métropole, représentée par Me Charre, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 2000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le signataire du recours est incompétent, et que les moyens soulevés par le préfet ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n°87-1004 du 16 décembre 1987 ;

- le décret n°87-1101 du 30 décembre 1987 ;

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Rabaté, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 septembre 2024 à 9 heures 30 :

- le rapport de M. Rabaté, juge des référés ;

- les observations de M. A, pour le préfet de l'Hérault, et de Me Charre, pour Montpellier Méditerranée Métropole, qui persistent dans leurs écritures.

Après avoir fixé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l'article L. 4142-1 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans la région défère au tribunal administratif les actes qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. "

.

2. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués par le préfet et mentionnés dans les visas n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du contrat n° GRH1_ 2024-1304 signé le 26 juin 2024 entre Montpellier Méditerranée Métropole et M. B C. Il s'ensuit que la demande de suspension du contrat, sans qu'il soit utile de statuer sur sa recevabilité, doit être rejetée.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er La requête du préfet de l'Hérault est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de Montpellier Méditerranée Métropole relatives à l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de l'Hérault, à M. B C, et à Montpellier Méditerranée Métropole.

Fait à Montpellier, le 13 septembre 2024.

Le juge des référés,La greffière,

V. Rabaté L. Rocher

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 13 septembre 2024,

La greffière,

L. Rocher

N°2404910 lr

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